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11 février 2008 1 11 /02 /février /2008 21:54
Petit Vodo était l'invité de Thierry Buffetaud dans Sold fm le vendredi 26 octobre 2001,
avant son concert à Libourne le 27 octobre en première partie de Ska-P. Il faut préciser que
Petit Vodo est à son deuxième album et que le blues qu'il propose marche bien en Angleterre,
Australie, Japon... D'origine bordelaise, ce "Rémy Brika" du rock est un véritable phénomène,
qui de plus a beaucoup de choses à dire. 


Thierry: Petit Vodo, tu étais venu il y a quelques années dans notre studio et tu avais joué en direct à l'antenne. 

Petit Vodo: Maintenant que tu en parles je m'en souviens. Un moment sympa. 

Thierry: J'avais découvert à ce moment là le "phénomène" Petit Vodo, le fait de jouer seul en scène tous les instruments et effets, c'est étonnant ? 

Petit Vodo: Oui, c'est la partie immergée de l'iceberg, celle qui se voit tout de suite, ce coté spectaculaire  d'une personne qui joue de plusieurs choses sur scène. J'ai eu l'occasion de dire souvent que tout ça n'est qu'un prétexte pour moi, il y a bien d'autres choses que je recherche avec ma musique. 

Thierry: Je vais passer rapidement sur la question habituelle, mais le côté Rémy Brika ça fait plaisir cette comparaison (rires...) 

Petit Vodo: Vous me devez 100 balles, (rires...) si toute personne qui m'a fait cette comparaison m'avait donné 100 balles j'aurai pu me passer de la S.A.C.E.M. pour vivre. 

Thierry: Je pense que cette touche originale et la qualité du blues que tu proposes fait que ça a "marché". 

Petit Vodo: En France, oui ça a été un vecteur très important pour moi. Historiquement, j'ai commencé ce jeu de scène seul à l'occasion d'une performance faite, comme à l'époque du pop art, au Krakatoa à Mérignac.
C'était pour Joseph Arthur l'ex chanteur des Taxi Girl et cette performance avec l'appui de la presse, des Noir Désir et du public est devenu peu à peu mon travail musical et scénique. Je l'ai développé jusqu'à l'étape d'aujourd'hui qui ne reste qu'une étape. 

Thierry: Il faut signaler que tu es bordelais, la scène bordelaise est représentée par Noir Désir , il y a aussi Edgar de l'est, les Hurlements de Léo, les Rageoons Gratoons...Comment tu te situes dans cette "famille"? 

Petit Vodo: Il y a des chapelles comme dans toute histoire du rock, paradoxalement les groupes avec lesquels je m'entends bien dans la région bordelaise  sont des gens qui font un travail totalement différent du mien, je pense aux oisillons tombés du nid. Depuis de nombreuses années j'ai des relations avec Patrice et Eric, j'ai enregistré un disque avec eux il y a quelques années de çà. C'est le côté bricolage qui m'intéressait dans leur boulot, c'était commun à mon travail. Maintenant je suis parti de Bordeaux, je suis moins présent des scènes Bordelaises, on me voit plus à Paris ou à Londres. c'est un choix que j'ai fait de sortir du microcosme pour aller vers d'autres horizons, ce qui m'a permis de rencontrer des gens en Angleterre ou aux U.S.A. qui m'ont aidés. Cette ouverture m'a apporté beaucoup à mon travail alors que le "macrocosme" bordelais ne m'a pas ennuyé mais il était limité par rapport à ma recherche. Il faut savoir sortir des chapelles, les oisillons tombés du nid ont failli mourir d'être trop dans une chapelle et le jour où ils ont fait le pas de s'ouvrir au national et à l'international ça a bousté leur travail et leur reconnaissance. Les Rageoons Gratoons ne peuvent pas dire l'inverse, ils sont tout le temps sur la route. Il faut exister dans sa ville pour pouvoir en sortir. 

Thierry: Il y a quand même derrière toi toute une équipe, aussi tous les actes de Petit Vodo sont réfléchis. 

Petit Vodo: Mes premières années de concert était très rock, très garage, c'est vrai que l'aspect travail d'équipe je m'en moquais un peu. je voulais être plus un performeur qu'un musicien, avec les années j'ai compris qu'il fallait que je m'entoure de gens, de producteurs, d'ingénieurs du son, de musiciens... J'ai rencontré des personnesqui étaient intéressées par divers aspects de mon travail. A partir du 2ème album je suis rentré dans unenouvelle période de mon travail et je ne pourrais pas me passer de cette équipe. Ce groupe fait que mon travail est autre chose qu'une performance, et que mes albums sont ceux d'un collège de pensées.
 
Thierry: Ton 2ème album a reçu de bonnes critiques par le presse, on le dit moins bricolé que le 1er. 

Petit Vodo: Le premier est enregistré en 3 jours et 3 nuits dans un studio prêté par les Noir Désir, le 2ème j'ai écrit les textes et fait beaucoup de maquettes. Il vient de sortir au Canada et en Australie, je vais y faire des concerts. Pour moi cet album est déjà du passé car le 3ème est presque terminé et sortira en 2002. Il sera encore plus produit et va en surprendre plus d'un. 

Thierry: Tu es connu dans beaucoup de pays, avec internet? 

Petit Vodo:
Oui, c'est internet mais en ce qui concerne le Japon, les U.S.A., l'Australie c'est un travail sur le terrain, les japonais m'ont découverts à Londres. Ma présence sur des sites est utile mais aller à Londres qui est une plaque tournante c'est le must. J'ai signé chez E.M.I à Londres. Je ne regrette pas d'y être allé, même si au début j'étais mal payé. 

Thierry: Je pense que tu es très présent dans la réalité de notre époque. En effet tes inspirations dans le blues et la manière dont tu travailles cette musique qui est très moderne, avec des samples et autres effets. C'est une quête des sources et une envie d'aller de l'avant. 

Petit Vodo: Je suis quelqu'un de mon siècle, le blues est une façon de penser et non un style, moi je ne suis pas programmé avec Benoît Blue Boy. Mon attitude est de prendre les choses à la source, je suis plus prêt des rappeurs qui comme dans le blues parle de la vie de tous les jours comme à l'époque des champs de coton plutôt que dans une musique qui s'enfermerait dans des carcans épuisés que l'on croit inépuisables, ça m'intéresse d'être de mon époque et d'utiliser les moyens d'aujourd'hui. 

Thierry: Tu es en concert à Libourne en première partie de Ska P, choix étonnant? 

Petit Vodo: Pourquoi pas, mais j'ai fait une fois la première partie de Simple Mind devant  8000 personnes
et certains continuent de venir à mes concerts. Je suis plus connu en Angleterre mais tout va bien. 

Thierry: Petit Vodo merci.
 

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5 février 2008 2 05 /02 /février /2008 22:08
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Louis Bertignac était l’invité de Thierry Buffetaud sur Gold FM le 3 novembre dernier. Il sera en concert à St Denis de Pile (33) le 3 juin 2006 dans le cadre du festival « Musiques à pile »

 

Thierry Buffetaud : Tu es en tournée depuis quelques mois suite à la sortie de ton 7ème album solo « longtemps » que tu as mis du temps à préparer, il en fallait autant ?

 

Louis Bertignac : Je n’ai pas fait que çà, mais c’était important parce-qu’il fallait que j’apprenne à faire l’ingénieur du son, le producteur, à chanter et à écrire des chansons qui me plaisent…

 

Thierry Buffetaud : Tu as travaillé ta voix, aussi Carla Bruni a proposé des textes. Tu dis que cet album te ressemble alors Carla doit bien te connaître pour écrire des textes qui te ressemblent ?

 

Louis Bertignac : On se connaît depuis qu’elle a vingt ans, on se voit souvent et l’on a passé du temps ensemble…Je lui  fais écouter mes propositions de chanson pendant une semaine et quand elle connaît bien les thèmes elle propose des idées. Par exemple elle me dit : «  sur cette musique je verrai bien une histoire de petite fille, quelque chose de très féminin et de très enfantin. Que penses-tu d’une petite fille qui pleure tout le temps même quand elle est contente », je lui réponds que c’est marrant…Elle se met à travailler et me propose 5 ou 6 lignes au bout d’une heure, je trouve çà super et je lui dis banco fonces la dessus. Elle me rappelle 15 jours plus tard, je prends un crayon et je note le texte.

 

Thierry Buffetaud : Il y a eu beaucoup d’allé retour entre vous sur ces textes ou les premières propositions de Carla te plaisaient-elles tout de suite? 

 

Louis Bertignac : Par exemple pour « Je joue » le premier texte m’a plu mais il y a eu pour d’autres chansons des corrections.

 

Thierry Buffetaud : La presse spécialisée dit que ton album « longtemps » est la version masculine de l’album de Carla, qu’est ce que tu en penses ?

 

Louis Bertignac : Il y a un peu de vrai, pour l’album de Carla je produis et je joue pour le mien aussi. Sur le mien c’est un peu plus rock, mais c’est vrai que se sont les mêmes musiciens et la même prod.

 

Thierry Buffetaud : Ces albums sont faits chez toi, tu as le studio à la maison, c’est plus sympat ?

 

Louis Bertignac : moi, j’adore. J’aime travailler seul et chez moi. En plus je travaille la nuit de 22h à 6h du matin, tout seul avec la guitare. Je suis une sorte d’ours qui aime rester dans sa tanière et planer avec les notes de musique.

 

Thierry Buffetaud : J’imagine que la nuit est plus propice à la création ?

 

Louis Bertignac : Je suis très tranquille et plus concentré. Le jour je ne pourrais pas il y a la vie, les coups de téléphone, ma fille, les copains… à partir de 11h du soir je sais qu’on ne va pas m’appeler et je plonge dans mon truc. Je peux aussi me faire un petit jeu vidéo entre deux chansons pour me changer les idées.

 

Thierry Buffetaud : Ton rapport au temps a t’il changé, est-ce la raison pour laquelle tu as mis plus de temps pour faire cet album ?

 

Louis Bertignac : oui justement, j’en avais marre de courir tout le temps et que la vie passe vite, aussi on vie toujours le même truc : faire un album, faire la promo et partir en tournée. J’avais envi de changer çà et c’est vrai que la chanson de Johnny où il dit j’ai oublié de vivre correspond et j’avais envi de vivre l’amour, les voyages… Maintenant je veux prendre le temps de faire les choses et j’aime bien.

 

Thierry Buffetaud : On sent dans cet album un vrai changement, toi aussi tu penses que cet album correspond à une nouvelle étape dans ta vie ?

 

Louis Bertignac : C’est une étape de ma vie qui a donné cet album. J’ai envi d’avoir plusieurs vies parce qu’elle est trop courte. Je suis dans la série des dix années vraiment solo. Je n’aurai pas pu faire durer « Téléphone » pendant 40 ans.

 

Thierry Buffetaud :  Dans ce nouvel album tu as une voix et des musiques plus posées. Il te permet de conquérir un nouveau public ?

 

Louis Bertignac : C’est vrai, il y a toutes sortes de personnes. De 13 à 55 ans, c’est amusant la rencontre de ces générations aux concerts. Je trouve çà génial, c’est comme s'ils étaient tous potes quels que soient les ages. Aussi je reçois de mails de papas qui me disent que je suis le seul sujet sur lequel il ne s’engueule pas avec leur fils et ils m’en remercient. J’en suis d’une grande fierté.

 

Thierry Buffetaud : Louis Bertignac dans cet album il y a une chanson qui s’appelle « Audimat » tu as écrie le texte, c’est un coup de gueule contre la télé réalité ?

