Dimanche 27 janvier 2008 7 27 /01 /Jan /2008 23:25

yuri.jpg L'artiste Colombien était à Libourne pour un concert salle du Liburnia le soir même. Il a reçu notre équipe dans sa loge à quelques minutes de son entrée sur scène. 

 

Thierry  Buffetaud: Dans quel état d'esprit es-tu à quelques minutes de ton entrée en scène?
(après avoir informé Yuri que la salle serait comble pour son spectacle et que les organisateurs ont fait démonter des
sièges pour faire entrer tout le monde.)

Yuri Buenaventura: Ce théatre est trés beau, le bois du plancher a l'air d'avoir porté beaucoup d'artistes, la scène et les coulisses portent la vie. Quelqu'un m'a expliqué que pendant l'invasion des Allemands, le théâtre de Bordeaux était occupé et les comédiens venaient ici, je ne reste pas indifférent à cette histoire. Quand on rentre dans cette salle on sent beaucoup d'amour, elle me remplit de sensations , je regrette un peu qu'ils aient enlevé des fauteuils, cela défigurele théatre. Bon si ça permet aux gens de danser je m'y ferai? (rires...)

Thierry: Tu as parcourru un long chemin depuis 1988, époque où tu chantais dans des clubs Salsa de Paris?

Yuri: Ce chemin n'a pas été dur, on a l'impression que parce-que je jouais dans des lieux enfumés ou que je faisais la manche dans le métro pour pouvoir survivre que c'était dur mais j'ai parcourru cette route avec foi et avec conviction de l'amour à l'humain, c'est plutôt un beau parcours. En dehors de ça, ce sont des dates historiques pour moi et qui ont aucune importance, j'ai chanté avec machin ou un autre, c'est la vie et rien de plus. J'ai envie de vous dire que c'est un chemin beau par la générosité du public, beau pour les lieux que l'on visite et  les rencontres.

Thierry: Tu dis que la Salsa c'est autre chose que des cartes postales avec des palmiers et des filles sur les plages, alors c¹est quoi la Salsa Yuri?

Yuri: La Salsa c'est le mélange, le brassage et la lumière pas le soleil, parce que la lumière on peut la voir dans une journée grise. Je viens de la région la plus pluvieuse au monde, il peut pleuvoir un mois sans arrêt et pourtant nous sommes trés chaleureux. Je pense que la Salsa est cette lumière qui peut vivre en nous, même si on se trouve dans une prison, même si on vie dans la pauvreté ou la guerre. Dans mon pays il y a une guerre interne, une révolution, il y a beaucoup d'affrontements armés mais il reste la lumière.

Thierry: Ton dernier album (le second) "yo soy" parle principalement de l'être humain et naturel, c'est undisque d'un homme de combats?

Yuri: "yo soy", c'est "je suis" une réalité et non des statistiques.

Thierry: Dans ton pays où il y a beaucoup de pauvres, tu dois être un symbole de réussite? (la Colombie.)

Yuri: Notre pays est trés riche, il est exportateur de pétrole, de café... nous avons 80 nationalités, elles sont richesmais ont été trahis par notre leader qui les a mis à genoux. Mon message à moi n'est qu'amour c'est pas un vrai combat. Dans le milieu des musiciens on a donné un prix à notre travail, j'ai appris cette nouvelle au téléphone il y a3 jours. Quand ta propre nation te donne son aval cela rend ton travail légitime. En même temps on représente une avant garde de la Salsa en Europe, c¹est un petit passage. Mon travail restera un petit moment dans une histoire humaine et musicale, il y a des relais.

Thierry: Yuri tu es conscient que tu nous ouvres à la musique de ton pays et en même temps tu ouvres cette musique à d'autres cultures, je peux citer comme exemple la chanson avec Faudel qui mélangela Salsa et le Raï.

Yuri: C'est l'esprit de la salsa. Je fais que m'habiller de Salsa, je suis au début de ma carrière, je ne suis qu'à mon deuxième album. C'est comme si je montais des marches vers un chemin je suis à la deuxième marche. Un jour j'ai rencontré un grand musicien de Salsa pour lui demander conseil il m'a dit: n¹oublies pas à quel niveau musical tu es et restes à ta place. Je n'en suis qu'à mes débuts.

Thierry: Ils sont prometteurs, Je sais qu'un de tes rêves est de rencontrer Charles Aznavour, C'est fait?

