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6 juillet 2008 7 06 /07 /juillet /2008 22:25


Jean-Marc Furlan, entraîneur de l'équipe de foot de Libourne St-Seurin(jusqu'en 2006)
était sur GoldFM le vendredi 24 pour faire un point avant le match événement
du 25 janvier en 16e de finale de la Coupe de France gagné contre Le Mans

A vous de retrouver l'année...
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13 juin 2008 5 13 /06 /juin /2008 23:16

Pierre Arditi était à Libourne le 14 mars 2006, en compagnie de Evelyne Bouix, pour inaugurer le Théâtre « Le liburnia ». Ils sont marraine et parrain de ce lieu culturel. A cette occasion il était invité au micro de Thierry Buffetaud sur GOLD FM.

(extraits de l’interview)

 

Thierry Buffetaud : Cela vous a fait plaisir que l’on vous propose d’être le parrain d’un nouveau théâtre ?

 

Pierre Arditi : Oui, le théâtre qui est un art très artisanal qui dit le monde. C’est très important qu’un lieu de pensée, de plaisir et d’imaginaire puisse continuer de faire entendre ces voix, ici dans cette région il y a une grande demande de culture. Il faut saluer le courage de la Municipalité et de ses partenaires d’avoir réalisé ce projet, le théâtre leur rendra bien.

Je pense que c’est un acte politique majeur.

 

Thierry Buffetaud : Quand on voit votre engagement pour ces lieux de culture on sent bien votre militantisme pour la culture.

 

Pierre Arditi : Je pense que l’on vie dans un monde dur qui a tendance à isoler les gens. Dans notre pays qui a inventé la conversation on ne sait plus se parler. Le théâtre parle au monde, il parle du monde, il parle des hommes et des femmes, il parle aux hommes et aux femmes. C’est un lieu majeur où on peut se ressourcer. Je milite pour que ces lieux ne disparaissent pas. Il faut les défendre, ils peuvent être menacés. Je trouve que cette Municipalité à bien fait d’avoir ce courage là et ça lui sera rendu. Les gens y trouveront un écho d’eux même dont ils ont besoin aujourd’hui.

 

Thierry Buffetaud : Il semble que vous ayez une préférence pour le théâtre, parce que vous avez dit : Le cinéma c’est comme faire l’amour par correspondance tendit qu’au théâtre on fait l’amour dans son lit.

 

Pierre Arditi : C’est de Jean-Louis Barrault mais je l ‘ai pris à mon compte. Le théâtre est un acte unique, ceux qui verront la pièce dans laquelle je joue ce soir la verront d’une manière différente un autre soir. Ils assistent à une chose unique, ce n’est pas reproductible. C’est un petit moment de vie que nous partageons avec les spectateurs. Au théâtre on est un  roi, au cinéma c’est le metteur en scène qui décide, au théâtre c’est l’acteur. On vie l’histoire ensemble au théâtre.

 

Thierry Buffetaud : Vous jouez actuellement dans « Lune de miel » une comédie. Vous prenez toujours plaisir à jouer quelque soie le style ?

 

Pierre Arditi : Vous savez si je ne prenais pas de plaisir à jouer un spectacle le public ne pourrait pas en prendre. Le plaisir se communique aux autres donc si l’acteur ne prend pas de plaisir à jouer, il ne peut pas le communiquer au public. Il m’est arrivé de nombreuses fois de jouer des textes plus sombres, plus profonds, peu importe…Le théâtre c’est la vie et la vie c’est tout en même temps, c’est la pensée, la légèreté, les sentiments, les profondeurs, les larmes…c’est la vie. Dans cette pièce on est plutôt dans la vie qui rie, la vie caustique, la vie pas sérieuse…on peut s’offrir deux heures de récréation dans un océan de chose qui ne nous fond pas rire particulièrement en ce moment. C’est une bouée de sauvetage momentanée que nous offrons aux gens qui viennent. Une espèce de petite bulle de champagne qui espérons le, les fera s’envoler avec nous et leur fera oublier un cour instant que parfois la vie est plus

Sévère que celle que nous allons leur présenter.

Thierry Buffetaud : Vous êtes avec Evelyne Bouix marraine et parrain du Liburnia, pour vous cela représente quel type d’engagement ?

 

Pierre Arditi : Nous en sommes honorés. Honoré d’avoir associé nos noms à ce lieu, à cette entreprise et de dire encore une fois aux hommes et aux femmes de cette région qu’il y a un lieu où on peut parler d’eux et ils peuvent s’y rendre quand ils le veulent. Nous sommes associés à un morceau de vie et nous en sommes honorés.  On ne peut pas avoir de plus grand honneur, le pire des choses serai d’être associé à  quelque chose qui fini, nous sommes associés à quelque chose qui naît c’est magnifique.

 

Thierry Buffetaud : Vous pensez venir de temps à temps à Libourne pour voir comment ce théâtre fonctionne.

 

Pierre Arditi : oui, j’ai même proposé de venir y faire un texte à une seule voix que je pourrai offrir aux Libournais tout simplement pour le plaisir de les revoir et de continuer d’habiter ce lieu dont je pense de manière très prétentieuse qu’il est un peu à moi maintenant. Je reviendrai un soir ou deux faire un peu de lecture, cette salle me semble idéale pour çà.

 

Thierry Buffetaud : merci

 

Pierre Arditi sera prochainement au cinéma notamment dans le film de Alain Resnais « petite peur partagée » en novembre 2006 et « le grand appartement » de Pascal Thomas qui sortira en septembre 2006.  

 

 

 

 

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8 mai 2008 4 08 /05 /mai /2008 00:01


Guy Suire était l'invité du magazine "Sold FM" le 27 septembre dernier (2002).
Ce même jour il présentait son spectacle " D'Artagnan, un gascon nommé désir ", à la salle des fêtes de
Libourne. Il est le patron du café théâtre de l'Onyx depuis plus de vingt ans.
Directeur de Radio France Bordeaux Gironde à son époque, il s'occupe pour quelques temps encore
des productions radiophoniques de Radio France.


Extraits de l'interview:

-Thierry Buffetaud : Racontez-nous l'histoire de l'onyx de Bordeaux, ce café théâtre créé en 1968 ?

- Guy Suire : L'aventure a vraiment commencé en 1967, j'étais élève au conservatoire de Bordeaux, nous n'avions pas les moyens de nous intégrer aux troupes existantes. Il y avait à ce moment là Félix de la Rochebrune qui défendait un répertoire de boulevard qui a, je pense, un lien avec le café théâtre. J'avais 22 ans et envie de jouer des textes Ionesco, Tardieu et les autres… En 1966, un auteur bordelais infortuné avait créé le mouvement du café théâtre en France, il s'appelait Bernard Da-Costa. J'ai suivi ce avec Isabelle Mayereau, Balavoine le frère de Daniel et quelques comédiens en créant une structure à mi-chemin entre le cabaret et le théâtre.

- Thierry Buffetaud : Est-il vrai que vous avez fait coller ses premières affiches à Noel Mamère ?

- Guy Suire : C'est une mémoire purement Libournaise, Nono je l'appelle comme ça même s'il est député etc… pour moi c'est Nono. Il était auteur compositeur et chantait sur la scène de l'Onyx. A cette époque tout le monde faisait tout et il a donc lui aussi collé les affiches de nos spectacles. Je ne peux pas en déduire qu'il a découvert son militantisme en collant des affiches pour l'Onyx mais il était déjà occupé par les affaires écologiques. Il est resté deux ou trois ans avec nous.