 

Louis Bertignac : Pas simplement contre la télé réalité contre les infos aussi. On a pas toujours le temps d’élever nos enfants, moi je vais le prendre mais on a pas toujours le temps. Les professeurs leur apprennent des trucs mais ils ne les élèvent pas vraiment non plus. C’est la télé qui les élève, elle n'assume pas ce rôle.

 

Thierry Buffetaud : Ta petite fille n’est pas élevée par la télé ?

 

Louis Bertignac : En tout cas jamais toute seule.

 

Thierry Buffetaud : Tu as marqué l’image du rock en France avec notamment « Téléphone » ça te fait plaisir quand on te le présente comme çà ?

 

Louis Bertignac : Je pense que le rock était fait pour marcher et éclater les gens, « Téléphone » a été un vecteur de ce truc. Cela aurait pu être un autre groupe. Nous, on a profité de cette chance : d’aimer le rock juste un peu avant que la plupart des français puissent l’aimer. C’était un bonheur. Je ne suis pas sur d’en être fier, je préfère quand les gens viennent me dire qu’ils se sont éclatés à un concert plutôt qu’une fierté d’il y a 20 ans. Je ne sais pas quoi répondre quand on me dit çà.

 

Thierry Buffetaud : Quel regard  porte-tu sur le rock d’aujourd’hui en France ?

Je sais que tu écoutes toujours des formations comme Led Zeppelin…tu écoutes ce qu’il se fait de nos jours en France ?

 

Louis Bertignac : ça arrive, je n'achète pas beaucoup de disque de rock français moi c’est plutôt Led Zep, les Stones…mais il m’est arrivé de trouver de bons disques français. Cet été j’ai fait des festivals et j’y ai vu des bons trucs. Comme Luke, c’est un bon groupe de rock. La différence avec les groupes de mon époque, c’est qu’aujourd’hui se sont souvent de bons musiciens. Moi quand j’ai commencé il  y avait les musiciens de variété qui étaient des musiciens honorables et les rockers qui savaient en général à peine accorder leurs guitares. Il n’y avait pas d’accordeur. En France il y a plein de bons musiciens, on a plus de handicap par rapport aux autres. Je préfère toujours les trucs qui m’ont éclaté quand j’avais 15 ans.

 

Thierry Buffetaud : Il y a un retour de ce rock, aujourd’hui des jeunes écoutent à nouveau « Deep Purple… »

 

Louis Bertignac : Pour moi, c’est ce qu’il y a de mieux, des albums comme le 1 et le 2 des Led Zeppelin…ou Hendrix… pour moi ce sont les plus beaux disques.

 

Thierry Buffetaud : Comme nous le disions tout à l’heure quand des concerts de rock deviennent des fêtes familiales c’est super, comme cet été pour le concert des « Deep Purple » au festival des vieilles charrues…il y avait les parents, enfants, voir grands-parents…

 

Louis Bertignac : oui, s’il y a toute la famille et que la musique est top, c’est génial. Je suis content de ce retour vers le rock en live, c’est ce que j’aime. La musique est mon plus grand plaisir et en plus c’est mon boulot. A 18 ans j’ai choisi ce métier sans savoir que j’en vivrai plus tard.

 

Thierry Buffetaud : Vous utilisez toujours cette fabuleuse Gibson SG de 1959 ?

 

Louis Bertignac : Elle est fabuleuse mais elle n’est pas de 59, c’était pour la chanson. Elle est de 64 mais il ne faut pas le dire ça gâche ma chanson.

 

Thierry Buffetaud : Et cette idée en 2000 de refaire tourner « Téléphone» c’est fini ?

 

Louis Bertignac : Oui, ce que je devais faire je l’ai fait. Je m’étais fixé de dire à tout le monde ce que j’avais pensé de l’histoire « Téléphone » et je l’ai fait. Pourquoi ça c’était arrêté, comment je l’avais vécu et aussi j’ai dit à chacun combien je les aime toujours. Je leur ai dit et les retrouvailles pour une tournée n’ont pas eu lieu pour des histoires débiles. J’avais trouvé que nous avions fini en queue de poisson et pour moi maintenant c’est terminé…

 

Thierry Buffetaud : Et après la tournée ?

 

Louis Bertignac : Maintenant je travaille aussi sur le nouvel album de Carla Bruni et après je verrai repos ou nouvel album selon mon humeur.

 

Thierry Buffetaud : merci

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1 février 2008 5 01 /02 /février /2008 22:02
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Claude Villers était l’invité de Thierry Buffetaud dans le cadre de l’émission SOLD FM sur GOLD 103.3. Il est venu en voisin présenter son dernier livre « paroles de rêveur » ou 40 ans de radio…

 

-Thierry : Claude, vous profitez de votre retraite pour prendre le temps de présenter ce livre ?

 

-Claude : Je ne suis pas d’accord sur ce mot de retraite. Nous pouvons dire que j’ai cessé une certaine activité que j’avais à la radio depuis 40 ans. Je n’appelle pas ça de la retraite, je continue d’écrire des livres, je me promène autour du monde sur des paquebots pour faire des conférences. Ma femme trouve qu’elle me voie moins souvent que quand j’étais en activité. Les militaires ont un truc, on ne dit pas un général à la retraite mais cadre de réserve. On peut dire que je suis cadre de réserve.

 

-Thierry : C’est pour ça que vous êtes avec nous ce soir ?

 

-Claude : (rire) oh, non je ne cherche pas un boulot.

 

-Thierry : Depuis juin 2004 vous avez cessé votre activité professionnel, est-ce que votre rapport au « temps » a changé ?

 

-Claude : Je n’ai pas eu le temps de m’en apercevoir parce-que depuis fin juin, moment ou je me suis arrêté, j’ai passé des vacances avec ma petite famille et le 5 septembre je prenais un bateau pour me rendre du côté de la mer baltique. Je n’ai pas écouté qui me remplace à la radio. Je suis revenu et reparti pour 2 ou 3 voyages, j’ai fait aussi des signatures pour le service après-vente de mon livre, des salons du livre. J’ai une activité dans le cadre de la région aquitaine depuis 1998, je suis président de l’ARPEL, l’agence régionale pour l’écrit et le livre, cela concerne les 5 départements qui composent l’aquitaine et ça me prend du temps. Je suis reparti au cap nord début novembre, je suis ensuite allé en Egypte…je suis rentré lundi dernier en France. Je n’ai pas vraiment l’impression de ne plus travailler.

 

-Thierry : Votre nouveau livre « paroles de rêveur » parle des 40 ans passés à faire de la radio. Vous aviez besoin de vous pencher sur ce passé ?

 

-Claude : C’est certainement l’un des exercices les plus difficile à faire. Il me faut vous dire que c’est mon 20ème livre, je sais maintenant qu’il faut écrire de gauche à droite. Le pari qui m’a été imposé par un éditeur était difficile. J’avais, durant l’écriture un caractère de cochon, d’après mon épouse. J’ai eu un mal fou à l’écrire mais je l’ai réalisé en 5 semaines. C’est venu d’un seul coup, c’est très dur de se pencher sur son passé. J’ai l’habitude de raconter les histoires des autres pas mes histoires à moi. C’est un exercice difficile, j’ai commencé par le début et la fin et puis c’est venu d’un seul coup. On ne pouvait plus m’arrêter, il fallait m’arracher le stylo des mains pour aller manger. C’est intéressant de se pencher sur son itinéraire, je n’y avais jamais pensé mais le mien est un peu à part.

C’est pas tout à fait la filière habituelle pour devenir journaliste.

 

-Thierry : Vous y racontez par exemple vos débuts en 1962 avec Jacques Martin et Jean Yanne et tant d’autres évènements qui nous rappellent que vous êtes un personnage important dans l’histoire des médias Français. Vous en êtes conscients ?

 

-Claude : Comment voulez-vous que je m’en rende compte, au départ j’ai reçu beaucoup de lettres et je n’ai pas pu répondre à toute . D’après les services de France inter ils ont reçus dans les 100 000 lettres quand je suis parti. D’un seul coup on se pose des questions, j’ai aussi découvert que j’étais en couverture de journaux spécialisés, d’habitude ils mettent en avant des gens de télé. Je pense que des personnes ont appréciés mon travail parce-que je me suis amusé en le faisant. J’ai pas toujours fait la même émission, en 40 ans sinon je m’en serai lassé et les auditeurs aussi. J’aimais changer tous les 2 ans d ‘émission et de style, je passais du récit au reportage en passant par le portrait ou la caricature.

J’ai beaucoup appris dés le début avec Yanne et Martin, dans les années 60 ils étaient extraordinaire. En ayant des papas, on progresse. J’ai eu la chance ensuite quand je suis rentré à France inter en 1964 de travailler avec José Arthur.

 

-Thierry : Que l’on entend toujours.

 

-Claude : Oui, il va très bien, je l’ai eu au téléphone hier. Nous devons faire un livre ensemble. J’ai eu un autre grand patron qui était Jacques Salbert, correspondant de inter à New-York. On apprend comme ça, on fréquente des gens on les regarde faire, on fait des bêtises et on se fait engueuler. C’est ça l’apprentissage et moi je n’ai pas eu de formation théorique. Moi j’étais catcheur avant de devenir journaliste.

 

-Thierry : Vous le racontez dans votre livre « parole de rêveur »

Vous racontez aussi comment en 1968 vous avez commenté des évènements américain comme les  festival Woodstock ou en 1969 les premiers pats sur la lune.

 

-Claude : Ce sont des évènements qui étaient extraordinaires, je les ai commenté parce-que c’était mon métier. Quand vous arrivez dans un pays pour vous établir et qu’il s’y passe l’assassinat de Martin Luther King, celui de Bob Kennedy, Woodstock ou les premiers pats sur la lune, ça aide un jeune journaliste. Le jour ou Monsieur Armstrong a marché sur la lune je fêtais mes 25 ans. J’ai voulu faire ce métier parce que je lisais Tintin quand j’étais gosse et je voulais faire petit reporter entre autre j’avais lu « on a marché sur la lune » comme « Tintin au Congo »…

J’avais marché dans tous les lieux ou se déroulent les histoires de ce personnage peut-être pas le Tibet. Le jour de mes 25 ans, pour mon quart de siècle, j’ai marché sur la lune. Les scaphandres des astronautes ressemblaient à ceux qu’avait dessiné Hergé, il manquait juste Milou. Il est vrai qu'en plus dire en même temps que Neil Armstrong « un petit pat pour un homme, un bon de géant pour l’humanité » ça m’a fait quelque chose, je me souviens encore du nom du technicien avec j’étais à la NASA, ce soir là je dois dire que l’on a pris une cuite carabinée. C’est vrai que fêter son 25 ème anniversaire le jour ou un type marche sur la lune…maintenant il y a prescription.

 

-Thierry : Vous avez donc couvert aussi le festival rock de Woodstock, un évènement majeur pour la musique pop ?

 

-Claude : Il faut dire que le rock est ma musique. J’avais une vingtaine d’années et en plus d’être correspondant de France inter, j’étais correspondant de « rock and folk »

Un jour il a été annoncé ce festival dans le nord de l’état de New York et nous avions une conférence de rédaction avec Salbert où comme toutes les semaines nous devions choisir les sujets de la semaine. J’ai proposé de couvrir le festival de Woodstock le chef m’a répondu : « ne viens pas nous emmerder avec cette musique, tu es de permanence et tu dois rester sur New-York ce week-end.