Yuri: C'est toujours à faire, je le connais depuis mon enfance, en écoutant son oeuvre je sens que je le  connais,lui ne me connait pas !  J'ai découvert il y a peu de temps Henri Salvadore avec : "Cendrillon...(Yuri chante)...et unechanson douce que me chantait ma maman..." c'est trés jolie. Dans son dernier album une chanson trés belle dit :"un tour de manège de toi et moi avant qu¹il neige, de phares de lumière...".

Thierry: Tu as, dans ton premier album, enregistré une reprise façon "Salsa" de l'intouchable chansonde Brel: "Ne me quittes pas", je n'ai trouvé aucune critique négative sur cette version, il en existe?

Yuri: Il y a un journaliste qui travaille pour un journal de Paris qui a dit des choses trés désagréables sur moi.Il ne me connait pas, il ne peut pas dire du mal de moi.  Il a dit du mal sur mon travail, il ne connait pas mon coeur,il ne sait pas ce que je sens et parce qu'il a le droit d'écrire sur une feuille de journal il peut se permettre de dire deschoses du haut de sa tour de journaliste. Je ne l'ai jamais vu mais il se permet de dire des choses sans vérifier,c'est la seule fois que ça m'est arrivé dans ma vie alors j'ai envie de parler avec lui.

Thierry: ça te fait mal mais c¹est certainement pas la dernière fois?
Yuri: oui, mais si il n'aime pas mon travail il doit faire une recherche auprès de moi. je suis certain qu'il ne connaitpas la Salsa de la manière dont il en parle. Je sais que ses critères sont mal fondés et ça me fait mal de voir quel'on peut dire des mensonges comme des vérités. Bon, ça m'encourage à travailler mais ça me rend triste pour lui.

Thierry: Yuri quels sont tes projets?

Yuri: Nous travaillons dans un studio qui appartient à notre chef d'orchestre, on y préparre des maquettes dutroisième album que je veux plus ouvert à des sons nouveaux avec une section des basses plus large, utiliserdes flutes... Aussi, j'ai rencontré Ismaèlo, un chanteur africain (Yuri chante: africa...) il a un studio au Sénégalet j'ai envie d'aller enregistrer chez lui.

Thierry: La troisième marche est en construction mais je crois savoir que tu aimes prendre du temps pour toi, comme quand tu vas voir les baleines (qui a une époque de l¹année vienne dans la baie de buenaventura).

Yuri: Cette année je n'ai pas pu y aller mais je vais à côté de Panama à Porto Buelo où je peux décrocher.En ce qui concerne les baleines, elles viennent dans la baie pour accoucher depuis l'Antartique, elles font 8000kilomètres et sont là entre août et novembre.

Thierry: Yuri merci de nous avoir reçu dans ta loge avant ce concert à Libourne, une dernière chose,lorsque tu es sur scène quelle est la chose la plus importante que tu souhaites dire à ton public?

Yuri: de ne pas avoir peur de nous, être humain et de se rencontrer sans crainte.

Par Thierry B
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Jeudi 24 janvier 2008 4 24 /01 /Jan /2008 22:32
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Le 1er avril 2005 dans Sold FM sur Gold FM, il nous parle du tremplin rock de Libourne, de la sortie d’un nouvel album le 11 avril 2005 « les choses qui dérangent » …

 

-Thierry Buffetaud : Vous êtes les invités du tremplin rock de Libourne avec 5 groupes en compétition, cette invitation vous fait-elle plaisir ?

 

-Reuno : C’est toujours intéressant de voir ce qu’il se passe au niveau de la musique rock, ces jeunes représentent l’avenir de la musique. En ce qui concerne notre groupe, nous avons toujours perdu les tremplins, par contre, il y a des groupes qui gagnaient dont on parle plus depuis longtemps. Je tiens à dire aux groupes participants que le résultat n’est pas important. On a jamais vu la musique comme une compétition, le principal est de jouer en public. C’est bien de voir ce qui se fait dans les « caves » aujourd’hui.

 

-Thierry Buffetaud : Les jeunes groupes ont apprécié votre présence et surtout votre disponibilité pour les conseiller.

 

-Reuno : C’est notre façon d’être, il n’y a pas a en faire un point d’honneur. Ce n'est pas parce-que l'on a 15 ans d’expériences et 5 albums derrière nous que l’on doit se la raconter. Je suis souvent sollicité en tant que chanteur pour participer à des projets et je peux y apprendre beaucoup et partager leur énergie. Il n’y a pas de hiérarchie en musique, nous sommes des gens comme les autres.

 

-Thierry Buffetaud : Vous acceptez tout de même l’idée que Phil et Reuno des LOFOFORA sont des références dans le milieu rock ?