- Thierry Buffetaud : L'idée du théâtre populaire d'expression régionale vous porte t'elle toujours ?
- Guy Suire : Je ne peux pas dire le contraire, D'Artagnan par exemple dans le dernier spectacle est typiquement local.
Depuis 1972, nous créons nos textes et prenons en compte la réalité gasconne puisque à Bordeaux il reste quelques éclaboussures solaires dans les voix. Nous avons pris en compte l'histoire régionale pour la mettre en scène, c'est toujours notre originalité, en 1972 nous avons été victime du succès de 600 représentations avec les  Histoires bordelaises. Il était possible de retrouver sur scène le folklore de la rue. D'Artagnan qui est un thème local est repris dans le monde entier, le dernier film en date est japonais, les Turcs en sortent un, les Argentins et les Mexicains aussi. Le meilleur film sur ce personnage reste l'américain avec Gene Kelly. Il y a des rapprochements indiscutables entre la geste des samouraïs et celle de D'Artagnan, ça c'est bon pour une thèse de troisième cycle. On peut donc essayer de rire de ce côté gascon, d'autant qu'à chaque nouveau spectacle
D'Artagnan n'a pas l'accent, Cyrano n'a jamais l'accent, il y en a un peu marre car c'est identitaire et je ne vois pas pourquoi à l'heure de L'Europe on ne peut pas défendre ces différences alors que c'est une chance supplémentaire. J'ai un regard très horizontal sur ce problème comme Bonnacieux qui aimait les positions horizontales. D'Artagnan était coquin et paillard et ce côté là n'a jamais était développé, alors c'est à nous " café théâtre " de le faire.

- Thierry Buffetaud :  Vous avez quand même respecté la trame de L'histoire de Dumas ?

- Guy Suire : Dumas a passé son temps à faire des enfants à l'histoire, il avait honteusement pompé dans la vraie histoire de D'Artagnan, ce que les gens ne savent pas et moi je ne veux pas faire de la reconstitution historique, Robert Hossein est là pour çà. Nous n'avons pas ses moyens pour le faire et puis il n'y a pas d'intérêt pour nous, nous sommes astucieux et comme Dumas était le premier à être irrespectueux de l'histoire je me sens très à l'aise. Je ne suis pas historien, je fais du spectacle.

- Thierry Buffetaud : Le café Théâtre est-il un art mineur par rapport au classique ?

- Guy Suire : Je suis lucide, et sur Bordeaux le café théâtre est un strapontin par rapport au reste. Ce n'est pas le fauteuil établi avec les grands textes nécessaires, avec les auteurs contemporains qu'il faut faire découvrir. Nous sommes proches des chansonniers, du cabaret, c'est peut être un peu considéré par les experts, ces fléaux qui se plantent complètement. Il n'y a que les experts qui se plantent de devis comme pour les travaux publics où le coût réel est toujours plus important. Dans l'éventail du théâtre, le café théâtre n'est pas toujours considéré, alors qu'il peut permettre à des professionnels d'avoir du travail ou un complément de travail. La situation d'intermittent du spectacle n'est pas simple, en plus le nouveau gouvernement risque de mettre ce dispositif en question. C'est aussi une école différente des autres, toute la génération d'acteurs qui domine aujourd'hui le cinéma français vient du café théâtre, avant c'était autrement. De Depardieu à Miou-Miou, en passant par les autres ils sont tous passés par cette approche. C'est donc une école parce-que jouer à
proximité des gens et non réfugié derrière un décor en faisant même partie du décor, ce sont des aspects positifs. Nous bousculons la tradition, il y a d'un côté le classique et de l'autre le vivant…Ce n'est pas une revendication fondamentale que la reconnaissance du café théâtre, c'est une nécessité qui ne peut être comprise comme un strapontin, le complément de cette chaise que l'on apporte quand les autres salles sont plaines. Je suis séduit par l'histoire du strapontin, le café théâtre est un complément et la proposition d'un nouveau répertoire. Où peut-on débuter si ces lieux ferment un jour ?

- Thierry Buffetaud : Vous êtes le " Romain Bouteille " Bordelais ?

- Guy Suire : Vous me faîtes plaisir en disant ça. Il a lancé le mouvement, il est auteur mais c'est aussi un acteur confirmé, étonnant et détonnant. Il a créé le café de la gare à Paris. Je voudrais vous parler de mon nouveau spectacle " lormé " nous le préparons en ce moment. C'est pour mars 2003.
 
- Thierry Buffetaud : L'activité du théâtre de l'Onyx n'est pas votre seule occupation, il y a la direction des ateliers de production pour Radio France et l'écriture, tout cela forme un tout ?

-Guy Suire : Oui c'est moi, en ce qui concerne les livres je me suis intéressé au parlé local et je sévis aussi dans Sud-Ouest. J'en suis à mon onzième livre et le dernier parle du cinéma et de la tauromachie. Vous voyez, je tape large. Le prochain s'appelle " Artagnan " il faut que je le finisse, on me presse. Je crois qu'il y a dans l'ensemble de mes activités le désir de créer un répertoire basé sur le local, une fois de plus le local ne m'intéresse que pour regarder ailleurs. Je n'ai pas envie de me regarder le nombril, J'ai pas envie de revoir les gens avec des bérets sur la tête et de la paille aux sabots parler l'occitan. Je sais d'où je suis et d'où je viens et comme disait le poète on est bien que sur labranche de son arbre généalogique…

- Thierry Buffetaud : Guy Suire merci. 
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18 avril 2008 5 18 /04 /avril /2008 14:59


Le groupe de rap Psy4 de la rime était invité sur gold fm le 18 novembre 2005. Thierry  Buffetaud recevait cette formation marseillaise à l’occasion d’un concert organisé par la ville de Libourne et l’association Kiff la vie. Cette soirée s’est bien déroulé alors que le contexte en France n'était pas facile : des quartiers s’enflammaient avec voitures brûlés …

 

Thierry Buffetaud : Vous faites actuellement une tournée dans toute la France pour présenter votre dernier album « enfants de la lune ». Votre formation existe depuis 10 ans et vous venez de Marseille. Cette ville est connue pour le rap de Akhenaton mais vous les Psy4 vous représentez bien ce courant musical aussi.

 

Psy4 : Nous sommes la nouvelle génération et non pas la relève. Avant nous il y avait la funky family, nous sommes légèrement plus jeune. Nous sommes là avec nos mots à nous parce-que les temps changent ce n’est plus comme en 1996.

 

Thierry Buffetaud : Vous avez débuté très jeunes avant votre premier album « block party » vous avez longtemps joué dans les maisons de quartier… vous êtes maintenant reconnu dans toute la France. Comment vous avez vécu ce pat de passer d’un rap des maisons de jeunes à un groupe professionnel ?

 

Psy4 : Nous avons fait beaucoup de concerts dans les maisons de jeunes et les centres sociaux qui nous ont rodé. Aussi nous avons appris à nous organiser. Nous avons été surpris du succès du premier album que nous avons vendu à 100 000 exemplaires. Nous travaillons avec un label indépendant  et sommes contents quand des jeunes nous reconnaissent dans la rue.

 

Thierry Buffetaud : Les mots utilisés dans le nouvel album sont moins virulents que dans le premier. C’est une question de maturité, ce changement ?

 

Psy 4 :  On ne peut pas reprocher à un jeune de 17 ans d’avoir 17 ans et d’utiliser les mots que l’on utilise à cet âge. En grandissant nous disons les mêmes choses mais nous sommes plus posés. Avant on insultait les flics maintenant on sait qu’il y en a toujours des "un peu bizarre" mais un homme est un homme, il y a des bons et des mauvais comme dans toutes les catégories.

 

Thierry Buffetaud : Votre nouvel album « enfants de la lune » vous a pris du temps, comment l’avez-vous construit ?

 

Psy4 : C’est un travail de longue haleine, il y a des thèmes comme « Enfants de la lune » que nous avons fait mûrir dans nos têtes depuis  7 ans. Il y a des textes que nous mettons des années à finaliser. Dans cette formation nous sommes tous des auteurs, compositeurs et interprètes. Nous parlons beaucoup ensemble pour créer. Nous sommes 3 à raper  sur scène et nous devons nous concerter pour être dans une même idée sans dire la même chose. Pour la chanson « stone » nous n’avons pas pu sampler des sons alors nous avons fait venir des violonistes pour enregistrer ce morceau et s’était extraordinaire.