J‘ai donc ravalé mon ambition. Le jour du concert, je suis chez moi avec mon magnéto et la voiture de fonction. J’allume la télé et il parle du festival où l’on peut voir des milliers de personnes.

-Thierry : Il y avait 350 000 spectateurs, je pense…

 

-Claude : oui, je voie à la télé les scènes, le programme et je me dis mince qu’est ce que je loupe.  A ce moment là le téléphone sonne, c’était un copain photographe qui me parlait de cet évènement. Je lui ai proposé d’y aller en voiture du boulot. On est parti sans autorisation, nous avons du nous arrêter 9 kms avant le lieu de la manifestation. Il avait son barda pour la photo et moi mon magnéto à bande qui faisait 14 kgs. On est arrivé sur le festival où il y avait une ambiance extraordinaire. En rentrant vers la ville, je me suis endormi au volant de la voiture et j’ai percuté la rambarde de sécurité, je ne savais pas comment j’allais en informer mon chef. J’ai garé la voiture avec la portière abîmée contre le mur. Je me suis rendu à la conférence de rédaction sans savoir comment parler de mon accident. Salbert commence la réunion en disant que tout le monde parle de wodstock dans les médias, ils veulent des reportages dessus. Je lui dis que j’y étais, il m’engueule en retour d’y être allé sans accord mais me demande vite de préparer un papier dessus. Je lui demande ce que l’on fait pour la voiture, il me répond : « on s’en fou ». Sauvé par le gong.

 

-Thierry : Vous avez écrie une vingtaine de livres, beaucoup parlent de voyage, de découverte. Vous racontiez des histoires qui nous faisaient voyager à la radio. L’idée du voyage est « matrice » chez vous ?

 

-Claude :  J’ai fait ce métier de journaliste pour voyager, il y a des gens qui font ça pour interviewer le président de la république ou le roi de ceci ou tel milliardaire, moi je m’en fou. Moi, ce qui m’intéressait quand je lisais « tintin » ou « spirou » c’était d’aller au bout du monde. Je ne suis jamais allé au bout du monde parce qu’il n’y a pas de bout du monde, la terre est ronde. Je suis allé au bout des continents, ce qui est déjà pas mal. Quand on est passionné, on veut convaincre les autres de ces passions. Je voulais dire aux gens de voyager parce-que c’est formidable. J’aime aussi les livres pour voyager, on voyage dans l’univers de l’auteur. Les premiers voyages que j’ai fait enfant, mes parents étant ouvriers, c’est dans les livres. L’aventure se passait au bout du monde, c’était l’évasion. J’ai beaucoup voyagé, notamment quand j’étais au bureau de New York, l’Amérique centrale, les Caraïbes … et comme c’était la guerre du Vietnam, j’allais au sud-ouest asiatique. J’ai voyagé en me déplaçant moi-même et par la suite ce sont mes assistants qui voyageaient pour moi. Je les envoyais dans des pays que je pouvais connaître pour comparer les époques. J’ai aussi raconté la vie de grand voyageur, de navigateur avec ou sans leur présence. J’ai reçu Cousteau, Tazieff et plein de gens comme Doisneau le photographe ou l’écrivain Frédéric Dard qui avaient eux aussi un univers. Ils sont tous passionnés et veulent eux aussi nous convaincre que  ce en quoi ils croient est important. J’étais une sorte de prédicateur, je montais en chère pour prêcher la bonne parole. (rire)

 

-Thierry : Il y a aussi un livre de vous que l’on trouve toujours, il ne parle pas de voyage mais de Francis Blanche : « Francis Blanche, le tonton flingué »  pour lequel vous avez eu le prix de l’humour français en 2002 décerné par les écrivains de la langue française. Pourquoi un livre sur lui ?

 

-Claude : J’ai eu la chance de le connaître, c’est le privilège de l’age. Il m’a beaucoup apporté quand j’étais tout jeune et que j’étais dans la presse écrite. Un jour mon rédacteur en chef m’a envoyé faire un interview de Francis Blanche qui était une vedette, je l’avais entendu gamin à la radio il était dans « signé furax » alors j’étais content d’aller voir mon idole. Je suis parti avec un photographe pour cette rencontre et dans la voiture il me dit : ils ne t’ont pas fait de cadeau, c’est un type pas gentil qui n’aime pas les journalistes. C’est peut-être parce que l’on est deux petits gros mais on est devenu copain. J’étais aussi copain avec Jean Carmet et tous les trois on a fait quelques escapades. Je me suis souvenu de tout ça et j’ai fait un travail d’enquête à partir de récits de Francis Blanche et des témoignages de Jean Carmet à qui le livre doit beaucoup d’ailleurs, je lui ai dédié. J’ai aussi repris des souvenirs personnels et communs avec ce géant de la radio. Il est mort jeune en 1974 à 53 ans, je me dis qu’aujourd’hui je suis plus vieux que lui. J’aime beaucoup le canular, il en était un prince et en radio il m’a fait beaucoup rire notamment dans une émission comme « pas de panique » avec Patrice Blanc Francard. Nous avions réalisé un feuilleton, que nous lui avions dédié, il devait être fait en 1974 année de son décès. Ce programme radio s’appelait « panique sur le petit pain viennois »  comme « furax » il était réalisé au jour le jour.

 

Thierry : Claude Villers, tous les personnages sur lesquels vous avez écrits sont des « mythes », aujourd’hui vous écririez sur qui ?

 

-Claude : Je ne sais pas, un livre sur Ventura devait suivre celui sur Blanche. L’éditeur voulait que je fasse un livre sur Ventura, il était ancien catcheur comme moi…entre brut, n’est-ce pas ?… sa fille a écrit un livre super auquel je ne peux rien ajouter. Aussi, j’ai fréquenté Pierre Desproges et j’aurai pu écrire à son sujet mais il a beaucoup écrit lui- même et sa femme aussi.

Je suis sur d’autres projets de livre. C’est compliqué de faire un bouquin sur quelqu’un de vivant et il faut qu’un éditeur vous suive.

 

Thierry : Que pensez-vous de la presse people, par exemple la manière dont on a parlé de l’affaire Trintignant/Cantat ?

 

Claude : Question difficile…

 

Thierry : C’est une des dernières…

 

Claude : Vous savez, moi je pense qu’il n’y pas de questions indiscrètes, il n’y a que les réponses qui le sont. Je pense que la presse comme la télé court après le succès. Une société privé doit gagner des sous et donc faire en sorte de vendre des sujets qui attirent. Ca me fait plus de peine quand une télévision publique joue ce jeu et cette dérive. Quand j’entends effectivement Daniel Mermet sur France inter, il nous propose des programmes en dehors de ces dérives.

 

Thierry : Xavier Cantat, frère de Bertrand, vient de publier un livre ou il raconte le rapport entre les prises de position de certains journaux sur la mort de Marie Trintignant et leurs intérêts financiers dans le livre publier par la partie adverse. Ça pose question ?

 

Claude : Je pense que l’objectivité n’existe pas, j’en ai entendu parler durant toute ma carrière mais ça n’existe pas, par contre l’honnêteté oui. Je préfère avoir à faire à quelqu’un d’engagé mais honnête qu’à un faux cul. En plus le frère n’est pas objectif, mais je ne dis pas ça contre lui, il ne peut pas ou il serai un glaçon. Le fait que les journaux les chaînes de TV…appartiennent à des groupes ça fait parti de la globalisation, c’est une des vraies questions de société. Un journal, vous n’êtes pas obligé de l’acheter ou de regarder une chaîne de TV, il y a toujours écrie stop sur le poste. Je ne regarde pas trop la télé, je lie des livres. Aujourd’hui il y a deux gros éditeurs qui ont 80% de la production littéraire editis et hachette. C’est la mondialisation, la délocalisation et ce sont de vrais problèmes après que la princesse de Monaco divorce, franchement je m’en fou et ça ne change pas la face du monde. La mondialisation est un vrai enjeu. Je parle pour la culture. Il y a des dangers quand un monsieur qui vend des armes  possède un journal. Mon dernier livre est édité chez editis, ex presse de la cité qui aujourd’hui est contrôlé par le baron de Cellière. Si on m’avait dit que je serai édité chez De Cellière il y a 6 ans j’aurai crié au scandale. Chez hachette ce qui est terrible c’est qu’il contrôle pratiquement tous les points de vente, ils ont le contrôle sur la chaîne relais dans les gares et les aéroports. Vous ne trouverez pas autre chose que des livres de chez hachette.

 

Thierry : Vous habitez la région de Libourne…

 

Claude : J’habite entre Castillon la Bataille et Ste Foy le Grande.

 

Thierry : Il semble que vous appréciez cette région, vous vous investissez dans des projets locaux comme la bataille de Castillon , vous avez plaisir à vivre dans cette région ?

 

Claude : C’est comme mon travail, cette région est une passion aussi, je l’ai découverte il y a15 ans. Nous nous sommes installés là avec mon épouse, on est tombé amoureux de la maison, du lieu et du site. C’était d’abord une maison pour le week-end, avec une émission tous les  jours sur inter, je ne pouvais pas faire des allés retour tout le temps. Ces dernières années je suis passé à une hebdo dons je restais ici 5 jours par semaine. C’est mon domicile et la région ou je vie et c’est donc normal que je participe à la communauté. Heureusement qu’il y a toujours des bénévoles…

 

Thierry : merci.

 

  

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30 janvier 2008 3 30 /01 /janvier /2008 22:10

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Louis Chédid était l'invité de Thierry Buffetaud
sur Gold fm 103.3, dans le cadre du magazine "Sold"
en direct de la Salle du Champ de Foire
à St André de Cubzac
le vendredi 22 janvier 1999 entre 19h et 20h
juste avant son concert.

Gold : Vous êtes ce soir en concert à St André de Cubzac, il me semble que ce sont pour vous des moments importants,  vous "recevez" votre public ? 

L.Chédid :
Oui, c'est innérant à chaque artiste, mais je suis très content d'être en libournais, il est vrai qu'il y a une vraie
injustice dans le climat. Nous arrivons de Paris où il fait un froid de canard, ici il fait trop beau (rire) 

Gold : Vous connaissez St André de Cubzac ?
 
L.Chédid : Par ses bouchons célèbres sur la route... J'ai appris aussi sur internet que le Commandant "Cousteau" a été enterré ici.
 

Gold : Bravo,  bonne réponse ! Louis, un peu plus de 20 ans de carrière avec des débuts où le milieu du cinéma vous inspirait beaucoup !
 

L.Chédid : J'ai fait d'abord du cinéma, et parallèlement à ça j'écrivais des chansons chez moi. J'en ai présenté chez Barclay et ils m'ont permis de faire un premier disque. J'ai découvert le travail de chanteur en studio et sur scène.
 

Gold : Dans beaucoup de vos chansons on trouve des messages "sérieux" sans agressivité, de manière tranquille comme dans "t'as beau pas être beau"
 

L.Chédid : Je ne pensais pas en la faisant qu'elle disait tant de choses, j'ai toujours plaisir à la chanter. Comme le "Tcha tcha de l'insécurité" qui est une ancienne chanson très en prise avec notre réalité en 1999 C'est le  rôle des artistes d'être le miroir de la société, d'humer l'air du temps et de le retranscrire  en chanson ou en film. Cette chanson date de 1983, et on commençait à parler d'un sentiment d'insécurite.  Souvent la peur des gens est en décalage avec la réalité des évènements, il faut pas exagérer. J'aime dire les choses avec humour, cette chanson là est satyrique.
 