 

-Reuno : à force de se l’entendre dire nous allons finir par le croire.

 

-Thierry Buffetaud : L’ambiance rock de vos débuts, il y a 15 ans, étaient-elles la même que vous avez trouvé dans ce tremplin aujourd’hui ?

 

-Reuno : oui, certainement, je pense qu’ils sont aussi désintéressés qu’on ne l’est encore pas mal. C’est la scène qui a changé. De nos jours c’est plus difficile pour un jeune groupe d’exister. Nous sommes un groupe parisien à la base et à l’époque il y avait beaucoup de lieu où c’était facile de s’incruster et de faire un concert sans remmener de l’argent à la maison. Tu pouvais faire 2 ou 3 concerts dans le week-end mais ça ne t’avait pas coûté un rond et maintenant c’est plus difficile d’exister par ce biais de la route. C’est difficile et il y a des groupes qui pensent que tout va se faire facilement.

 

-Thierry Buffetaud : Didier, chanteur des Wampas, disait sur notre antenne que le rock fait parti de l’histoire comme le jazz et qu’il n’est plus la musique de la révolte. Vous en pensez quoi ?

 

-Reuno : Je pense que le jazz peut être aussi révolutionnaire aujourd’hui, que le rap ne l’est pas en ce moment. Par contre le rock le re devient de nos jours. Il reste un bon paqué d’énervés qui sortent des albums avec zéro single pour la radio. Ils font la musique par plaisir avant tout, c’est çà le rock avant tout. Il est important de s’exprimer avec liberté, certains le font toujours. Une partie a été récupéré comme dans tous les mouvements.

 

-Thierry Buffetaud : Votre groupe LOFOFORA   existe depuis 15 ans maintenant sans être très présent dans les gros médias, c’est quoi le secret de ces groupes qui jouent une carte « underground » et s’assure un certain succès ?

 

Reuno : Depuis quelques années ce qui supplante tout c’est la sincérité avec laquelle on fait notre musique. Les gens se rendent compte quand ils viennent nous voir en concert qu’on se fait plaisir. Tu vois par toi-même l’ambiance ce soir dans notre loge. Tu n'as pas l’impression que nous sommes à une heure de nous mettre au boulot et pourtant tout est réglé, chacun sait ce qu’il a à faire. Nous partageons ce plaisir entre nous et avec le public. Le public nous suie avec cet esprit, aussi depuis ces 5 dernières années les plus jeunes viennent de plus en plus.

Nous représentons un peu les tontons vu notre age, aussi nous l’assumons sans problème.

 

Thierry Buffetaud : Un nouvel album à venir et une grande tournée bientôt. C’est un peu une avant-première pour Libourne ce concert ?

 

Reuno : Complètement, on prend le risque de jouer en première partie les morceaux du cd qui sortira le 11 avril, on souffle un peu et on joue 45 minutes d’anciens titres. On a envi de se mettre un peu en danger en jouant tous ces nouveaux titres avec un vrai esprit rock’n roll.

 

Thierry Buffetaud : Et ce nouvel album ?

 

Reuno : Il sort en avril et s ‘appelle « les choses qui nous dérangent » c’est le disque le plus hargneux que l’on ai fait et le moins métal finalement.

 

Thierry Buffetaud : Qu’elles sont « les choses qui vous dérangent » à vous LOFOFORA ?

 

Reuno : Le titre de l’album est à double tranchant, ce n’est pas une énumération de ce qui nous dérange, c’est un titre qui pose la question de ce qui nous dérange et pour quelle raison. Ce qui me dérange aujourd’hui, je vais faire mon éternel rebelle à 2 balles, c’est la politique sociale aujourd’hui en France, la manière dont on nous fait avaler une dragée de plus en plus grosse et poivrée. La pensée unique m’emmerde terriblement en faite.

 

Thierry Buffetaud : Merci

Par Thierry B
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Lundi 21 janvier 2008 1 21 /01 /Jan /2008 23:22

hossein.jpg Robert Hossein  Cet entretien, enregistré le 26 janvier 2002 dans une loge de la salle du Liburnia à Libourne a été réalisé à l’occasion d’une représentation de « Huis Clos » de Jean Paul Sartre, pièce de théâtre mise en scène et interprétée par l’artiste.

Thierry Buffetaud : Vous venez jouer la pièce de Jean Paul Sartre « Huis Clos », c’est parce que vous trouvez qu’elle est toujours d’actualité que vous l’avez choisi ?