 

Thierry Buffetaud : Le rap est un vrai travail collectif, il n’y a pas dans votre groupe une personne mise en avant. Pas comme chez MC Solaar .

 

Psy4 : MC Solaar est un artiste solo, Psy 4 de la rime nous sommes 4 et nous avons de la discipline. On ne connaît pas le solfège mais on joue tous du piano. On compose tous, c’est très collectif. Nous devons être structuré la rap à 20 ans maintenant et il doit se faire sérieusement.

 

Thierry Buffetaud : Le rap fait partie des cultures urbaines, ces cultures urbaines ont- elles une vraie place dans la culture française ?

 

Psy4 : Le rap est aussi suivi que le rock ou la variété, des gens se retrouvent dans la rap. C’est un phénomène de mode depuis 15 à 20 ans et à l’heure actuelle le rap est autant convié que la variété. C’est de la musique française et des jeunes se retrouvent en l’écoutant. Il y a des messages qui passent par nos chansons. Le rap prend de l’ampleur.

 

Thierry Buffetaud : C’est vrai qu’il existe des compilations rap et que des enfants les réclament. Longtemps le rock était une musique de revendication, le rap l’est devenu aussi et le rap a aujourd’hui deux facettes. L’une est très revendicatrice et critique sur la société et l’autre est différente comme vous.

 

Psy4 : Notre rap parle de nous c’est une thérapie pour se comprendre. Il ne faut pas généraliser dans un tas de pierre il y a parfois une perle. Nous parlons de nous même dans nos morceaux comme dans la chanson « Stone » sur le dernier album c’est notre point de vu. Contrairement au groupe de rock chez nous il y a plusieurs personnes qui s’expriment dans les chansons, il peut y avoir des points de vu différents sur un même sujet. Souvent les jeunes se reconnaissent dans nos idées.

 

Thierry Buffetaud : Pendant les évènements de fin d’année 2005 dans certaines cités il a été constaté que la ville de Marseille n’a pas connu de gros soucis, quelqu’un me disait que c’est parce-que à Marseille on se parle, vous qui êtes originaire de cette ville vous en pensez quoi ?

 

Psy4 : Quand on rentre à Marseille on rentre chez nous, dans les autres villes ils disent on rentre en banlieue. Il y a une différence on est plus Marseillais que Français. Certains veulent déclarer l’indépendance de Marseille (rires). On discute beaucoup, toutes les nationalités se côtoient un Sénégalais peut parler comorien…et dire « peuchère! »

Dans un match de l’OM tout le monde s’embrasse pour un but. C’est la porte de l’Afrique, c’est le bled de tous…Nous avons des problèmes sociaux et d’autres difficultés mais nous parlons entre nous, ça fait la déférence.

 

Thierry Buffetaud : Vous êtes des références pour les jeunes qui vous écoutent, tenez-vous un discours contre la violence et la destruction des biens,  notamment à ceux qui ont brûlé des voitures pendant les évènements de violence dans les cités.

 

Psy4 : On est contre la violence, mais aussi on vient des quartiers et on connaît le malaise. Les problèmes viennent de loin, de l’école, des problèmes d’intégration de nos parents.  Il y a une ligne invisible qui sépare nos quartiers des milieux aisés et dans nos textes on le ressent, sans dire de brûler les voitures. On a eu des gens qui nous ont dits qu’ils se reconnaissent dans les morceaux et ça les aide à se lever le matin pour aller travailler.

 

Thierry Buffetaud : Vous êtes invités par une association de jeunes qui souhaitent faire bouger cette ville pour les jeunes.

 

Psy4 : « Kiff la vie » Ils nous ont si bien accueillis, nous les remercions.

 

Thierry Buffetaud : Ils ont été beaucoup aidé pour vous faire venir par des institutions de Gironde.

 

Psy4 : C’est chouette d’aider les jeunes à faire leur projet. Il faudrait le faire dans d’autres villes. Il faut donner confiance aux jeunes dans leur projet.  Ce style de concert se passe bien et donne une autre image des jeunes de quartiers.

 

Thierry Buffetaud : Psy4 de la rime merci.

 

 

 

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2 avril 2008 3 02 /04 /avril /2008 21:41



Sarah Forestier était l’invitée de Thierry Buffetaud le vendredi 18 mars 2005 à 19h dans le cadre du magazine d’informations culturelles « Sold’FM » sur Gold FM 103.3 mhz. Cette jeune actrice venait d’obtenir le césar du jeune espoir féminin pour son rôle dans le film de Abdellatif Kechiche « l’esquive ». Il faut préciser que ce film a reçu, à la surprise de tous, quatre césars à l’occasion de la cérémonie 2005. Ce film tourné avec des petits moyens raconte une histoire d’amour, de jalousie qui se déroule dans le cadre d’une cité de la banlieue parisienne. On retrouvera Sarah Forestier dans les prochains films de Claude Lelouch, Michel Deville, Bertrand Blier et Bruno Chiche.

 

-         Thierry Buffetaud : Sarah Forestier quand vous parlez de « l’esquive » on vous sent militante de ce film ?

-         Sarah Forestier : C’est plus poétique que ça, C’est un film qui ne se défend pas, il parle de lui-même. C’est un film qui a une humanité telle, que ça bouleverse les gens. Ils sont émus et touchés par cette histoire, par les personnages qui les renvoient à des évènements de leur vie. C’est un sujet qui pose beaucoup de questions, ce qui fait que l’on discute longtemps après les projections, de sociologie et d’autres choses…Je me rends compte à chaque débat que les spectateurs sont très émus et cela entraîne de belles paroles.

-         Thierry Buffetaud : Ce film nous montre une image différente de ces quartiers qui sont souvent décris comme des endroits où la violence est permanente. Il nous raconte ensuite une histoire d’amour qui nous sort des cadres habituels montrés au cinéma. Ce film change le regard que l’on peut avoir sur ces cités.

-          Sarah Forestier : C’est une histoire d’amour entre deux adolescents dans une cité de St Denis. La jeune fille fait du théâtre et le garçon va ausi en faire pour « pécho » comme on dit, pour sortir avec elle parce-qu’il est amoureux. C’est vrai que c’est une histoire d’amour et que l’on a pas l’habitude d’en voir en cité. Ce film balaie un à un tous les clichés, toutes les caricatures que l’on peut avoir sur les cités. Il n’y a pas d’histoire de voitures brûlés, ni tournantes ou viols collectifs dans ce film. Il y a des êtres humains qui s’aiment, c’est avant tout une belle histoire dans un contexte particulier. Même si c’est un film qui n’est pas là pour représenter la banlieue, il parle de personnages qui vivent en banlieue. C’est avant tout une histoire d’amour très poétique, on y rie beaucoup aussi. C’est un film sur le jeu, celui de la comédie, on y joue Marivaux,  avec les mots, avec la vie…

-         Thierry Buffetaud : Ce film a fait 300 000 entrées avant d’obtenir quatre césars, il faut dire qu’il était peu distribué. Il a obtenu quatre césars malgrés la présence en compétition de film comme « les choristes » pour vous c’est une vraie reconnaissance. On vous a senti très touché à cette cérémonie.

-         Sarah Forestier : C’est une si belle aventure, moi je ne défends pas le film, il en a pas besoin. J’ai vécu une histoire magnifique et le film est pour moi magnifique. J’adore le réalisateur Abdel Kechiche, c’est un homme et un cinéaste extraordinaire, il filme les gens avec un regard plein d’amour. Quand on voit quelqu’un qui a de la grâce comme lui et qui reçoit les prix qu’il mérite, j’étais plus que touché. Comme disait mon coach de sport : à côté d’un grand on se sent grand et si à côté d’un grand tu te ne te sents pas grand, c’est qu’il n’est pas vraiment grand. Abdel nous a fait tous fait grandir dans ce film et c’est quelqu’un…il est plus grand que "géant vert"…il est immense et il a fait un film que j’aimerai partager avec la terre entière.