Gold : Quel regard vous portez sur l'actualité dans certains endroits quand elle porte sur une réelle insécurité ?
 

L.Chédid : Une chanson, c'est pas fait pour foutre les boules aux gens, c'est fait pour détendre, pour danser aussi.  Une chanson, ça doit être séduisant au départ, pour arriver à faire passer une idée. A la première écoute on ne comprend pas forcément le sens de la chanson.
 

Gold : Utiliser des mots sympas, des musiques entrainantes vous permet aussi "d'exorciser" le fond plutôt sérieux de certains de vos textes
 

L.Chédid : Si je souhaitais parler des choses d'une manière plus crue, je ferais du journalisme. Moi, je veux créer une émotion.
 

Gold : Vous êtes en tournée depuis juillet 1997, vous trouvez le temps d'écrire, de composer ?
 

L.Chédid : J'aime la scène, tout devient humain mais il est impossible pour moi d'écrire en tournée : pour ça il faut s'enfermer dans une bulle. La scène c'est la récompense du travail de l'artiste. 

Gold : Vos concerts sont aussi inter-actifs
 

L.Chédid : C'est mon coté oriental, j'aime le contact humain et dans mes spectacles on s'amuse, on discute, on danse : la scène c'est la vie.
 

Gold : Il y a aussi une intimité dans vos spectacles 

L.Chédid : Je préfère les petites salles pour communiquer, mes spectacles sont faits pour des petites salles.


Gold : Dans l'histoire de vos albums on peut noter une évolution : vous êtes passés de l'acoustique à l'électro-acoustique,  vers des arrangements électroniques, et puis vous faites un retour à l'acoustique 

L.Chédid : Je crois qu'il y a des phases dans la vie, il faut bouger et pas se figer ; j'aime me faire plaisir et mes choix sont en fonction de ça ! 


Gold : J'ai lu "chanteur engagé mais discret" : qu'est-ce que vous en pensez ?
 

L.Chédid : Je pense que si on veut s'engager vraiment on ne fait pas de chanson. On parle de ça, et je le sais, pour "Anne, ma soeur Anne" que j'ai écrit il y a longtemps, je la chante, elle est d'actualité : j'y parle de l'extrême droite comme étant une verrue, si c'est ça être engagé alors pourquoi pas.
 

Gold : Vous connaissez ce jeune artiste : "M" ?
 

L.Chédid : C'est mon fils, il est sympa et en plus il a un talent énorme dans beaucoup de domaine. Son album est magnifique.

Je suis fan.

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28 janvier 2008 1 28 /01 /janvier /2008 22:18
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DIDIER, CHANTEUR DU GROUPE “LES WAMPAS” ETAIT L’INVITE DE THIERRY
BUFFETAUD LE VENDREDI 10 OCTOBRE  2003 A 19H. C’EST DANS LE CADRE
DU MAGAZINE D’INFOS CULTURELLES « SOLD FM » QUE LE CHANTEUR ETAIT
REÇU SUR GOLD FM. CE GROUPE PUNK-ROCK PRESENT SUR LES SCENES
DEPUIS 1982 A TOUJOURS ETAIT APPRECIE PAR LE MILIEU DE LA
POP MUSIQUE FRANÇAISE. LE SINGLE « MANU CHAO », EXTRAIT DE LEUR
DERNIER ET NEUVIEME ALBUM A EU UN IMPORTANT SUCCES SUR
LA BANDE FM DURANT L’ETE 2003.
DIDIER EST CONNU POUR ETRE « UNE BETE DE SCENE ». 

-THIERRY BUFFETAUD : « LES WAMPAS » TOURNENT DEPUIS 20 ANS DANS DES LIEUX ROCK, AVEC LE TITRE  « MANU CHAO » UN NOUVEAU PUBLIC VOUS A DECOUVERT. EST-CE  QUE CE NOUVEAU SUCCES SATISFAIT  VOTRE COTE « UNDERGROUND » ? 

-DIDIER WAMPAS : ON NE PEUT PAS DIRE QUE C’EST PAS BON, ON NE VA PAS SE PLAINDRE. EN MEME TEMPS NOUS  NE FAISONS PAS DE LA MUSIQUE DANS LE BUT D’AVOIR CE SUCCES. QUAND J’AVAIS 15 ANS, C’ETAIT MON REVE QUE DE FAIRE DU ROCK DANS UN GROUPE, DONC JE SUIS DEJA SATISFAIT. MAINTENANT SI CE
TITRE MARCHE TANT MIEUX. C’EST PAS MAUVAIS POUR NOUS, AU CONTRAIRE.
 

-TB : 20 ANS DE SCENE, CERTAINS DISENT : LE ROCK C’EST BON POUR LES ADOS UN PEU REVOLTE. VOUS AVEZ CERTAINEMENT PLUS DE 17 ANS, LE ROCK POUR VOUS CE N’EST PAS QUE POUR LES ADOS ? 

DW : OH NON, ÇA NE VEUT RIEN DIRE. AUJOURD’HUI C’EST PLUTOT LE RAP QUI EST UTILISE POUR CETTE REVOLTE.  LE ROCK DEVIENT COMME LE JAZZ UNE MUSIQUE UN PEU ABSTRAITE, IL FAUT AVOIR UNE CERTAINE CULTURE AUJOURD’HUI POUR EN ECOUTER. 
LES GAMINS QUI N’ONT PAS DE GRAND FRERE NE LE CONNAISSENT PAS. POUR MOI C’EST JUSTE UN MOYEN
D’EXPRESSION, QUAND J’AURAI 80 ANS J’EN FERAI ENCORE. 

TB : VOUS VENEZ DONC DE SORTIR VOTRE NEUVIEME ALBUM QUI MARCHE BIEN, VOUS FAITES UNE TOURNEE INTERMINABLE.
QU’EST-CE QUI (AU BOUT DE 20 ANS) VOUS MOTIVE ENCORE ? 

DW : C’EST LE MODE D’EXPRESSION QU’EST LE ROCK, J’AI ENVIE DE VIVRE EN M’EXPRIMANT. JE NE VAIS PAS ME METTRE A ECRIRE DES LIVRES OU A FAIRE DU CINEMA, JE NE SERAI PAS NATUREL COMME JE LE SUIS AVEC MA MUSIQUE. 

TB : LA SCENE C’EST VRAIMENT LE TRUC DES WAMPAS, CHAQUE CONCERT EST DIFFERENT. VOUS INVITEZ CEUX QUI VIENNENT VOUS VOIR A PORTER DES COSTUMES A L’ENTREE DE LA SALLE ET VOUS LES UTILISEZ COMME TENUE ! 

DW : LA SCENE, C’EST PAS SI EVIDENT QU’ON NE PEUT LE PENSER. TOUS LES SOIRS QUAND JE MONTE  SUR SCENE C’EST PAS GAGNE D’AVANCE. C’EST POUR ÇA QUE C’EST DIFFERENT TOUS LES SOIRS. JE ME POSE TOUJOURS DES QUESTIONS AU BOUT
DE  20 ANS.  POUR LES FRINGUES, J’AIME BIEN CHANGER. DEMANDER AU GENS DE M’HABILLER C’EST NOUVEAU A CHAQUE FOIS ET ÇA AIDE. 

TB : VOUS ETES A LIBOURNE EN CONCERT DANS LE CADRE D’UNE FETE DE LA JEUNESSE, EN PREMIERE PARTIE UN GROUPE DE JEUNES LIBOURNAIS VA SE PRODUIRE : LES SKALUMES D’LA PAIX . ILS ONT ENTRE 18 ET 22 ANS, POUVEZ-VOUS LES CONSEILLER ?
 

DW : JE NE PEUX RIEN LEUR CONSEILLER ET SURTOUT DE NE PAS VOULOIR FAIRE UNE CARRIERE. TOUS LES GROUPES ESSAIENT DE FAIRE CARRIERE ET ILS ARRETENT TOUS, ÇA NE MARCHE PAS. MOI, J’AI TOUJOURS TRAVAILLE A COTE ET JE CONTINUE, JE N’AI PAS ENVIE D’EN FAIRE MON METIER PARCE-QUE CE N’EST PAS UN METIER. QUAND C’EST UN BOULOT TU EN AS BESOIN POUR GAGNER TA VIE, PAYER TON LOYER ET J’AI PAS ENVIE D’EN ARRIVER LA. J’AI PAS ENVIE DE ME DIRE IL FAUT FAIRE TANT DE CONCERTS OU PRODUIRE OBLIGATOIREMENT UN DISQUE POUR POUVOIR PAYER MON LOYER, JE VEUX ETRE LIBRE. J’AI DONC PAS DE CONSEIL A LEUR DONNER.
 

TB : IL EST VRAI QUE VOUS NOUS RENVOYEZ DANS VOTRE DISCOURS UNE IMAGE DIFFERENTE QUE CERTAINS MEDIAS NOUS DONNENT SUR LES ROCKERS. VOUS ETES DANS LA VIE QUELQU’UN QUI A LES PIEDS SUR TERRE, VOUS TRAVAILLEZ A COTE,
AVEC POURTANT A VOTRE ACTIF UNE CARRIERE INTERESSANTE FAITE DE 9 ALBUMS ET DE NOMBREUSES TOURNEES. CE CHOIX C’EST UNE STRATEGIE OU UNE FAÇON D’ETRE NATURELLE CHEZ VOUS ?
 

DW : AU DEPART, JE N’AVAIS PAS LE CHOIX, QUAND J’AI COMMENCE LE GROUPE. AUSSI MON CHOI MUSICAL NE ME PERMETTAIT PAS DE PENSER QUE JE POURRAIS EN VIVRE UN JOUR. JE SAVAIS QUE CE QUE JE VOULAIS FAIRE NE PLAIRAIT PAS A BEAUCOUP
DE MONDE. SURTOUT A L’EPOQUE OU L’ON A COMMENCE, IL N’Y AVAIT PAS DE MARCHE POUR LE ROCK. AUJOURD’HUI OU JE POURRAIS ETRE INTERMITTENT JE N’AI PAS ENVIE DE L’ETRE. JE ME RENDS COMPTE QUE C’EST MIEUX COMME ÇA.
 

TB : VOUS PENSEZ QU’ETRE ARTISTE C’EST RESTER EN DEHORS DES SYSTEMES ? VOUS PRESERVEZ VOTRE COTE « UNDERGROUND » ? 

DW : C’EST SURTOUT LA LIBERTE, A PARTIR DU MOMENT OU TU AS BESOIN DE ÇA POUR MANGER TU N’ES PLUS LIBRE. TU ES LIE PAR L’ARGENT TOUT SIMPLEMENT, SI TU NE FAIS PAS TES 70 CONCERTS DANS L’ANNEE, TU NE MANGES PAS. JE NE VEUX PAS EN ARRIVER LA. SI JE VEUX SORTIR UN PROCHAIN CD DANS 5 ANS, JE M’EN FOU, JE VEUX
ETRE LIBRE. 

TB : LE TITRE SUR « MANU CHAO » N’EST PAS ANODIN, TU DISAIS DANS UN INTERVEW SUR LUI QU’IL ATTAQUE UN SYSTEME DANS SES CHANSONS DANS LEQUEL IL EST TRES A L’AISE. 