Robert Hossein : Oui, c’est une pièce intemporelle, elle est d’hier, d’aujourd’hui et de demain. Elle est d’une brûlante
actualité, d’ailleurs nous l’avons monté dans le respect absolu du texte de Sartre, c’est une de ses œuvres qui n’a pas vieilli. C’est le texte d’un visionnaire à qui on a donné un ton contemporain, aujourd’hui vous passez par la porte ou par la fenêtre pour aller dans la rue et vous êtes en enfer. Le public s’y retrouve, c’est un affrontement violent que nous rythmons plus qu’il ne l’était à sa création et nous le rendons moins intello.

T B : Vous jouez donc le rôle principal ?


R H : Oui, enfin nous sommes trois, voir quatre. Il y a le valet qui a une scène et ensuite nous sommes livrés à nous
mêmes entre les deux femmes et votre humble serviteur.

T B : « L’enfer c’est les autres », c’est l’idée qui porte ce spectacle, est-ce que pour vous Robert Hossein qui êtes un personnage à part dans le milieu artistique, vous qui êtes si différent dans la façon de créer, le milieu du spectacle est-il l’enfer pour vous ?

R B : Bien que je sois très croyant, je suis peut être issu de l’enfer. Sartre ne dit pas ça, il dit que ce qui est un enfer
en disant les autres, c’est que personne en ayant des aspirations ne peut vraiment parvenir à ses ambitions parce-qu’il a tout le temps le sentiment d’être sous le regard des autres. Nous ne pouvons rien faire sans prendre en compte le regard des autres et nous ne vivons donc pas la vie que nous devrions vivre car nous sommes influencés par ces regards.

T B : Vous êtes depuis quelques mois directeur du théâtre Marigny à Paris, en êtes vous satisfait ?


R H : J’ai été directeur à Reims pendant dix ans au théâtre populaire que nous avons créé avec mes camarades, on y a
fait une école et c’était vraiment chouette. Maintenant je gère un théâtre privé le tout est d’équilibré le budget, moi je n parle pas de gagner de l’argent, ça ne veut rien dire dans le théâtre. Quand je monte des gros spectacles au palais des sports c’est comme jouer au poker, ça marche et on gagne ou on perd en tous les cas c’est brutal dans les deux sens.

T B : « Huis Clos » à côté des grandes productions comme « De Gaulle » c’est plus intimiste ? Une petite scène, peu de décor,  peu de comédien.

R B : Il y a trois divans, mais vous savez, il faut autant de temps pour répéter, c’est aussi intense que les autres spectacles voir plus car dans celui-ci je joue. Actuellement je travaille sur « Bonaparte » et comme je ne joue pas dedans, je ferai travailler les cent acteurs, il se jouera dans une salle de quatre milles places.

T B : Il ne faut pas oublier l’originalité de vos spectacles où même le public peut participer,
c’était l’interactif  avant l’heure.

R H : Nous avons, mes camarades et moi fait beaucoup de choses ensemble et si le génie c’est dix-huit heures de travail par jour le talent c’est d’en trouver aux autres. Je peux vous dire qu'en effet nous sommes les précurseurs de tout ce qu’il se passe en termes d’interactivité dans les salles. Nous avions mis en place des systèmes de vote du public, j’ai utilisé les images et les films pour des spectacles vivants.

T B : Quel regard vous portez sur…

R H : L’humanité…

T B : Peut-être pas, il vous faudrait la nuit pour çà.

R H : J’ai beaucoup de chose à écouter, à apprendre et à entendre aussi je me rends compte que j’ai toujours plein de choses à apprendre. Je peux simplement dire qu'à Mandrin on avait éliminé son supplice, moi je peux vous dire que si on continue comme ça les journées seront rudes. On a un peu l’impression que, même si je ne veux pas être moraliste et même si je ne fais parti d’aucun parti politique, les temps vont devenir très durs. Je porte un jugement sévère sur moi et je me permets de faire quelques réserves sur le comportement des autres. J’ai des regrets parce que je pense que la vie vaut la peine d’être vécu et en tant que croyant je trouve que c’est dommage de passer à côté des plus belles histoires d’amour. Je dois dire que nous n'avons, hélas, pas résolu les problèmes dans le monde. Nous sommes dans un monde de gestionnaires et je ne vois plus de visionnaire. Le visionnaire est synonyme d’espérance et l’humanité meurt à cause d’un manque de considération. Les technologies qui devaient améliorer les conditions de vie de l’homme le font vivre dans la crainte du chômage. Je crois que nous ne connaissons plus le partage, il faut une prise de conscience universelle ou alors nous allons entrer dans les possibilités de penser qu'en dehors de UNICEF, Médecins sans frontière, Amnisty, le secours catholique et le secours populaire l’homme est arrivé à un seuil de compétence. Il ne faut pas raconter de salade aux jeunes, on sait tout : il faut changer l’homme. Il faut changer les ambitions de ceux qui ont la prétention de nous guider ou en attendre de nouveau mais actuellement nous sommes "mal barrés". Alors les gens descendent dans la rue et brûlent les voitures, moi je n’accepte pas la violence mais je veux la comprendre.