-         Thierry Buffetaud : Depuis le césar vous devez avoir de nouvelles propositions ?

-         Sarah Forestier : Cela fait cinq ans que je fais ce métier et je veux créer parce-que je suis une artiste. J’ai envi de faire rêver le public, de les faire entrer dans des univers différents et leur donner de la vie tout simplement. Ce film est arrivé pour moi au bon moment. Ma vie a changé à la sortie du film « l’esquive » en janvier 2004, ça m’a changé en tant que personne et en tant qu’actrice. Les césars étaient la cerise sur le gâteau et le film est maintenant mieux distribué, ce qui est une chance pour nous.

-         Thierry Buffetaud : Aujourd’hui vous êtes à Libourne pour présenter le film à l’invitation de l’association « Dasques et d’ailleurs » Elle doit avoir un goût particulier parce-que elle date d’avant les césars… Ils ont  programmé « l’esquive » dans leur festival avant cette avalanche de prix.

-         Sarah Forestier : C’est vrai que les gestes qui viennent du cœur ça motive à des réactions du cœur. Je suis honoré d’être ici, ça me touche et ça me donne plus de rêves. Je suis une fille qui aime la vie et ça me donne plus de rêves et d’espoir quand je vois que des gens à travers leur association « Dasques et d’ailleurs » se battent pour donner de la vie et de la connaissance aux gens. Ils leur apprennent comment les films sont faits, comment l’image est faite et a  mieux comprendre la société. Comment comprendre des choses, je partage leurs objectifs alors je suis honoré de leur invitation. Ce partage ne peut venir que du cœur, ce soir j’étais très heureuse.

 

 

 

 

 

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19 mars 2008 3 19 /03 /mars /2008 22:09
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Pierre Arditi et Lambert Wilson étaient les invités du magazine d’infos culturelles Sold FM le vendredi 21 novembre 2003 à 19h. C’est  à l’occasion de l’inauguration du cinéma « Grand écran » de Libourne et de l’avant première du film d’Alain Resnais « Pas sur la bouche » que Thierry Buffetaud les a interviewés.

-Thierry Buffetaud : Lambert Wilson, en quelques mots, parlez-moi du film d’Alain Resnais !

- Lambert Wilson : Je peux dire que c’est une bonne année pour Resnais. C’est avant tout le dernier film d’un des meilleurs metteurs en scène, des plus originaux et créatifs de France. Je peux dire aussi que c’est un de ses produits les plus originaux, voire des plus fous.

-Thierry Buffetaud : Il reprend là le scénario d’une opérette datant du début du siècle et vous y chantez tous, je veux dire que vous n’êtes pas doublés pour les chansons. C’est certainement plus simple pour vous Lambert Wilson que pour Pierre Arditi.

-Lambert Wilson : C’est l’opérette de André Barde et Maurice Yvain qui est transposée par le réalisateur. C’est aussi difficile pour moi que pour les autres de chanter.

-Thierry Buffetaud : Pierre Arditi, il vous a été facile de chanter ?

-Pierre Arditi : C’était plutôt difficile, je n’ai pas de pratique de l’art vocal de ce type. Il a d’abord fallu que l’on trouve ma tessiture vocale, l’échelle dans laquelle pouvait se situer ma voix en chantant, qui n’est pas du tout celle que je peux avoir en jouant.

-Lambert Wilson : (il coupe Arditi) Deux notes, belles d’ailleurs !

-Pierre Arditi : (il coupe Lambert) Quel con ce type ! (rire) Il a fallu définir ça et une fois que c’était fini j’ai pu voir ce que je pouvais faire dans cette fameuse échelle. J’ai fait comme tous mes camarades j’ai appris à essayer de chanter et à jouer en même temps. C’était assez excitant, Resnais ne voulait pas des chanteurs qui jouent, il voulait des acteurs qui chantent. Je pense que nous sommes, Lambert compris, des acteurs qui
chantent. La particularité de ce film est que le chant n’est que le prolongement de la conversation. Il n’y a pas de coupures entre les dialogues parlés et les chansons, rien à voir avec l’autre film musical de Alain « On connaît la chanson ».

-Thierry Buffetaud: Les chansons font partie des dialogues ?

-Lambert Wilson : C’est l’anti-revue, dans la revue il y a véritablement des numéros, là ce sont des personnages qui expriment leurs états intérieurs par le chant. L’action continue pendant les chansons.

-Thierry Buffetaud : Quand on connaît Alain Resnais, surtout vous Pierre Arditi, l’idée de ce film ne vous paraît-elle pas étonnante, je me souviens de « Smoking, no smoking » ou « Mon oncle d’Amérique ». Il a voulu s’amuser avec ce film ?

-Pierre Arditi : Bien sur que oui, mais comme vous le disiez très justement quand on pense à « Smoking, no smoking » ou à « L’amour à mort » on remarque qu’il n’y a pas un film de Resnais qui ressemble à un autre film de Resnais. Il a toujours proposé des films qui ne ressemblent pas à ceux des autres ni à ses autres films. Chaque fois qu’il fait une proposition, moi j’ai eu la chance qu’il m’en ai fait un grand nombre parce-que je suis
plus âgé, on ne peut pas les refuser. Tous ses films sont des aventures étranges, particulières, un peu folles et hors normes. Il voulait faire ce film depuis longtemps et il l’a fait à sa manière. C’est pour ça que quand il vous propose quelque chose on y va les yeux fermés, parce que c’est toujours rare.

Thierry Buffetaud : Il y a d’autres comédiens avec vous, Sabine Azéma, Daniel Prévost.

Pierre Arditi : Non, il n’y a que nous (rires) et encore Lambert peu. En vérité il n’y a que moi profondément !…
(rires)

Thierry Buffetaud : Vous participez  à l’inauguration d’un nouveau cinéma aujourd’hui à Libourne, cette semaine ce complexe projette des films d’auteur comme « Eléphant »  ou « Ken Parc », vous devez être contents de participer à cette événement à un moment où la culture est dite en danger ?

Lambert Wilson : Je trouve que c’est formidable, ce qui est bien aussi c’est que le public vienne, s’intéresse à çà. C’est pas simplement une proposition des exploitants aidés par la municipalité, c’est une perche qu’on leur tend, on n’en parle peu mais c’est notre privilège en France cet accès à une variété extraordinaire de film et de cultures différentes. Profitons-en et rendons lui hommage en venant et en remplissant les salles. C’est un
objet rare, je suis en tournage à Vancouver au Canada il y a très peu de cinémas, même pas un comme celui-ci et pourtant c’est une ville de deux millions d’habitants.

Thierry Buffetaud : La province développe des salles de spectacle , Bordeaux ouvre un cabaret théâtre, Libourne un cinéma ; il se dit qu’à Paris le théâtre ne marche pas fort. Pierre Arditi, vous qui connaissez bien ce milieu, vous en pensez quoi ?

Pierre Arditi : Je pense que ce n’est pas vrai, la saison est difficile à cause du contexte social qui n’est pas rigolo, mais le théâtre continue de vivre, d’exister et d’être fréquenté. Le café théâtre est fleurissant et le théâtre continue d’exprimer beaucoup de choses. Je reviens sur ce que disait Lambert, la France est le seul pays au monde dans lequel on peut voir les cultures du monde entier. Le cinéma Européen n’existe que parce que la France lui permet d’exister. Si la France suivait les conseils, les directives des autres pays Européens notre cinéma n’existerait plus. Il y a en ce moment des tensions dans nos métiers mais nous ne devons pas perdre de vue que c’est le seul dans lequel nous défendons les cultures du monde entier. Le théâtre marche très bien, et à ce sujet une remarque : ce que je regrette à Bordeaux, il y a le grand théâtre qui est une splendeur mais on y fait de l’opéra, il manque à Bordeaux un vrai théâtre qui accueillerait « tout le théâtre » et pas seulement le théâtre subventionné. Il y a celui du port de la lune qui est sympa, j’y ai joué il y a quelques
années « L’idée fixe » de Paul Valéry. Je regrette que Bordeaux ne se dote pas d’une vraie salle qui s’offrirait le
luxe d’accueillir aussi des spectacles du théâtre privé dont on peut dire qu’il représente aussi une tendance du théâtre en général et pas une des moindres. On doit pouvoir jouer Pinter ou Beckett sans être obligé de mendier un endroit pour pouvoir les réaliser. On fait le tramway c’est formidable, peut-être qu’on pourrait aussi proposer aux pouvoirs locaux, voire nationaux, de doter Bordeaux d’un théâtre de ce type.