DW : CELA NE ME DERANGE PAS DU TOUT QUE DES GENS COMME MANU OU LES NOIRS DESIRS, QUOI QUE SUR EUX ON NE PEUT PAS  DIRE DU MAL EN CE MOMENT, GAGNENT PLEIN D’ARGENT MAIS C’EST UN PEU AMBIGU. ON PEUT CRITIQUER LES MAJORS ET VENDRE SES DISQUES 130 FRS CHEZ CARREFOUR, C’EST BIZARD. SI ON EST CONTRE LA
SOCIETE  DE CONSOMMATION ET CONTRE TOUT ÇA , ON FAIT SES DISQUES AUTO-PRODUITS ET ON LES VEND SOI MEME.
 

TB : VOUS DITES ETRE QUELQU’UN "DE GAUCHE", ET QUAND J’ENTENDS VOS PROPOS JE PENSE QUE C’EST VRAI! VOUS ETES RESTE HUMBLE, SIMPLE, PROCHE DES AUTRES ? J’IMAGINE QUE VOTRE TRAVAIL A LA RATP VOUS PERMET DE CROISER CEUX QUI VIVENT AU QUOTIDIEN DANS CETTE FRANCE DITE D’EN BAS. VOUS PRODUISEZ UN ROCK QUI PREND SES SOURCES ET SES RACINES DANS LA VRAIE VIE ? 

DW : OUI, ET ÇA ME PERMET DE ME LACHER COMPLETEMENT SUR SCENE, D’ETRE MOINS MEGALO PARCE-QUE QUAND LE LENDEMAIN MATIN JE VAIS EMBAUCHER ÇA ME REMET LES IDEES EN PLACE. JE SUIS DE GAUCHE COMME MES PARENTS QUI ETAIENT COMMUNISTES. POUR MOI ETRE DE GAUCHE CE N’EST PAS SUIVRE DES IDEES AVEUGLEMENT. SUR LA QUESTION DES INTERMITTENTS JE N’AI PAS LE MEME DISCOURS QUE LES AUTRES. J’AI ENTENDU DES ARTISTES DIRE QU’IL S’EN FOUTENT DES INTERMITTENTS, MAIS QU’ILS SONT OBLIGES DE DIRE UN TRUC SUR SCENE. QUAND TU LES ENTENDS ILS SOUTIENNENT LE MOUVEMENT MAIS ILS NE DISENT PAS LA MEME CHOSE A COTE.
 

TB : VOTRE DERNIER ALBUM DONNE L’IMPRESSION D’ETRE PLUS TRAVAILLE QUE LES AUTRES, C’EST CELUI DE LA MATURITE ?
 

DW : NOUS AVONS ECRIT PLUS DE CHANSONS ET NOUS AVONS GARDE LES MEILLEURS. L’ALBUM DE LA MATURITE, JE NE PENSE PAS. C’EST UNE HISTOIRE DE HAZARD. NOUS, ON NE SE DIT PAS AU DEPART QUE L’ON VA FAIRE UN DISQUE COMME SI OU COMME ÇA, ON FAIT LES MEILLEURS CHANSONS QUE L’ON ENREGISTRE LE MIEUX POSSIBLE.
 

TB : TU PRODUITS UN ROCK DUR, VOIR PUNK ROCK ET EN MEME TEMPS TU ECOUTES CHARLES TRENET ET DE LA MUSIQUE CLASSIQUE. 

DW : OUI ! CHEZ MOI JE N’ECOUTE QUE DE LA MUSIQUE CLASSIQUE. LE ROCK’N ROLL C’EST LA PREMIERE CHOSE QUI ME PARLAIT VRAIMENT. A L’ECOLE LA LITTERATURE , LA POESIE COMME ON ME LE PRESENTAIT NE M’INTERESSAIT PAS. C’EST LE ROCK QUI M’A
DONNE UN BUT DANS LA VIE. MEME SI J’ECOUTE DU CLASSIQUE QUAND JE PRENDS MA GUITARE JE VEUX FAIRE DU ROCK. LE RESTE ME NOURRIE, COMME LE CINEMA, LES JOURNAUX… CERTAINS DECOUVRENT LE ROCK A 20 ANS, APRES IL DECOUVRE TRENET OU D’AUTRES ET IL SE METTENT A COMPOSER DE LA CHANSON FRANÇAISE MAIS CE N’EST PAS MON CAS. C’EST UNE MUSIQUE NATURELLE POUR MOI.
 

TB : TOUS CES GROUPES « UNDERGROUND » DES ANNEES 80 QUE SEULS DES INITIES ALLAIENT VOIR DANS DES CAVES SEMBLENT DEVENIR POUR UNE JEUNESSE PORTEURS D’IDEES IMPORTANTES. VOTRE GROUPE, NOIR DESIR… VOUS ETES RECONNUS PAR VOS
ENFANTS EN QUELQUE SORTE, VOUS POURRIEZ ETRE LEUR PERE ?
 

DW : OUI, C’EST VRAI. TOUS LES GROUPES SE REFORMENT. LES BERRURIERS NOIRS AUSSI PAR EXEMPLE. TANT MIEUX !
 

TB : EST-CE QUE LE ROCK A ENCORE DE LONGUES ANNEES DEVANT LUI ?
 

DW : JE M’EN FOU, MOI JE CONTINUERAI A FAIRE MA MUSIQUE. IL SE TROUVE QUE C’EST DU ROCK. JE TE PARLE EN FRANÇAIS PARCE-QUE JE NE CONNAIS QUE CETTE LANGUE. C’EST AVEC CETTE MUSIQUE QUE JE SAIS M’EXPRIMER.
 

TB : PENDANT CETTE LONGUE TOURNEE TU DEMANDES AUX ORGANISATEURS DE METTRE UN VTT A TA DISPOSITION PRET DES LOGES.
 

DW : C’EST L’HORREUR QUAND TU ATTENDS TOUT L’APRES MIDI LES BALANCES. JE PEUX PAS RESTER A ATTENDRE SINON LE SOIR J’AI PLUS RIEN A DIRE. JE PRENDS UN VELO ET JE VAIS ME PROMENER  DANS LA VILLE, VOIR LES GENS. JE NE TRAVAILLE PAS LUNDI
PARCE QUE J’AI POSE 2 MOIS DE CONGES SANS SOLDE POUR FINIR LA TOURNEE. D’HABITUDE JE VAIS AU BOULOT LE LUNDI, OU LE SAMEDI MATIN AVANT UN CONCERT EN SOIREE.
 

ET TES COLLEGUES DU BOULOT, ILS VOIENT ÇA COMMENT ?

DW : JUSQUE LA C’ETAIT ABSTRAIT POUR EUX, MANTENANT QU’IL Y A DES TITRES A LA TELE C’EST BIZARD POUR CERTAINS. LES RELATIONS SONT MOINS SAINES AVEC D'AUTRES…

TB : DIDIER WAMPAS MERCI.
 
 

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28 janvier 2008 1 28 /01 /janvier /2008 21:56
La très belle Laetitia Casta était l'invitée de Thierry Buffetaud sur Gold fm 103.3
dans le cadre du tournage du téléfilm "La bicyclette bleue" réalisé en libournais,
adaptation du roman bien connu du même nom, dont l'action se passe pendant la
première guerre mondiale en France. Laeticia était sur Gold Fm le vendredi 8 octobre 1999 entre 19h et 20h pour parler de la région libournaise, du tournage de ce film, de Marianne, et de sa carrière, en toute simplicité à l'image de cette bien belle jeune fille.

Extraits de l'interview :

Thierry Buffetaud : Vous êtes en fin de tournage du téléfilm "La bicyclette bleue" pour France 2 en pleine région libournaise, qu'avez-vous pensé de la région ? 

Laetitia Casta : Elle est sublime ; il y a en particulier plein de beaux petits villages, surtout Saint-Emilion. Avec toutes ces vignes et les couleurs propres à cette région , c'est vraiment magnifique. La lumière est extraordinaire ici.
 

Thierry Buffetaud   Comment avez-vous fait le choix de tourner dans un téléfilm (3 fois 1h30) ?
 

Laetitia Casta : C'est un choix volontaire car j'aime beaucoup ce rôle. C'est assez dramatique et en même temps c'est  une femme qui avance dans la vie, avec la guerre. Ce n'est pas pour moi une histoire de faire du cinéma ou de la télévision,  c'est uniquement le rôle qui vient bien sûr d'un grand roman que tout le monde connait et que j'ai aimé interpréter.
 

Thierry Buffetaud : Quelle a été votre réaction lorsque vous avez appris que vous étiez la nouvelle Marianne, symbole de la république française ?
 

Laetitia Casta : Je suis arrivée sur le tournage avec des bouteilles de champagne, j'ai arrosé tout le monde !  Ca m'encourage, je suis très fière d'être Marianne. Moi en tant que française je trouve que cela représente une image de la femme libre non seulement en France mais aussi à l'étranger. C'est une image de la femme libre, indépendante et intègre. Ca me plaît.
 

Thierry Buffetaud : Vous avez l'impression d'appartenir symboliquement à tous les français ?
 

Laetitia Casta : Déjà dans mon coeur et non seulement à l'état civil je suis française et il me plaît de le partager avec tout le monde. Je remercie les élus qui ont voté pour moi.
 

Thierry Buffetaud : Etes-vous à l'aise dans cette fonction de comédienne ?
 

Laetitia Casta : Vous savez, moi je  vis au jour le jour ! C'est une expérience qui m'est offerte et qui est venue comme çà.  Après on verra.
 

Thierry Buffetaud : Et la chanson, çà vous tente ?
 

Laetitia Casta : Non ! (rires), j'ai déjà assez d'activités comme çà ! Tout se qui se passe actuellement pour moi, c'est déjà pas mal !
 

Thierry Buffetaud : Merci Laeticia, un résumé (ndlr : que vous lisez actuellement) de cette interview sera retranscris sur le site internet de gold fm, l'internet où vous êtes déjà présente ?
 

Laetitia Casta : Oui effectivement, j'en suis d'ailleurs très honorée.
 

Thierry Buffetaud : Laeticia, vous revenez quand vous voulez dans la région ! A très bientôt !
 

Laetitia Casta : Effectivement je reviendrai, vous êtes tellement bien ici ! Et salut à tous les internautes !

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27 janvier 2008 7 27 /01 /janvier /2008 23:25

yuri.jpgL'artiste Colombien était à Libourne pour un concert salle du Liburnia le soir même. Il a reçu notre équipe dans sa loge à quelques minutes de son entrée sur scène. 

 

Thierry  Buffetaud: Dans quel état d'esprit es-tu à quelques minutes de ton entrée en scène?
(après avoir informé Yuri que la salle serait comble pour son spectacle et que les organisateurs ont fait démonter des
sièges pour faire entrer tout le monde.)

Yuri Buenaventura: Ce théatre est trés beau, le bois du plancher a l'air d'avoir porté beaucoup d'artistes, la scène et les coulisses portent la vie. Quelqu'un m'a expliqué que pendant l'invasion des Allemands, le théâtre de Bordeaux était occupé et les comédiens venaient ici, je ne reste pas indifférent à cette histoire. Quand on rentre dans cette salle on sent beaucoup d'amour, elle me remplit de sensations , je regrette un peu qu'ils aient enlevé des fauteuils, cela défigurele théatre. Bon si ça permet aux gens de danser je m'y ferai? (rires...)

Thierry: Tu as parcourru un long chemin depuis 1988, époque où tu chantais dans des clubs Salsa de Paris?

Yuri: Ce chemin n'a pas été dur, on a l'impression que parce-que je jouais dans des lieux enfumés ou que je faisais la manche dans le métro pour pouvoir survivre que c'était dur mais j'ai parcourru cette route avec foi et avec conviction de l'amour à l'humain, c'est plutôt un beau parcours. En dehors de ça, ce sont des dates historiques pour moi et qui ont aucune importance, j'ai chanté avec machin ou un autre, c'est la vie et rien de plus. J'ai envie de vous dire que c'est un chemin beau par la générosité du public, beau pour les lieux que l'on visite et  les rencontres.