T B : Quand vous dîtes, et c’est fréquent, je suis croyant, c’est parce que vous pensez que c’est une piste à suivrepour faire en sorte que le monde s’améliore ?

R H : Vous êtes sympathique et je vous aime bien mais dire ça c’est une connerie. Moi je connais des gens totalement incroyants qui ont une manière de se comporter et c’est une démarche du cœur, c’est pas simplement une réflexion cérébrale et moi je me fou du premier s'il n’attend pas le dernier. Je pense qu’une société humaine qui serait disponible, serait composée d’homme et de femmes qui choisiraient grâce à la connaissance mise à leur disposition leur devenir sans être ni des stars ni des chômeurs des mecs qui vivraient dignement d’un métier qu’ils auraient choisi. Ce jour là ils seront à l’écoute des appels et des discours des autres. Vous pouvez remarquer qu’avec la technologie nous devrions permettre à tout le monde de vivre correctement mais c’est un leur, une rigolade. Comme je ne suis pas juge et que je ne me présente pas, je me permets de faire quelques constats et j’essaie à travers des spectacles comme « Crimes et châtiments » de balancer et de dire que l’on a pas résolu les problèmes malgré les révolutions et que nous sommes sur le point de faire sauter la marmite. Il est très difficile de se battre pour améliorer sa condition personnelle et il faut surtout des idées nouvelles. La vie c’est une histoire de cœur, mais la plupart d’entre nous ne sait pas où il en est, alors c’est difficile de se battre pour les affaires des autres et défendre ses propres privilèges, ça c’est bidon. Les jeunes sont maintenant très lucides, vous ne pouvez plus raconter de salade à un mec de quatorze ans, il vous regarde et c’est tout. C’est chiant et c’est con, on se présente de la même manière qu’il y a quarante ans. C’est quoi que cette préparation aux élections j’ai l’impression d’avoir vu ça quand j’avais douze ans puis vingt ans et trente ans…Il faudrait quelques chose de différent, vous ne croyez pas.

T B : Vous nous disiez que les organisations politiques traditionnelles ne sont plus réellement efficaces, mais que pensez-vous de mouvements citoyens comme "la confédération paysanne" ou "attac" ?

R H : Ce sont des gens qui ont des prises de conscience et qui veulent améliorer leurs conditions et celles de leurs voisins. Ils ne sont pas seuls il y a aussi les infirmières, les médecins, on a l’impression d’être comme des plombiers, de colmater les brèches et l’espérance où elle est, c’est fini. J’ai l’impression que l’humanité meurt d’un manque de considération, je ne comprends pas. Je n’ai pas de mission et je n’ai pas de message, je suis simplement un homme qui regarde l’humanité et la société en l’aimant et aussi parce que je crois en Dieu, je crois en l’homme. Je suis touché par les gens pauvres et humbles et je serai toujours de ce côté là. J’ai aussi beaucoup à faire avec moi-même, je viens de sortir un bouquin qui s’appelle « lumières et ténèbres » et je m’y fais aucun cadeau. Je ne suis pas là pour dénoncer,je suis là pour déplorer, m’indigner et constater parfois mais surtout pour espérer. Sinon il y a des milliers de planètes
dans l’univers qui ont peut être été des "expériences échouées". Bon, mon père me disait que c’est la premièrecinquantaine la plus dure et je m’apperçois qu’à soixante dix ans c’est pas facile. Alors on attend une immense prisede conscience qui nous permettra d’accéder à l’espoir d’avoir une vie meilleure, mieux organisée et avec un sens du partage beaucoup plus aigu. Je pense que sur la planète il y a tous les ingrédients. Il y a beaucoup à faire, c’est vrai mais il y a possibilité de faire. Enfin c’est dû à l’éducation sans obliger à prendre la ligne droite, il faut prendre le temps de prendre le chemin des écoliers. Il faut apprendre à nos enfants le cœur, l’esprit, le regard sinon on est comme des fous qui veulent le beurre et l’argent du beurre et c’est écrit dans les évangiles çà. Nous ne pouvons pas dire "aime ton prochain comme toi-même", moi j’en suis incapable mais je me dis en regardant le monde : "assumez-vous les uns les autres si vous ne pouvez pas vous aimer et faîtes attention la bombe coûte cher et j’ai rarement vu des gens dépenser de l’argent pour rien". Dans le fond je vous fais un discours, j’aurai dû me présenter…

T B : Cette région du Bordelais, mais aussi du Libournais vous la connaissez, vous y avez tourné des scènes
des Misérables.