Thierry Buffetaud : Lambert Wilson, 2004 c’est votre année avec plus de quatre films à l’affiche ?

Lambert Wilson : Il y a des choses en route, il y a un film qui s ‘appelle « Time line » de Richard Donner qui doit sortir au mois de mars 2004 et d’autres…Je fais une apparition symbolique dans le « Jet set » pour dire que je suis fidèle à cette équipe là.  Je n’ai pas pu me rendre disponible davantage pour ce film là. Il y en a un avec Sharon Stone. Je suis le premier surpris de toute ces propositions.

Thierry Buffetaud : Pierre Arditi, vous serez bientôt dans « Le chat dans la gorge »

Pierre Arditi : Ils ressortent ça ! Ah oui je vois ce que c’est, c’est une adaptation d’un texte de Jean-Claude Grimber. Il y a aussi le prochain Berry, la suite du « Mystère de la chambre jaune ».

Thierry Buffetaud : Merci à vous deux.
 

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12 mars 2008 3 12 /03 /mars /2008 21:25

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François Morel était l’invité de Thierry Buffetaud, dans le magazine Sold FM
le 13 décembre 2002 de 19h à 20h.  Voici des extraits de l’interview de cet artiste complet.
François Morel est un homme de télévision (les Deschiens), de théâtre (les habits du dimanche…),
de radio, de cinéma sans oublier les livres qu’il a publié.

TB : Vous êtes un artiste qui touche à beaucoup d’activités différentes, laquelle préférez-vous? 

FM : Je pense que c’est sur une scène de théâtre que je me sens le plus à ma place. J’aime beaucoup le contact avec le public, quand je suis trop longtemps loin d’une scène de théâtre je ne suis pas très bien. C’est en quelque sorte mon équilibre.
 
TB : Vous êtes actuellement en tournée avec « Les habits du dimanche », il faut rappeler qu’en 1987 il existait une première version de ce texte qui s’appelait « Adrien, les mémoires ». Vous avez repris l’histoire de cette enfance qui se passe dans les années 1960, il semble que vous y faîtes écho de votre propre enfance. 

FM : Oui, c’est à dire qu'en même temps toutes les anecdotes que je raconte ou à peu près toutes sont fausses et absolument inventées, et en même temps toutes les sensations que je décris sont vraies. C’est un spectacle sur l’enfance dans lequel chacun peut se reconnaître et peut se dire "tiens, il parle de ma vie". Je voulais faire un spectacle sur l’enfance de tout le monde et je voulais faire rire avec de l’émotion, ce qui n’est pas toujours l’habitude. Le rire est une émotion et je ne voulais pas faire rire avec de la politique ou sur le climat social même si dans le fond il y a un rapport avec ces problématiques avec notamment la position du père qui dans le spectacle a peur de perdre son job. C’est un spectacle sur l’intimité de l’enfance, c’est en 1988 que je l’ai joué mais je l’ai donné que cinq fois à ce moment là. Il n’a pas eu un écho formidable, c’est après que j’ai travaillé avec Jérôme Deschamp et Masha Makaief. Pendant la période où j’ai travaillé avec eux j’improvisais beaucoup et j’écrivais en même temps. Je suis passé par l’écriture d’un roman « Les habits du dimanche », qui est sorti chez Presse pocket, ça m‘a obligé à dire des choses plus intimes que je n’aurai pas osé écrire pour la scène où je me positionne plus comme un humoriste. Ce texte avait des moments d’émotion, il me dépassait légèrement, il ne ressemblait pas à ce que j’écris habituellement. Je me suis dit qu’il était intéressant de les utiliser pour le spectacle « Les habits du dimanche » qui est une version plus intime de cette enfance que je raconte. 

TB : Les spectateurs à la sortie de ce spectacle vous disent que l’histoire leur a rappelé leur propre enfance. Votre personnage va dans un grenier chercher des objets qui le transportent dans sa propre histoire, vous pensez que nous avons tous un grenier qui nous renvoie à des souvenirs ? C’est plus le travail sur l’émotion qui semble vous intéresser à vous ? 

FM : Oui, je ne cherche pas le rire à tous prix, même si je suis content quand il y en a. J’aime quand le spectacle est scandé par des grands éclats de rire et des silences magnifiques. J’aime bien les deux, je ne veux pas avoir à choisir entre le rire et l’émotion. J’aime bien me dire que quand on raconte une histoiredrôle, elle pourrait être dite de manière tragique aussi. Je suis souvent aller dans des restaurants après le spectacle et j’y ai croisé des spectateurs qui me disaient qu’ils avaient passé leur temps à se raconter leurs habits du dimanche après avoir quitté la salle. J’ai un souvenir très joli, un soir une personne à la sortie du spectacle m’a dit quand on vous voit on ne se sent pas très original, on a l’impression d’avoir vécu les mêmes choses. Il a eu un temps d’arrêt et a dit : "on se sent moins seul". Je pense que le théâtre est avant tout fait pour que l’on se sente moins seul : nous artistes, et les spectateurs. 

TB : Vous êtes au cinéma dans « Ah! si j’étais riche » en ce moment, deux autres films vont suivre… Qu’est qui vous a plu dans l’histoire de "Ah! si..." 

FM : Quand j’ai lu le scénario, j’ai ri ! Il est drôle et bien écrit, je l’ai trouvé intelligent. C’est un comique de situation où les scènes sont poussées au paroxysme, c’est rare de tomber sur des comédies bien écrites. J’ai été sensible aussi aux deux réalisateurs qui sont venus me voir au théâtre et qui étaient d’une grande discrétion et d’une grande gentillesse, c’était le contraire des comiques professionnels qu’on peut imaginer. Ils sont extrêmement courtois et polis, ils m’ont plus immédiatement. Alors je me suis dit : pourvu que le scénario me plaise. Il m’a plu alors je me suis dit pourvu que le casting me plaise. Je l’ai trouvé parfait puisque des gens comme Jean Pierre Daroussin et Valéria Bruni- Tedeshki sont des acteurs que j’admire ainsi que Richard Berry, Darry Cowl, j’étais content de me retrouver avec cette troupe là. Je suis content du
résultat et j’aime beaucoup ce film. Il est beaucoup plus malin qu’on pourrait le penser et plus sensible que l’on pourrait imaginer. C’est un petit bijou dans son style. 

TB : Ce film est sorti depuis quelques jours (nb : interview le 13/12/02) ; êtes vous pendu à votre téléphone
pour connaître le nombre d’entrées ? 

FM : Je n'appelle pas tous les jours, mais de temps en temps. Je ne vais pas appeler tous les jours parce que je ne suis pas au pourcentage des recettes (rires). J’avais envie que ça marche et c’est intéressant de savoir si les films auxquels on participe fonctionnent. Je trouve que dans celui-ci je fais une composition assez marrante et j’ai donc envie que les gens me voient dans ce personnage.

TB : Il est prévu aussi la sortie d’un film avec Sophie Guillemin qui devrait s’appeler « Chut ». Ce n’est pas une comédie mais un climat plus trouble ? 

FM : C’est un thriller psychologique, je ne sais pas si ce film va sortir. Vous avez l’air d’en savoir plus que moi. Je n'ai jamais vu un tournage où l’on a autant de temps pour tourner les scènes. Le réalisateur s’appelle Philippe Sepdon. Il avait réalisé la série pour Alain Delon sur TF1 l’an dernier. Tous les jours à 15h on avait terminé alors que généralement nous travaillons plus tard. C’était très tranquille et je n’ai pas vu passer le tournage, je joue un psychiatre. 