Thierry: Tu dis que la Salsa c'est autre chose que des cartes postales avec des palmiers et des filles sur les plages, alors c¹est quoi la Salsa Yuri?

Yuri: La Salsa c'est le mélange, le brassage et la lumière pas le soleil, parce que la lumière on peut la voir dans une journée grise. Je viens de la région la plus pluvieuse au monde, il peut pleuvoir un mois sans arrêt et pourtant nous sommes trés chaleureux. Je pense que la Salsa est cette lumière qui peut vivre en nous, même si on se trouve dans une prison, même si on vie dans la pauvreté ou la guerre. Dans mon pays il y a une guerre interne, une révolution, il y a beaucoup d'affrontements armés mais il reste la lumière.

Thierry: Ton dernier album (le second) "yo soy" parle principalement de l'être humain et naturel, c'est undisque d'un homme de combats?

Yuri: "yo soy", c'est "je suis" une réalité et non des statistiques.

Thierry: Dans ton pays où il y a beaucoup de pauvres, tu dois être un symbole de réussite? (la Colombie.)

Yuri: Notre pays est trés riche, il est exportateur de pétrole, de café... nous avons 80 nationalités, elles sont richesmais ont été trahis par notre leader qui les a mis à genoux. Mon message à moi n'est qu'amour c'est pas un vrai combat. Dans le milieu des musiciens on a donné un prix à notre travail, j'ai appris cette nouvelle au téléphone il y a3 jours. Quand ta propre nation te donne son aval cela rend ton travail légitime. En même temps on représente une avant garde de la Salsa en Europe, c¹est un petit passage. Mon travail restera un petit moment dans une histoire humaine et musicale, il y a des relais.

Thierry: Yuri tu es conscient que tu nous ouvres à la musique de ton pays et en même temps tu ouvres cette musique à d'autres cultures, je peux citer comme exemple la chanson avec Faudel qui mélangela Salsa et le Raï.

Yuri: C'est l'esprit de la salsa. Je fais que m'habiller de Salsa, je suis au début de ma carrière, je ne suis qu'à mon deuxième album. C'est comme si je montais des marches vers un chemin je suis à la deuxième marche. Un jour j'ai rencontré un grand musicien de Salsa pour lui demander conseil il m'a dit: n¹oublies pas à quel niveau musical tu es et restes à ta place. Je n'en suis qu'à mes débuts.

Thierry: Ils sont prometteurs, Je sais qu'un de tes rêves est de rencontrer Charles Aznavour, C'est fait?

Yuri: C'est toujours à faire, je le connais depuis mon enfance, en écoutant son oeuvre je sens que je le  connais,lui ne me connait pas !  J'ai découvert il y a peu de temps Henri Salvadore avec : "Cendrillon...(Yuri chante)...et unechanson douce que me chantait ma maman..." c'est trés jolie. Dans son dernier album une chanson trés belle dit :"un tour de manège de toi et moi avant qu¹il neige, de phares de lumière...".

Thierry: Tu as, dans ton premier album, enregistré une reprise façon "Salsa" de l'intouchable chansonde Brel: "Ne me quittes pas", je n'ai trouvé aucune critique négative sur cette version, il en existe?

Yuri: Il y a un journaliste qui travaille pour un journal de Paris qui a dit des choses trés désagréables sur moi.Il ne me connait pas, il ne peut pas dire du mal de moi.  Il a dit du mal sur mon travail, il ne connait pas mon coeur,il ne sait pas ce que je sens et parce qu'il a le droit d'écrire sur une feuille de journal il peut se permettre de dire deschoses du haut de sa tour de journaliste. Je ne l'ai jamais vu mais il se permet de dire des choses sans vérifier,c'est la seule fois que ça m'est arrivé dans ma vie alors j'ai envie de parler avec lui.

Thierry: ça te fait mal mais c¹est certainement pas la dernière fois?
Yuri: oui, mais si il n'aime pas mon travail il doit faire une recherche auprès de moi. je suis certain qu'il ne connaitpas la Salsa de la manière dont il en parle. Je sais que ses critères sont mal fondés et ça me fait mal de voir quel'on peut dire des mensonges comme des vérités. Bon, ça m'encourage à travailler mais ça me rend triste pour lui.

Thierry: Yuri quels sont tes projets?

Yuri: Nous travaillons dans un studio qui appartient à notre chef d'orchestre, on y préparre des maquettes dutroisième album que je veux plus ouvert à des sons nouveaux avec une section des basses plus large, utiliserdes flutes... Aussi, j'ai rencontré Ismaèlo, un chanteur africain (Yuri chante: africa...) il a un studio au Sénégalet j'ai envie d'aller enregistrer chez lui.

Thierry: La troisième marche est en construction mais je crois savoir que tu aimes prendre du temps pour toi, comme quand tu vas voir les baleines (qui a une époque de l¹année vienne dans la baie de buenaventura).

Yuri: Cette année je n'ai pas pu y aller mais je vais à côté de Panama à Porto Buelo où je peux décrocher.En ce qui concerne les baleines, elles viennent dans la baie pour accoucher depuis l'Antartique, elles font 8000kilomètres et sont là entre août et novembre.

Thierry: Yuri merci de nous avoir reçu dans ta loge avant ce concert à Libourne, une dernière chose,lorsque tu es sur scène quelle est la chose la plus importante que tu souhaites dire à ton public?

Yuri: de ne pas avoir peur de nous, être humain et de se rencontrer sans crainte.

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24 janvier 2008 4 24 /01 /janvier /2008 22:32
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Le 1er avril 2005 dans Sold FM sur Gold FM, il nous parle du tremplin rock de Libourne, de la sortie d’un nouvel album le 11 avril 2005 « les choses qui dérangent » …

 

-Thierry Buffetaud : Vous êtes les invités du tremplin rock de Libourne avec 5 groupes en compétition, cette invitation vous fait-elle plaisir ?

 

-Reuno : C’est toujours intéressant de voir ce qu’il se passe au niveau de la musique rock, ces jeunes représentent l’avenir de la musique. En ce qui concerne notre groupe, nous avons toujours perdu les tremplins, par contre, il y a des groupes qui gagnaient dont on parle plus depuis longtemps. Je tiens à dire aux groupes participants que le résultat n’est pas important. On a jamais vu la musique comme une compétition, le principal est de jouer en public. C’est bien de voir ce qui se fait dans les « caves » aujourd’hui.

 

-Thierry Buffetaud : Les jeunes groupes ont apprécié votre présence et surtout votre disponibilité pour les conseiller.

 

-Reuno : C’est notre façon d’être, il n’y a pas a en faire un point d’honneur. Ce n'est pas parce-que l'on a 15 ans d’expériences et 5 albums derrière nous que l’on doit se la raconter. Je suis souvent sollicité en tant que chanteur pour participer à des projets et je peux y apprendre beaucoup et partager leur énergie. Il n’y a pas de hiérarchie en musique, nous sommes des gens comme les autres.

 

-Thierry Buffetaud : Vous acceptez tout de même l’idée que Phil et Reuno des LOFOFORA sont des références dans le milieu rock ?

 

-Reuno : à force de se l’entendre dire nous allons finir par le croire.

 

-Thierry Buffetaud : L’ambiance rock de vos débuts, il y a 15 ans, étaient-elles la même que vous avez trouvé dans ce tremplin aujourd’hui ?

 

-Reuno : oui, certainement, je pense qu’ils sont aussi désintéressés qu’on ne l’est encore pas mal. C’est la scène qui a changé. De nos jours c’est plus difficile pour un jeune groupe d’exister. Nous sommes un groupe parisien à la base et à l’époque il y avait beaucoup de lieu où c’était facile de s’incruster et de faire un concert sans remmener de l’argent à la maison. Tu pouvais faire 2 ou 3 concerts dans le week-end mais ça ne t’avait pas coûté un rond et maintenant c’est plus difficile d’exister par ce biais de la route. C’est difficile et il y a des groupes qui pensent que tout va se faire facilement.

 

-Thierry Buffetaud : Didier, chanteur des Wampas, disait sur notre antenne que le rock fait parti de l’histoire comme le jazz et qu’il n’est plus la musique de la révolte. Vous en pensez quoi ?

 

-Reuno : Je pense que le jazz peut être aussi révolutionnaire aujourd’hui, que le rap ne l’est pas en ce moment. Par contre le rock le re devient de nos jours. Il reste un bon paqué d’énervés qui sortent des albums avec zéro single pour la radio. Ils font la musique par plaisir avant tout, c’est çà le rock avant tout. Il est important de s’exprimer avec liberté, certains le font toujours. Une partie a été récupéré comme dans tous les mouvements.

 

-Thierry Buffetaud : Votre groupe LOFOFORA   existe depuis 15 ans maintenant sans être très présent dans les gros médias, c’est quoi le secret de ces groupes qui jouent une carte « underground » et s’assure un certain succès ?

 

Reuno : Depuis quelques années ce qui supplante tout c’est la sincérité avec laquelle on fait notre musique. Les gens se rendent compte quand ils viennent nous voir en concert qu’on se fait plaisir. Tu vois par toi-même l’ambiance ce soir dans notre loge. Tu n'as pas l’impression que nous sommes à une heure de nous mettre au boulot et pourtant tout est réglé, chacun sait ce qu’il a à faire. Nous partageons ce plaisir entre nous et avec le public. Le public nous suie avec cet esprit, aussi depuis ces 5 dernières années les plus jeunes viennent de plus en plus.

Nous représentons un peu les tontons vu notre age, aussi nous l’assumons sans problème.

 

Thierry Buffetaud : Un nouvel album à venir et une grande tournée bientôt. C’est un peu une avant-première pour Libourne ce concert ?

 

Reuno : Complètement, on prend le risque de jouer en première partie les morceaux du cd qui sortira le 11 avril, on souffle un peu et on joue 45 minutes d’anciens titres. On a envi de se mettre un peu en danger en jouant tous ces nouveaux titres avec un vrai esprit rock’n roll.

 

Thierry Buffetaud : Et ce nouvel album ?

 

Reuno : Il sort en avril et s ‘appelle « les choses qui nous dérangent » c’est le disque le plus hargneux que l’on ai fait et le moins métal finalement.

 

Thierry Buffetaud : Qu’elles sont « les choses qui vous dérangent » à vous LOFOFORA ?

 

Reuno : Le titre de l’album est à double tranchant, ce n’est pas une énumération de ce qui nous dérange, c’est un titre qui pose la question de ce qui nous dérange et pour quelle raison. Ce qui me dérange aujourd’hui, je vais faire mon éternel rebelle à 2 balles, c’est la politique sociale aujourd’hui en France, la manière dont on nous fait avaler une dragée de plus en plus grosse et poivrée. La pensée unique m’emmerde terriblement en faite.

 

Thierry Buffetaud : Merci

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21 janvier 2008 1 21 /01 /janvier /2008 23:22

hossein.jpgRobert Hossein  Cet entretien, enregistré le 26 janvier 2002 dans une loge de la salle du Liburnia à Libourne a été réalisé à l’occasion d’une représentation de « Huis Clos » de Jean Paul Sartre, pièce de théâtre mise en scène et interprétée par l’artiste.