R H : J’ai installé à Sarlat la guillotine, c’est un pays magnifique et la bouffe est géniale. C’est terni par les ambitions des uns et des autres. J’aime beaucoup cette région, on vient y jouer souvent. J’ai joué à Sarlat où j’ai retrouvé des tas de souvenirs, à Bordeaux où j’ai tourné une grande partie des Misérables, la vieille ville est magnifique.

T B : La lumière est particulière dans cette région du Sud-Ouest, en tous les cas c’est ce que disent les réalisateurs qui ont travaillé ici.

R H : Quand on tourne « les dualistes » on y découvre une lumière géniale. Alors tout va bien. C’est vrai que le spectacle que je joue en ce moment dit : L’enfer c’est les autres, je suis peut-être pas très objectif. Il faut que je vous dise que nous jouons en province avant Paris. On va dans beaucoup de petites villes. C’est la moindre des politesses que d’aller vers les gens qui n’ont pas la chance de voir beaucoup de spectacles.

T B : Robert Hossein, vous avez conscience de l’image que vous renvoyez de vous. Avant notre rencontre des
personnes m’ont dit : fais attention il n’est pas facile, C’est une star intouchable… 

R H : NON, mais vous me prenez pour un autre, j’allais vous citer des noms, mais je suis à des kilomètres de ce que vous dites. Tout le discours que je viens de vous faire prouve le contraire de ce que vous dites là. Je ne peux pas me faire toucher toute la journée mais je souhaite à tout le monde de rencontrer comme Jean-François D’assise sur sa route et sans le guérir un lépreux. Il ne faut pas que ça nous monte à la tête, comme me disait ma mère. Il n’y a que la solidarité qui peut quelque chose pour nous.

T B : Et le cinéma ?

R H : Vous savez,  je monte beaucoup de spectacles, il n'y a pas longtemps j’ai monté "De Gaulle".

T B : C’est du cinéma au théâtre ce que vous faîtes.

R H : Oui, nous sommes dans des lieux énormes avec beaucoup d’acteurs, si Dieu le veut à la rentrée nous ferons Napoléon. Moi, je ne me vante pas des choses que je fais et je préfère m’engager dans des œuvres humanistes. Les gens attendent des actes et pas des discours à la "con". Alors quand nous écoutons les paroles des politiques on se demande si on est arrivé au seuil des compétences de l’homme. C’est affreux de voir les hommes aujourd’hui  dans la crainte de savoir si son enfant ne sera pas au chômage. Les entreprises ne doivent pas prendre les humains qui travaillent à l’intérieur pour des machines.

T B : Vous pensez que la création se fait dans la souffrance ?

R H : Je m’excuse de vous dire que se sont des conneries. Le génie des chambres de bonnes pour moi c’est terminé, quand on a bien mangé, on a de « l’inspire » mais quand on passe la journée à trouver un yaourt on ne vaut plus rien.On peut souffrir en regardant les grandes difficultés qu’ont les autres, il faut vider les couvents. Il faut aller au devant de ceux qui souffrent. Vive l’Abbé Pierre et Sœur Emmanuelle.
T B : C’est un peu l’enfer de Sartre ?

R H : Pourquoi l’enfer de Sartre, chacun sa vie, il faut regarder autour de soi et vivre avec les autres. 

T B: Robert Hossein qu’est-ce qui vous porte ?

R H : Ce qui me porte c’est le doute, l’angoisse du doute est de tenter (comme un relais que quelqu’un m’a donné) dele donner à mon tour à quelqu’un. C’est de donner envie aux autres, surtout aux jeunes de continuer, moi j’ai étéinspiré par Jean Villard…Je termine sur une anecdote : il y a une fille de 15 ans qui vient me voir et qui me dit« oh ! M. Hossein, un autographe… pour ma grand- mère qui vous aimé dans la marquise. » Et là tout est dans l’ordre.

T B : Robert Hossein merci.
 