TB : Il y a un autre film : « Une employée modèle » une comédie dramatique avec François Berléand, Ce n'est pas une blague d’internet, ce film existe ?  

FM : Ah! , tout ça c'est par internet. Je ne sais pas quand il va sortir. Dans celui-ci je suis un flic, il y a un moment où je tiens un pétard entre les mains et ce n'est pas le moment où je me sens le plus crédible dans le film. Je ne l’ai pas vu et je serais curieux de le découvrir. Il y a un film par contre qui est sur les écrans c’est : « Un couple épatant » de Lucas Belvaux. Il avait réalisé « Pour rire » il y a quelques années et là il a eu un projet passionnant, il a tourné 3 films en même temps. Ils sont différents les uns des autres, il y a un thriller, un mélo et une comédie. Les comédiens jouent des rôles principaux dans un film et sont au second plan dans les deux autres. Je joue le mari de Ornella Muti, ce qui est totalement inespéré pour un garçon comme moi. Je suis le directeur d’une entreprise de haute technologie, un intellectuel. Je n’ai pas l’habitude
de rôles comme celui ci. Il y a une distribution riche avec Dominique Blanc, Catherine Frot, …Il est sorti le premier janvier 2003. Je suis très fier d’avoir participé à ce projet. 

TB : Le cinéma vous prend beaucoup de temps et vous en laisse moins pour écrire des livres comme « Appât d’oiseaux » ou « Les habits du dimanche ». Le travail d’écriture est pour vous un moyen de vous retrouver ? 

FM : Quand j’ai écris « Les habits du dimanche », le livre, j’y ai mis plus de sensibilité que j’ai pu mettre dans des sketchs.


TB : François Morel, vous êtes aussi un acteur comique qui ne se sent pas obligé comme d’autres de faire le « clown » tout le temps et notamment en interview ? 

FM : Ca dépend des situations, quand je suis avec mes copains je déconne facilement, je suis aussi timide. Quand je suis interviewé je suis légèrement intimidé, je ne suis pas comme chez moi, à la maison. Je ne veux pas forcer ma nature, je suis comme ça. Edouard Bert, lui est absolument prodigieux tout le temps c’est un feu d’artifice ; Michel Serrault et Daniel Prévost aussi. Je ne fais pas partie de cette catégorie d’acteurs, et en même temps je sais que sur scène je peux être étonnant et que les spectateurs peuvent avoir envie de m’écouter 1h30 durant, c’est ce qui compte pour moi. 

TB : Vous faîtes partie d’une génération de comédiens qui participent à un nouveau cinéma français, ayant une identité et ne souhaitant pas s’américaniser. Etes-vous favorable à la défense d’un cinéma français reconnu comme tel ?
 
FM : Ca m’intéresse beaucoup, j’ai beaucoup envie de faire du cinéma et les derniers projets auxquels j’ai participé m’ont permis de travailler avec des gens de ma génération qui font un bon boulot. J’espère qu’il y en aura d’autres pour m’encourager à faire des films. C’est différent au cinéma où je ne suis pas décideur, au théâtre il me faut appeler quelques directeurs de salle que je connais et ça marche.  Au cinéma, on est comme une danseuse, on est pris ou pas pris, c’est plus aléatoire. Vous pouvez être formidable une semaine et être considéré comme un ringard la suivante. J’ai déjà, avec ma petite carrière, vécu ça. A une époque après le succès des Deschiens, aucun film ne pouvait se faire sans un Deschiens, comme si les producteurs en avaient l’obligation ou qu’ils avaient des réductions d’impôt si un de nous participait au film.
Au bout d’un moment c’était fini, et quelques temps après nous étions considérés comme de vrais comédiens. Je suis content quand je vois Yolande Moreau ou un autre dans un film. 

TB : Vous devez être surpris parce que depuis le début de cet interview je n’ai pas parlé des Deschiens, c’est même vous qui avez craqué. 

FM : Quand j’en ai parlé j’y ai pensé…rire…vous n’aviez pas évoqué ce passage de ma carrière. 

TB : J’ai fait exprès. 

FM : Ah! Oui c’était bien fait ! Je suis fier des Deschiens mais il est vrai que les gens me connaissent surtout pour cette émission de télé. Parfois ils en font un peu trop comme à Moulins ou le mari de la responsable des affaires culturelles m’a fait les Deschiens pendant tout le repas. Il avait même fait venir son frère, qui avait fait 400 kms, pour me faire la même chose. C’est vrai qu’au bout d’un moment je n’en pouvais plus. J’adore ça mais en plus c’était des improvisations et je ne les connais pas par cœur et je tombe sur des gens qui me les raconte. C’est dur. Avant qu’ils voient mon nouveau spectacle je comprends, mais pas après... Je ne suis quand même pas agressif pour autant car je sais que je suis venu tous les jours chez les gens par le biais du petit écran. Je ne peux pas leur reprocher qu’ils me renvoient une image que j’ai donnée. Alors si après le spectacle on me reparle des Deschiens c’est embêtant. Ça n’arrive jamais ! 

TB : Il est vrai qu'à l’époque des Deschiens vous deviez réaliser tous les jours de nouveaux sketchs, il fallait avoir de nombreuses idées ? 

FM :  C’était différent dans la mesure ou je faisais parti d’une troupe, quand je venais faire une journée pour les Deschiens, je ne faisais que çà. On pouvait réaliser 8 à 12 "épisodes"  par journée de travail, le soir je n’y pensais plus. C’était un travail d’équipe. Aujourd’hui, quand j’écris pour un hommage à Devos, je suis tout seul et c’est plus compliqué. Par contre, je suis le seul décideur et c’est pas mal quand on arrive à la quarantaine.
 
TB : Vous restez tout de même dans cet esprit d’improvisation même au théâtre, par exemple dans « Les habits du dimanche » vous faîtes venir sur la scène une fanfare locale qui participe au spectacle. L’idée est sympa parce qu’elle permet aux gens des villes de participer à cette soirée. 

FM : Dans ce spectacle chacun a l’impression que je raconte sa vie et il est donc bien d’avoir des personnes du coin avec moi qui viennent un soir pour raconter cette histoire. Le théâtre est fait pour se sentir moins seul, c’est aussi un lieu d’échange. Je rencontre dans chaque ville des gens qui me racontent leur vie et c’est super. Ils voient aussi de plus près comment ça marche un spectacle professionnel, comment j’y mets de l’énergie. L’"Harmonie municipale" ou la fanfare raconte bien l’émotion que je veux  mettre dans ce spectacle là. 

TB : François Morel, quels sont vos autres projets ? 

FM : Il y a une tournée de cette pièce jusqu’en mars 2003, j’avais 100 dates, ce qui est beaucoup. Des films, dont un de Bernard Verlet, nous avons tourné de Suisse jusqu’en Mongolie. Je vais aussi tourner dans un film tiré d’un roman Tristan Bernard « Aux abois » en juin prochain. 

TB : François Morel  merci. 

FM : C’est moi dites donc.
 

morel2.jpgmorel4.jpg Les deschiens....?....

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6 mars 2008 4 06 /03 /mars /2008 18:31
Mona Heftre était l'invitée de Thierry Buffetaud dans Sold FM le vendredi 9 novembre 2001.
Elle donnait le soir même un concert dans la salle du liburnia à Libourne. Cette chanteuse native
de Libourne se confie à quelques dizaines de minutes de son entrée en scène.
Son album "tantôt rouge tantôt bleu" avec des chansons de Rezvani a reçu
la grand prix de l'académie Charles Cros.

Thierry: A quelques minutes de votre entrée en scène, dans quel état d'esprit êtes vous? 

Mona: (rires) Je suis très heureuse d'être là, j'ai toujours un peu le trac comme tous les artistes, mais il faut
apprendre à maîtriser ce trac parce que quand on a peur du public on est mauvais. C'est vrai que quand on
arrive dans une salle pleine, les gens qui sont là sont bienveillants à votre égard, ils aiment les chansons,
il n'y a pas de raison d'avoir peur d'eux. 