Thierry Buffetaud : Vous venez jouer la pièce de Jean Paul Sartre « Huis Clos », c’est parce que vous trouvez qu’elle est toujours d’actualité que vous l’avez choisi ?

Robert Hossein : Oui, c’est une pièce intemporelle, elle est d’hier, d’aujourd’hui et de demain. Elle est d’une brûlante
actualité, d’ailleurs nous l’avons monté dans le respect absolu du texte de Sartre, c’est une de ses œuvres qui n’a pas vieilli. C’est le texte d’un visionnaire à qui on a donné un ton contemporain, aujourd’hui vous passez par la porte ou par la fenêtre pour aller dans la rue et vous êtes en enfer. Le public s’y retrouve, c’est un affrontement violent que nous rythmons plus qu’il ne l’était à sa création et nous le rendons moins intello.

T B : Vous jouez donc le rôle principal ?


R H : Oui, enfin nous sommes trois, voir quatre. Il y a le valet qui a une scène et ensuite nous sommes livrés à nous
mêmes entre les deux femmes et votre humble serviteur.

T B : « L’enfer c’est les autres », c’est l’idée qui porte ce spectacle, est-ce que pour vous Robert Hossein qui êtes un personnage à part dans le milieu artistique, vous qui êtes si différent dans la façon de créer, le milieu du spectacle est-il l’enfer pour vous ?

R B : Bien que je sois très croyant, je suis peut être issu de l’enfer. Sartre ne dit pas ça, il dit que ce qui est un enfer
en disant les autres, c’est que personne en ayant des aspirations ne peut vraiment parvenir à ses ambitions parce-qu’il a tout le temps le sentiment d’être sous le regard des autres. Nous ne pouvons rien faire sans prendre en compte le regard des autres et nous ne vivons donc pas la vie que nous devrions vivre car nous sommes influencés par ces regards.

T B : Vous êtes depuis quelques mois directeur du théâtre Marigny à Paris, en êtes vous satisfait ?


R H : J’ai été directeur à Reims pendant dix ans au théâtre populaire que nous avons créé avec mes camarades, on y a
fait une école et c’était vraiment chouette. Maintenant je gère un théâtre privé le tout est d’équilibré le budget, moi je n parle pas de gagner de l’argent, ça ne veut rien dire dans le théâtre. Quand je monte des gros spectacles au palais des sports c’est comme jouer au poker, ça marche et on gagne ou on perd en tous les cas c’est brutal dans les deux sens.

T B : « Huis Clos » à côté des grandes productions comme « De Gaulle » c’est plus intimiste ? Une petite scène, peu de décor,  peu de comédien.

R B : Il y a trois divans, mais vous savez, il faut autant de temps pour répéter, c’est aussi intense que les autres spectacles voir plus car dans celui-ci je joue. Actuellement je travaille sur « Bonaparte » et comme je ne joue pas dedans, je ferai travailler les cent acteurs, il se jouera dans une salle de quatre milles places.

T B : Il ne faut pas oublier l’originalité de vos spectacles où même le public peut participer,
c’était l’interactif  avant l’heure.

R H : Nous avons, mes camarades et moi fait beaucoup de choses ensemble et si le génie c’est dix-huit heures de travail par jour le talent c’est d’en trouver aux autres. Je peux vous dire qu'en effet nous sommes les précurseurs de tout ce qu’il se passe en termes d’interactivité dans les salles. Nous avions mis en place des systèmes de vote du public, j’ai utilisé les images et les films pour des spectacles vivants.

T B : Quel regard vous portez sur…

R H : L’humanité…

T B : Peut-être pas, il vous faudrait la nuit pour çà.

R H : J’ai beaucoup de chose à écouter, à apprendre et à entendre aussi je me rends compte que j’ai toujours plein de choses à apprendre. Je peux simplement dire qu'à Mandrin on avait éliminé son supplice, moi je peux vous dire que si on continue comme ça les journées seront rudes. On a un peu l’impression que, même si je ne veux pas être moraliste et même si je ne fais parti d’aucun parti politique, les temps vont devenir très durs. Je porte un jugement sévère sur moi et je me permets de faire quelques réserves sur le comportement des autres. J’ai des regrets parce que je pense que la vie vaut la peine d’être vécu et en tant que croyant je trouve que c’est dommage de passer à côté des plus belles histoires d’amour. Je dois dire que nous n'avons, hélas, pas résolu les problèmes dans le monde. Nous sommes dans un monde de gestionnaires et je ne vois plus de visionnaire. Le visionnaire est synonyme d’espérance et l’humanité meurt à cause d’un manque de considération. Les technologies qui devaient améliorer les conditions de vie de l’homme le font vivre dans la crainte du chômage. Je crois que nous ne connaissons plus le partage, il faut une prise de conscience universelle ou alors nous allons entrer dans les possibilités de penser qu'en dehors de UNICEF, Médecins sans frontière, Amnisty, le secours catholique et le secours populaire l’homme est arrivé à un seuil de compétence. Il ne faut pas raconter de salade aux jeunes, on sait tout : il faut changer l’homme. Il faut changer les ambitions de ceux qui ont la prétention de nous guider ou en attendre de nouveau mais actuellement nous sommes "mal barrés". Alors les gens descendent dans la rue et brûlent les voitures, moi je n’accepte pas la violence mais je veux la comprendre.

T B : Quand vous dîtes, et c’est fréquent, je suis croyant, c’est parce que vous pensez que c’est une piste à suivrepour faire en sorte que le monde s’améliore ?

R H : Vous êtes sympathique et je vous aime bien mais dire ça c’est une connerie. Moi je connais des gens totalement incroyants qui ont une manière de se comporter et c’est une démarche du cœur, c’est pas simplement une réflexion cérébrale et moi je me fou du premier s'il n’attend pas le dernier. Je pense qu’une société humaine qui serait disponible, serait composée d’homme et de femmes qui choisiraient grâce à la connaissance mise à leur disposition leur devenir sans être ni des stars ni des chômeurs des mecs qui vivraient dignement d’un métier qu’ils auraient choisi. Ce jour là ils seront à l’écoute des appels et des discours des autres. Vous pouvez remarquer qu’avec la technologie nous devrions permettre à tout le monde de vivre correctement mais c’est un leur, une rigolade. Comme je ne suis pas juge et que je ne me présente pas, je me permets de faire quelques constats et j’essaie à travers des spectacles comme « Crimes et châtiments » de balancer et de dire que l’on a pas résolu les problèmes malgré les révolutions et que nous sommes sur le point de faire sauter la marmite. Il est très difficile de se battre pour améliorer sa condition personnelle et il faut surtout des idées nouvelles. La vie c’est une histoire de cœur, mais la plupart d’entre nous ne sait pas où il en est, alors c’est difficile de se battre pour les affaires des autres et défendre ses propres privilèges, ça c’est bidon. Les jeunes sont maintenant très lucides, vous ne pouvez plus raconter de salade à un mec de quatorze ans, il vous regarde et c’est tout. C’est chiant et c’est con, on se présente de la même manière qu’il y a quarante ans. C’est quoi que cette préparation aux élections j’ai l’impression d’avoir vu ça quand j’avais douze ans puis vingt ans et trente ans…Il faudrait quelques chose de différent, vous ne croyez pas.

T B : Vous nous disiez que les organisations politiques traditionnelles ne sont plus réellement efficaces, mais que pensez-vous de mouvements citoyens comme "la confédération paysanne" ou "attac" ?

R H : Ce sont des gens qui ont des prises de conscience et qui veulent améliorer leurs conditions et celles de leurs voisins. Ils ne sont pas seuls il y a aussi les infirmières, les médecins, on a l’impression d’être comme des plombiers, de colmater les brèches et l’espérance où elle est, c’est fini. J’ai l’impression que l’humanité meurt d’un manque de considération, je ne comprends pas. Je n’ai pas de mission et je n’ai pas de message, je suis simplement un homme qui regarde l’humanité et la société en l’aimant et aussi parce que je crois en Dieu, je crois en l’homme. Je suis touché par les gens pauvres et humbles et je serai toujours de ce côté là. J’ai aussi beaucoup à faire avec moi-même, je viens de sortir un bouquin qui s’appelle « lumières et ténèbres » et je m’y fais aucun cadeau. Je ne suis pas là pour dénoncer,je suis là pour déplorer, m’indigner et constater parfois mais surtout pour espérer. Sinon il y a des milliers de planètes
dans l’univers qui ont peut être été des "expériences échouées". Bon, mon père me disait que c’est la premièrecinquantaine la plus dure et je m’apperçois qu’à soixante dix ans c’est pas facile. Alors on attend une immense prisede conscience qui nous permettra d’accéder à l’espoir d’avoir une vie meilleure, mieux organisée et avec un sens du partage beaucoup plus aigu. Je pense que sur la planète il y a tous les ingrédients. Il y a beaucoup à faire, c’est vrai mais il y a possibilité de faire. Enfin c’est dû à l’éducation sans obliger à prendre la ligne droite, il faut prendre le temps de prendre le chemin des écoliers. Il faut apprendre à nos enfants le cœur, l’esprit, le regard sinon on est comme des fous qui veulent le beurre et l’argent du beurre et c’est écrit dans les évangiles çà. Nous ne pouvons pas dire "aime ton prochain comme toi-même", moi j’en suis incapable mais je me dis en regardant le monde : "assumez-vous les uns les autres si vous ne pouvez pas vous aimer et faîtes attention la bombe coûte cher et j’ai rarement vu des gens dépenser de l’argent pour rien". Dans le fond je vous fais un discours, j’aurai dû me présenter…

T B : Cette région du Bordelais, mais aussi du Libournais vous la connaissez, vous y avez tourné des scènes
des Misérables.

R H : J’ai installé à Sarlat la guillotine, c’est un pays magnifique et la bouffe est géniale. C’est terni par les ambitions des uns et des autres. J’aime beaucoup cette région, on vient y jouer souvent. J’ai joué à Sarlat où j’ai retrouvé des tas de souvenirs, à Bordeaux où j’ai tourné une grande partie des Misérables, la vieille ville est magnifique.

T B : La lumière est particulière dans cette région du Sud-Ouest, en tous les cas c’est ce que disent les réalisateurs qui ont travaillé ici.

R H : Quand on tourne « les dualistes » on y découvre une lumière géniale. Alors tout va bien. C’est vrai que le spectacle que je joue en ce moment dit : L’enfer c’est les autres, je suis peut-être pas très objectif. Il faut que je vous dise que nous jouons en province avant Paris. On va dans beaucoup de petites villes. C’est la moindre des politesses que d’aller vers les gens qui n’ont pas la chance de voir beaucoup de spectacles.

T B : Robert Hossein, vous avez conscience de l’image que vous renvoyez de vous. Avant notre rencontre des
personnes m’ont dit : fais attention il n’est pas facile, C’est une star intouchable… 

R H : NON, mais vous me prenez pour un autre, j’allais vous citer des noms, mais je suis à des kilomètres de ce que vous dites. Tout le discours que je viens de vous faire prouve le contraire de ce que vous dites là. Je ne peux pas me faire toucher toute la journée mais je souhaite à tout le monde de rencontrer comme Jean-François D’assise sur sa route et sans le guérir un lépreux. Il ne faut pas que ça nous monte à la tête, comme me disait ma mère. Il n’y a que la solidarité qui peut quelque chose pour nous.

T B : Et le cinéma ?

R H : Vous savez,  je monte beaucoup de spectacles, il n'y a pas longtemps j’ai monté "De Gaulle".

T B : C’est du cinéma au théâtre ce que vous faîtes.