 

Par Thierry B
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Dimanche 20 janvier 2008 7 20 /01 /Jan /2008 23:15
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Robin Renucci était l’invité de Gold FM le 5 mai 2006. Il avant accepté d’enregistrer un interview pour Gold FM à l’occasion de sa venue au théâtre liburnia de Libourne pour présenter « le pianiste ». Ce spectacle, écrit à partir de l’œuvre de Spielzel, raconte comment ce musicien a vécu le ghetto de Varsovie.

 

Thierry Buffetaud : Pouvez-vous nous dire ce que raconte « le pianiste »

 

Robin Renucci : C’est le récit d’un homme qui a vécu la tragédie de sa famille qui a été déporté au camp de Treblinka en 1942 depuis Varsovie. Il a pu résister, subsister, exister par la suite et nous laisser la trace de ce récit qu’il a écrit en 1946, juste après la libération de Varsovie. Il nous raconte sa traversée déjà dans le ghetto tel qu’il était dans sa déchéance et sa décrépitude et puis progressivement quand il a vécu seul dans la Varsovie brûlé. Il nous raconte cette histoire qui a une grande force. Roman Polanski a fait un magnifique film sur ce même sujet, nous avions eu la chance de faire ce travail dés 2001, ce qui nous a permis de creuser  d’autres pistes que celles de la fiction cinématographique.

 

Thierry Buffetaud : Vous servez le devoir de mémoire sur ces événements tragiques qui sont en prise avec ce qu’il se passe encor aujourd’hui dans certain pays.

 

Robin Renucci : Ce n’est pas parce-que la barbarie nazie a été vaincue que la barbarie a été éradiquée. Depuis ce génocide qui n’a de semblable que lui-même puisqu’il est tout à fait singulier, la décision d’éradiquer le peuple juif n’a pas eu d’autre similitude dans aucun autre génocide, mais ils ont existé ces génocides en 1975 avec Pol pot, au Rwanda, au Darfour encor en ce moment. C’est un devoir de mémoire en même temps qu’un devoir de conscience ou la salle se réuni chaque jour pour être ensemble et recevoir le récit de cet homme et en même temps élever sa conscience.

 

Thierry buffetaud : La forme est originale puisque vous êtes sur scène accompagné par un pianiste tout au long de ce spectacle. Il s’appelle Mikaël Rudy, comment est-il arrivé dans cette aventure ?

 

Robin Renucci : En 2000 lorsque nous avons décidé de faire ce travail les choses se sont mises en place rapidement. J’ai d’abord fait une lecture au musée d’art et d’histoire du judaïsme sans les musiques vivantes sur la scène. J’avais mis le disque de Vladislas Spielman puisqu’il a enregistré les concertos de Chopin « Nocturnes » et c’est cette musique qu’il avait en tête, donc j’ai mis le disque à certain moment précis qui marquait un découpage du texte. Mickaêl Roudy est venu sur le travail très vite à Perpignan, nous avons mis en place une vraie partition « textes et musiques » qui s’entrecroisent, qui à la fois se répondent, parfois commentent, la musique permet de prendre de la distance par rapport au récit. C’est tout à fait tressé ensemble, c’est la même pensée de cet homme ce qu’il a dans la tête comme musique et les mots qu’il prononce, c’est le même personnage.

 

Thierry Buffetaud : Vous êtes actuellement dans « le pianiste » on vous a vu dernièrement au cinéma dans « l’ivresse du pouvoir » le dernier Claude Chabrol, il semble qu’après les années 1990 vous vous êtes un peu éloigné du cinéma, c’est parce-que le contexte même du cinéma vous plait moins ?

 

Robin Renucci : En prenant un peu d’âge on a moins de personnage qui sont de beaux personnages à défendre. Souvent le cinéma a besoin de jeunesse, pour l’identification auprès du jeune public. Ensuite, je me suis engagé dans d’autres actions ou j’ai mêlé à la fois le théâtre, la télévision et le cinéma mais aussi ma vie associative où je suis militant très engagé. C’est un choix de vie très équilibré qui me correspond. Ce qui fait que quand j’ai eu l’occasion de tourner avec Bernardo Bertolucci je l’ai fait ou avec Claude chabrol. Je peux choisir les films que j’ai envi de jouer y compris à la télévision. J’aime beaucoup la télévision, je regrette qu’elle soie parfois occupée et sur occupé par les masses médias d’une façon violente pour un public consommateur mais je croie que c’est un endroit ou il faut continuer à résister pour proposer au public de vrais œuvres de fiction dont il a besoin. Je suis attentif à le faire également. Je choisis là où j’ai envi de travailler sur de belles histoires à raconter aux gens.