Thierry: Vous êtes une artiste à part entière, vous venez du milieu du théâtre où vous avez débuté avec
Jérome Savary et j'imagine que la vie au Grand Magic Circus c'était le spectacle avant tout. 

Mona: C'était le tourbillon à tout moment. J'ai fait partie de la troupe pendant de nombreuses années,
je suis souvent venu jouer à Bordeaux. Je me souviens que nous avons joué à l'Alambra où la police à dû faire évacuer la salle, tellement il y avait du monde, et nous avons donné le spectacle dans la rue. J'ai appris mon métier au Magic Circus, c'est un métier d'artiste de music hall : chanter, danser, jouer la comédie.
Maintenant, ce que je fais seule, c'est autre chose. Les années m'ont donné envie de faire de vrais choix et
il se trouve que j'ai rencontré ce poète merveilleux qui s'appelle Rezvani. Ses chansons sont très peu connues, on connaît le tourbillon parce que Jeanne Moreau l'a enregistré, on ne sait pas que Basiak (Rezvani avait signé ces chansons avec ce nom) était ce grand écrivain, grand peintre et grand poète qui avait écrit ces chansons il y a 30 ans et qu'il les considère comme des chansons "d'amateur". Il a souffert du succès de quelques titres et de la manière dont elles ont été enregistrées. Il me dit , "avec toi après 30 ans d'amnésie je retrouve mes chansons telles que je les ai composé", à savoir tout simplement. Sur scène je suis juste accompagnée par un pianiste. Le fait de venir du théâtre m'aide beaucoup, je suis plus une femme qui chante qu'une chanteuse. Tout mon plaisir c'est de chanter ces textes et les mots de Rezvani qui sont simples et disent des choses d'une telle profondeur que c'est souvent bouleversant. Il a écrit aussi des chansons très drôles, et aussi de nouvelles chansons pour moi. Depuis un an il en a écrit plus de 20, nous devons les enregistrer en début d'année prochaine. 

Thierry: C'est en 1994, à l'occasion d'un spectacle cinématographique que vous découvrez la chanson
du film "Pierrot le fou" chantée par Anna Karina. Comment vous expliquez un tel succès avec des chansons
des années 60-70 ? 

Mona: C'est parce que je les ai "revisité", je leur ai rendu leur simplicité et dans le tour de chant de 1994
il y en avait une de Rezvani. J'ai lu ses romans, son théâtre, j'ai découvert l'homme. Je me suis intéressée
de plus en plus à ses chansons, elles datent des années 60 mais je les ai remises au goût du jour. Elles ne sont pas à la mode mais ne se démoderont pas. Celle que Jeanne Moreau a enregistré dans les années 70, il y a des arrangements qui sont très vieux, aussi il faut dire que Jeanne chante les chansons d'amour avec un peu de cynisme, avec un côté un peu acide, moi je les chante avec beaucoup de sentiments et simplicité. 

Thierry:
C'est rare un artiste qui trouve le compositeur "idéal". 

Mona: Oui, c'est l'une de mes plus belle rencontre, qu'un poète rencontre une interprète et qu'une interprète
rencontre un poète c'est unique. Prévert écrivait pour des chanteurs mais qui écrit maintenant pour des chanteuses?
Rezvani est un vrai poète. Nous en sommes tout les deux à nos débuts ; il me dit  "j'ai envie que tu fasses connaître mes textes". 

Thierry: avec des mots simples, un piano et votre voix l'album "tantôt rouge.." a reçu 3 grands prix,
comment vous les avez reçu ces prix? 

Mona: c'est encourageant comme toutes les lettres que je reçois de gens qui ont écoutés le disque, ils me
remercient car ils ont besoin de choses simples. Entre l'univers de Rezvani et mon passé de femme ça colle à merveille, je n'aurai pas pu les chanter il y a 30 ans. Je suis comblée, et en plus il continue d'écrire pour moi.
Thierry: Mona, il y a un petit côté familial dans le concert de ce soir puisque cette ville vous a vu naître? 

Mona:
il y aura toute ma famille et des amis d'enfance qui vont se pointer et je ne vais peut-être pas les reconnaître. C'est touchant pour moi de revenir dans ma ville natale.
 

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27 février 2008 3 27 /02 /février /2008 22:51
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Art Mengo était l’invité de Thierry Buffetaud les 4 et 11 juin 2004 dans le cadre de l’émission « Sold FM ».
Il participait au festival « Musiques à Piles » organisé dans un village de Gironde. Après la sortie de son dernier album en 2003,
« La vie de Château » il fait une tournée de plusieurs mois en France…

Thierry Buffetaud : Tu  participes à un festival original qui ose mélanger les styles : rock et chansons à texte, flamenco et musique traditionnelle basques…ça te plait de participer à des regroupements de ce type ?

Art Mengo : C’est intéressant, nous pouvons y rencontrer des publics qui ne pourraient pas nous voir ailleurs. Je vous avoue que je connais bien la région du Libournais , mon cousin est de Franc et il fait du vin. C’est toujours un plaisir pour moi que de venir dans
cette région qui est sublime. 

Thierry : Tu es de Toulouse, une vraie terre d’inspiration : Claude Nougaro, Zebda et tant d’autres sont de Toulouse.
Cette ville t’a vraiment inspiré ?

Art Mengo : Je ne sais pas, par contre c’est vrai qu’il y a dans cette ville des structures pour enregistrer depuis longtemps. Il y a des gens comme les Gold, sans oublier Claude Nougaro qui viennent de là. A une époque il y avait des structures qui permettaient à des jeunes de s’exprimer avec de la musique et j’en faisais partie. C’est aussi une ville d’étudiants, et en première ou deuxième année certains s’arrêtent pour faire de la musique, j’étais dans ce cas. Il y a des étudiants reconvertis dans la musique.

Thierry : Bernard Merlet qui est le directeur artistique du festival disait qu’il essayait de faire venir des artistes qui mettent du sens à leur travail de création, plutôt que de soigner leur image. Pour lui c’est ton cas, tu passes beaucoup de temps à la création,
plus qu’à courir les chaînes de télévision ?

Art Mengo : C’est pour moi très naturel, composer est une passion. J’ai envie d’aller jusqu’au bout de ce qui m’anime, et je mets du temps pour faire les choses. J’aime le chemin de la création et pas juste le résultat, j’aime m’enfermer avec des mots et essayer d’habiller ces mots de musique. Je passe beaucoup de temps enfermé dans « mon laboratoire », mais c’est un réel plaisir. J’aime autant travailler en studio, à des enregistrements ou des arrangements, qu’à être en public. Ces dernières années j’ai passé 6 ans à travailler en studio et c’est vrai que la rencontre avec le public m’a manqué. J’ai donc souhaité refaire de la scène et longtemps pour que mon métier soit plus concret. Lorsque je suis derrière un micro et face à un public j’ai l’impression de vivre une émotion immédiate et un échange. Je me suis demandé si le dernier album n’est pas un prétexte à revenir sur scène.

Thierry : Sur scène tu proposes des arrangements et non la copie conforme de l’enregistrement ?

Art Mengo : Avec cet album c’est un peu différent. J’ai voulu l’arranger  pour qu’il soit facilement transposable sur scène. Les titres sont faciles à jouer et je me retrouve avec une formation classique : batterie, basse, guitare et moi j’alterne entre clavier et guitare et il y a un accordéoniste qui joue d’autres instruments aussi. 

Thierry : Tu as composé pour beaucoup d’artistes comme Johnny Hallyday, Florent Pagny, Henri Salvadore…Quand tu composes pour eux tu essaies de te mettre à leur place ?