R H : Oui, nous sommes dans des lieux énormes avec beaucoup d’acteurs, si Dieu le veut à la rentrée nous ferons Napoléon. Moi, je ne me vante pas des choses que je fais et je préfère m’engager dans des œuvres humanistes. Les gens attendent des actes et pas des discours à la "con". Alors quand nous écoutons les paroles des politiques on se demande si on est arrivé au seuil des compétences de l’homme. C’est affreux de voir les hommes aujourd’hui  dans la crainte de savoir si son enfant ne sera pas au chômage. Les entreprises ne doivent pas prendre les humains qui travaillent à l’intérieur pour des machines.

T B : Vous pensez que la création se fait dans la souffrance ?

R H : Je m’excuse de vous dire que se sont des conneries. Le génie des chambres de bonnes pour moi c’est terminé, quand on a bien mangé, on a de « l’inspire » mais quand on passe la journée à trouver un yaourt on ne vaut plus rien.On peut souffrir en regardant les grandes difficultés qu’ont les autres, il faut vider les couvents. Il faut aller au devant de ceux qui souffrent. Vive l’Abbé Pierre et Sœur Emmanuelle.
T B : C’est un peu l’enfer de Sartre ?

R H : Pourquoi l’enfer de Sartre, chacun sa vie, il faut regarder autour de soi et vivre avec les autres. 

T B: Robert Hossein qu’est-ce qui vous porte ?

R H : Ce qui me porte c’est le doute, l’angoisse du doute est de tenter (comme un relais que quelqu’un m’a donné) dele donner à mon tour à quelqu’un. C’est de donner envie aux autres, surtout aux jeunes de continuer, moi j’ai étéinspiré par Jean Villard…Je termine sur une anecdote : il y a une fille de 15 ans qui vient me voir et qui me dit« oh ! M. Hossein, un autographe… pour ma grand- mère qui vous aimé dans la marquise. » Et là tout est dans l’ordre.

T B : Robert Hossein merci.
 

 

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20 janvier 2008 7 20 /01 /janvier /2008 23:15
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Robin Renucci était l’invité de Gold FM le 5 mai 2006. Il avant accepté d’enregistrer un interview pour Gold FM à l’occasion de sa venue au théâtre liburnia de Libourne pour présenter « le pianiste ». Ce spectacle, écrit à partir de l’œuvre de Spielzel, raconte comment ce musicien a vécu le ghetto de Varsovie.

 

Thierry Buffetaud : Pouvez-vous nous dire ce que raconte « le pianiste »

 

Robin Renucci : C’est le récit d’un homme qui a vécu la tragédie de sa famille qui a été déporté au camp de Treblinka en 1942 depuis Varsovie. Il a pu résister, subsister, exister par la suite et nous laisser la trace de ce récit qu’il a écrit en 1946, juste après la libération de Varsovie. Il nous raconte sa traversée déjà dans le ghetto tel qu’il était dans sa déchéance et sa décrépitude et puis progressivement quand il a vécu seul dans la Varsovie brûlé. Il nous raconte cette histoire qui a une grande force. Roman Polanski a fait un magnifique film sur ce même sujet, nous avions eu la chance de faire ce travail dés 2001, ce qui nous a permis de creuser  d’autres pistes que celles de la fiction cinématographique.

 

Thierry Buffetaud : Vous servez le devoir de mémoire sur ces événements tragiques qui sont en prise avec ce qu’il se passe encor aujourd’hui dans certain pays.

 

Robin Renucci : Ce n’est pas parce-que la barbarie nazie a été vaincue que la barbarie a été éradiquée. Depuis ce génocide qui n’a de semblable que lui-même puisqu’il est tout à fait singulier, la décision d’éradiquer le peuple juif n’a pas eu d’autre similitude dans aucun autre génocide, mais ils ont existé ces génocides en 1975 avec Pol pot, au Rwanda, au Darfour encor en ce moment. C’est un devoir de mémoire en même temps qu’un devoir de conscience ou la salle se réuni chaque jour pour être ensemble et recevoir le récit de cet homme et en même temps élever sa conscience.

 

Thierry buffetaud : La forme est originale puisque vous êtes sur scène accompagné par un pianiste tout au long de ce spectacle. Il s’appelle Mikaël Rudy, comment est-il arrivé dans cette aventure ?

 

Robin Renucci : En 2000 lorsque nous avons décidé de faire ce travail les choses se sont mises en place rapidement. J’ai d’abord fait une lecture au musée d’art et d’histoire du judaïsme sans les musiques vivantes sur la scène. J’avais mis le disque de Vladislas Spielman puisqu’il a enregistré les concertos de Chopin « Nocturnes » et c’est cette musique qu’il avait en tête, donc j’ai mis le disque à certain moment précis qui marquait un découpage du texte. Mickaêl Roudy est venu sur le travail très vite à Perpignan, nous avons mis en place une vraie partition « textes et musiques » qui s’entrecroisent, qui à la fois se répondent, parfois commentent, la musique permet de prendre de la distance par rapport au récit. C’est tout à fait tressé ensemble, c’est la même pensée de cet homme ce qu’il a dans la tête comme musique et les mots qu’il prononce, c’est le même personnage.

 

Thierry Buffetaud : Vous êtes actuellement dans « le pianiste » on vous a vu dernièrement au cinéma dans « l’ivresse du pouvoir » le dernier Claude Chabrol, il semble qu’après les années 1990 vous vous êtes un peu éloigné du cinéma, c’est parce-que le contexte même du cinéma vous plait moins ?

 

Robin Renucci : En prenant un peu d’âge on a moins de personnage qui sont de beaux personnages à défendre. Souvent le cinéma a besoin de jeunesse, pour l’identification auprès du jeune public. Ensuite, je me suis engagé dans d’autres actions ou j’ai mêlé à la fois le théâtre, la télévision et le cinéma mais aussi ma vie associative où je suis militant très engagé. C’est un choix de vie très équilibré qui me correspond. Ce qui fait que quand j’ai eu l’occasion de tourner avec Bernardo Bertolucci je l’ai fait ou avec Claude chabrol. Je peux choisir les films que j’ai envi de jouer y compris à la télévision. J’aime beaucoup la télévision, je regrette qu’elle soie parfois occupée et sur occupé par les masses médias d’une façon violente pour un public consommateur mais je croie que c’est un endroit ou il faut continuer à résister pour proposer au public de vrais œuvres de fiction dont il a besoin. Je suis attentif à le faire également. Je choisis là où j’ai envi de travailler sur de belles histoires à raconter aux gens.

 

Thierry Buffetaud : Ce qui est intéressant c’est votre côté militant associatif dont vous parliez. Vous animez ou vous organisez des ateliers théâtre dans des villages en Corse que vous connaissez bien. Ces stages regroupent des professionnels du spectacle, des enseignants, des animateurs, des amateurs Vous regroupez des gens qui finalement n’auraient pas l’occasion de se rencontrer ?

 

Robin Renucci : oui, vous l’avez dit c’est tout à fait çà, des gens qui ne sont pas appelés à ce rencontrer et qui font des mondes séparés, des mondes cloisonnés. Il y a le monde des amateurs, le monde des professionnels, d’ailleurs en pratique le théâtre en amateur c’est plus juste et plus beau comme terme. Je connais beaucoup d’amateur qui ont des exigences supérieures à des professionnels. Le fait de travailler avec eux, c’est une grande ressource. Je n’interviens pas du point de vu pédagogique, je l’ai fait à des moments, je suis surtout heureux de réunir des gens en Corse comme en Ile de France, c’est aventure s’appelle l’ARIA, c’est une association que nous avons créé, elle existe aussi en Ile de France. Nous avons cette mission de faire se rencontrer les enseignants avec des artistes pour préparer de nouveaux publics. Les professeurs ne sont pas toujours formés à la transmission artistique et culturelle particulièrement. On trouve là un vecteur extraordinaire des fondamentaux qui sont enseignés à l’école. On apprend aux élèves à lire et à compter mais on ne lui apprend pas toujours à sentir ou ressentir le sens même des choses.

 

Thierry Buffetaud : Vous terminez le montage d’un film que vous avez réalisé « Avae Mortu » il raconte comment un vieil homme, à l’aube de sa mort, transforme son village de montagne en scène de music-hall ou s’affronte sa famille et ses proches.

 

Robin Renucci : Oui, c’est un film sur la volonté de rêver, ce rêve qui nous est trop souvent confisqué. Cet homme là au bout de sa vie veut rêver, veut construire un théâtre pour que son village vive. Cela se passe dans un petit village de montagne que je connais particulièrement, c’est le berceau de ma famille. Nous y avons fait le travail de l’Aria, ce sont les mêmes personnes, des amateurs et des professionnels du spectacle qui ont construit ce film avec moi. C’est un objet un peu particulier qui parle de la culture populaire, à laquelle je croie beaucoup aussi. C’est le cinéma qui nous permet de véhiculer des images et des intentions forte, il sortira à la rentrée. Le film nous parle de la vie après la mort, du rêve…

 

Thierry Buffetaud : C’est intéressant que le cinéma français permette de telle réalisation, vous en pensez quoi du cinéma français d’aujourd’hui ?

 

Robin Renucci : C’est un cinéma très actif qui produit beaucoup de film, plus de 150 films par an, ce qui est très important. On peut regretter peut-être, comment le mécanisme du marché demande que les chaînes de télévision soient les premiers soutiens financiers, que les films de cinéma ressemblent parfois à des films de télévision. On peut regretter aussi qu’un cinéma politique soie peu pratiquer, parce-que c’est un objet extraordinaire d’échanges et de rencontres.  Un cinéma commercial prend le dessus, en même temps il fait tourner la machine pour que d’autres films existent. C’est un échange, il faut que le public soie le plus généreusement traité et considéré avec dignité, ce n’est parfois pas le cas ni à la télévision, ni au cinéma, c’est ce que je tente de faire avec beaucoup d’autres. Il faut emmener le public à une éducation à l’image. Cela commence dès l’école, l’apprentissage à l’esprit critique.

 

Thierry buffetaud : quels sont vos autres projets ?

 

Robin Renucci : C’est de terminer ce film, les 9ème rencontres de l’ARIA cet été. A la rentrée, je jouerai une autre pièce au théâtre mais vous en entendrez sans doute parler.

 

Thierry Buffetaud : Vous vous sentez à part dans milieu artistique ?

Vous vous êtes éloigné du cinéma…

 

Robin Renucci : Je pense que nous sommes tous des êtres à part, chacun est singulier. Il n’y a de parcours que celui qui vous rend heureux. Je ne suis pas calculateur. Je n’ai jamais cédé aux sirènes de la notoriété. Je n’aime pas  la frime. J’aime bien l’idée de suivre un parcours cohérent pour moi. C’est celui là pour l’instant mais je ne fuie pas l’idée de la notoriété, c’est simplement l’envie de partager avec le public des choses fortes qui prime. Alors que nous sommes trop souvent emmenés à plus d’individualisme, dans ces métiers ou nous sommes déjà privilégiés. J’en suis conscient et j’ai envi d’user de ce privilège à bon escient, donner de mon temps dans certaines circonstances, y trouver un certain plaisir plus profond et personnel. Cela me nourrit d’avantage que d’avoir une carrière basée plus sur un succès dont je ne sais que faire. Faire des beaux films ou des beaux projets c’est compliqué, ce n’est pas facile de les tenir. J’ai aussi envi de rencontrer des gens de manières différents que dans l’évidence.

 

Thierry Buffetaud : Robin Renucci merci.  

 

 

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