Art Mengo : C’est très difficile, j’essaie de me mettre un peu à leur place, je me plonge dans leur univers en écoutant leurs albums. Ces derniers temps je fais autrement pour ne pas faire du sur mesure. Une bonne chanson reste une bonne chanson. Je me suis dit ça
en travaillant sur « orange amer » la chanson pour Enrico Macias. Je me suis rendu compte que je pouvais aussi la chanter, que les chansons sont inter-changeables. Quand on me demande si je me programme pour faire des chansons pour Johnny, oui je vais faire des choses que je ne ferais pas pour moi, je m’oblige à ouvrir des portes qui ne sont pas valables pour d’autres univers. Je me suis quand même rendu compte qu’une belle chanson reste une belle chanson. Je me retrouve dans mon dernier album avec une chanson « l’enterrement de la lune » écrite au départ pour Juliette Gréco. 

Thierry : Ton nouvel album « la vie de château » comporte une chanson qui rend hommage à Claude Nougaro, tu l’as écrite quand ?

Art Mengo : 3 ans avant sa mort, il n’était même pas malade à ce moment là. Je lui avais fait part de cette idée même si quand on se croisait, on ne se disait pas ce que l’on pensait l’un de l’autre. Je suis passé par cette chanson pour lui avouer mon admiration, j’ai bien fait de le faire de son vivant. Je lui ai envoyé la chanson, il m’a envoyé un petit mot. Je ne regrette pas de l’avoir faite avant sa disparition, et depuis je dédie tous les concerts de cette saison à Claude qui m’a beaucoup inspiré.

Thierry : Art Mengo merci. 

 

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21 février 2008 4 21 /02 /février /2008 20:47
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Le 27 mars 2004, le chanteur du groupe Watcha était invité dans le cadre de notre magazine d’infos culturelles « Sold’FM ». Cette formation distille un rock très métal. Leur troisième album « Mutant » est sorti depuis peu de temps, ils en préparent un nouveau. Bob répond aux questions de Thierry Buffetaud :

 

Thierry : Vous êtes invités à Libourne dans le cadre d’un tremplin rock durant lequel 5 groupes sont « en compétition », vous jouerez en fin de soirée. Avez-vous des souvenirs de tremplin dans les débuts de votre formation « Watcha ».

 

Bob : Nous en avons fait au tout début. Je me souviens d’une anecdote ou en 1996 nous avons gagné un tremplin et le prix c’était 4 jours dans un studio 48 pistes numériques. Pour l’époque c’était fantastique, il se trouve que le studio a brûlé 2 jours après et nous n’avons pas fait cet enregistrement. Ce n’est pas grave une maison de disque nous a remarqué et a sorti notre premier titre dans une compile nationale, c’est un titre qu’on ne trouve dans aucun de nos albums. La compile s’appelle 13 No 2, nous étions super contents et nous avons rencontré notre premier manager qui a monté son propre label et a sorti notre premier album.

 

Thierry : Vous faîtes partis d’un groupe confirmé avec 10 ans d’expérience et 3 albums et j’ai remarqué que vous alliez voir et entendre les groupes amateurs dans la salle comme les « Blunt » dont le guitariste a 14 ans.

 

Bob : C’est génial et les jeunes commencent de plus en plus tôt. Je trouve que c’est bien, plus on commence jeune et plus on a de l’expérience. A 20 ans on peut avoir un bon niveau scénique et musical. Il faut que les parents permettent à leurs enfants de développer une culture musicale et pas simplement leur laisser écouter des trucs un peu bidon qui passent à la télé. Il faut les ouvrir à d’autres choses, leur montrer que des personnes créées.

 

Thierry : Aujourd’hui le son et la technique ont de l’importance, j’ai reçu les 5 groupes qui participent à ce tremplin et tous s’entendent sur le fait de travailler pour plus de qualité. Ils ont bien compris qu’il ne suffie pas de jeter 3 accords sur une guitare et 3 phrases sur un morceau de papier pour composer. Vous, le groupe Watcha, vous existez depuis 10 ans et 3 albums. Au départ les 2 fondateurs étaient des techniciens du son, j’imagine que ça a compté ?

 

Bob : Oui bien sur, nous sommes donc indépendant. Le troisième album nous l’avons créé de a à z. Nous sommes autonomes sur tout et c’est très important pour nous. Il faut avoir des notions de base au niveau du son, en ce qui nous concerne on ne peut laisser les autres gérer notre carrière. Je conseille avant tout de bosser son instrument à fond, ce n’est pas parce-que tu as acheté une guitare que tu vas former un groupe tout de suite. Je pense qu’il vaut mieux connaître tous les styles et ensuite tu fais un choix artistique. Il ne faut pas chanter ou jouer par dépit. Si tu sais jouer que 2 accords tu ne joues que des trucs bourrins. Il faut écouter du jazz, de la funk…

 

Thierry : Vous avez un style « rock dur », le rock est une musique de « rebelle » or vous c’est très clean. Votre dernier album « Mutant » est très puissant et il est très clean,  c’est presque parfait, votre site Internet aussi est très propre. Le rock « propre » est né avec Watcha ?

 

Bob : oui, mais « Mutant » on le trouve  aussi trop clean.  Il est trop bien produit et c’est trop net. Le quatrième sera plus « roots ». Nous allons laisser les petits défaux, sans doublage de voix et de guitares. Il y aura une seule voix bien lead, une sorte de retour aux sources. C’est vrai que Mutant est très chirurgical,  précis comme nous le sommes. Nous sommes « très Suisse ». Nous aimons le travail bien fait mais nous nous sommes aperçus que ce n’est pas le principal, c’est l’énergie qui compte et les tripes que  tu y mets. Je suis resté 2 mois en studio pour faire les voix sur l’album « Mutant ». C’est un peu trop.

 

Thierry : C’est vrai qu'à côté de Didier, chanteur des Wampas, qui était notre dernier invité rock, vous avez des positions qui peuvent paraître loin de ce milieu. Pour lui, c’est avant tout l’expression d’une énergie, clean ou pas c’est la dynamique qui compte.

 

Bob : C’est vachement important, après tout dépend du style. Nous sommes très technique et ne pouvons pas nous permettre d’être décalé. Nous avons des attaques très précises dans nos morceaux. Nous avons tout concocté par ordinateur pour bien placer chaque effets.

 

Thierry : Et Watcha sur scène ? Beaucoup de collégiens et lycéens viennent vous voir.

              Tu penses qu’il y a un retour au rock chez les plus jeunes ?

 

Bob : Il y a un vrai retour au rock même si je vais me faire rouspéter, des groupes comme Linky park qui ont apportés un côté grand public, en France il y a Kyo qui ont ouverts des portes. La France est plus chanson française comme Vincent Delerm que le rock. Le problème chez c’est que les gens préfèrent le fond à la forme. Les textes sont mis en avant, c’est bien écrit, le problème c’est l’interprétation qui ne me touche pas du tout. Chez les Américains, ils interprètent bien des textes moyens.

 

Thierry : « Watcha » vous avez votre place dans le rock français, c’est celle d’un groupe clean qui propose une musique clean, correctement enregistré, vous souhaitez garder cette place là ? Vous pensez que votre groupe va vivre encor longtemps ?

 

Bob : Je n’aime pas spéculer à ce sujet, on se pose pas de question. Nous travaillons sur le quatrième album sans directive mais avec des textes plus intimes. Je dévoile un peu ma personnalité et musicalement il y a plus de sensibilité, c’est une autre partie de Watcha. Les 4 morceaux que l’on a sont plus spontanés. Il reste classe mais spontanés quand même. Il y a un côté retour aux sources rock. J’espère que les gens vont ressentir la même chose que nous à l’écriture, nous sommes dans un bon feeling. Nous avons envi de communiquer nos émotions parce-que dans le rock il n’y a pas que la technique. Il y a aussi l’émotion, dans les 4 textes que j’ai écrie il y a 3 textes d’amour sombre et un texte qui parle de ce que j’aime dans la vie et ce que j’aime dans la vie c’est l’art et la musique. J’ai la chance d’en vivre, de voyager, de faire des concerts et j’ai envie de dire que je m’éclate à faire çà.

 

Thierry : Merci.

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