 

Thierry Buffetaud : Ce qui est intéressant c’est votre côté militant associatif dont vous parliez. Vous animez ou vous organisez des ateliers théâtre dans des villages en Corse que vous connaissez bien. Ces stages regroupent des professionnels du spectacle, des enseignants, des animateurs, des amateurs Vous regroupez des gens qui finalement n’auraient pas l’occasion de se rencontrer ?

 

Robin Renucci : oui, vous l’avez dit c’est tout à fait çà, des gens qui ne sont pas appelés à ce rencontrer et qui font des mondes séparés, des mondes cloisonnés. Il y a le monde des amateurs, le monde des professionnels, d’ailleurs en pratique le théâtre en amateur c’est plus juste et plus beau comme terme. Je connais beaucoup d’amateur qui ont des exigences supérieures à des professionnels. Le fait de travailler avec eux, c’est une grande ressource. Je n’interviens pas du point de vu pédagogique, je l’ai fait à des moments, je suis surtout heureux de réunir des gens en Corse comme en Ile de France, c’est aventure s’appelle l’ARIA, c’est une association que nous avons créé, elle existe aussi en Ile de France. Nous avons cette mission de faire se rencontrer les enseignants avec des artistes pour préparer de nouveaux publics. Les professeurs ne sont pas toujours formés à la transmission artistique et culturelle particulièrement. On trouve là un vecteur extraordinaire des fondamentaux qui sont enseignés à l’école. On apprend aux élèves à lire et à compter mais on ne lui apprend pas toujours à sentir ou ressentir le sens même des choses.

 

Thierry Buffetaud : Vous terminez le montage d’un film que vous avez réalisé « Avae Mortu » il raconte comment un vieil homme, à l’aube de sa mort, transforme son village de montagne en scène de music-hall ou s’affronte sa famille et ses proches.

 

Robin Renucci : Oui, c’est un film sur la volonté de rêver, ce rêve qui nous est trop souvent confisqué. Cet homme là au bout de sa vie veut rêver, veut construire un théâtre pour que son village vive. Cela se passe dans un petit village de montagne que je connais particulièrement, c’est le berceau de ma famille. Nous y avons fait le travail de l’Aria, ce sont les mêmes personnes, des amateurs et des professionnels du spectacle qui ont construit ce film avec moi. C’est un objet un peu particulier qui parle de la culture populaire, à laquelle je croie beaucoup aussi. C’est le cinéma qui nous permet de véhiculer des images et des intentions forte, il sortira à la rentrée. Le film nous parle de la vie après la mort, du rêve…

 

Thierry Buffetaud : C’est intéressant que le cinéma français permette de telle réalisation, vous en pensez quoi du cinéma français d’aujourd’hui ?

 

Robin Renucci : C’est un cinéma très actif qui produit beaucoup de film, plus de 150 films par an, ce qui est très important. On peut regretter peut-être, comment le mécanisme du marché demande que les chaînes de télévision soient les premiers soutiens financiers, que les films de cinéma ressemblent parfois à des films de télévision. On peut regretter aussi qu’un cinéma politique soie peu pratiquer, parce-que c’est un objet extraordinaire d’échanges et de rencontres.  Un cinéma commercial prend le dessus, en même temps il fait tourner la machine pour que d’autres films existent. C’est un échange, il faut que le public soie le plus généreusement traité et considéré avec dignité, ce n’est parfois pas le cas ni à la télévision, ni au cinéma, c’est ce que je tente de faire avec beaucoup d’autres. Il faut emmener le public à une éducation à l’image. Cela commence dès l’école, l’apprentissage à l’esprit critique.

 

Thierry buffetaud : quels sont vos autres projets ?

 

Robin Renucci : C’est de terminer ce film, les 9ème rencontres de l’ARIA cet été. A la rentrée, je jouerai une autre pièce au théâtre mais vous en entendrez sans doute parler.

 

Thierry Buffetaud : Vous vous sentez à part dans milieu artistique ?

Vous vous êtes éloigné du cinéma…

 

Robin Renucci : Je pense que nous sommes tous des êtres à part, chacun est singulier. Il n’y a de parcours que celui qui vous rend heureux. Je ne suis pas calculateur. Je n’ai jamais cédé aux sirènes de la notoriété. Je n’aime pas  la frime. J’aime bien l’idée de suivre un parcours cohérent pour moi. C’est celui là pour l’instant mais je ne fuie pas l’idée de la notoriété, c’est simplement l’envie de partager avec le public des choses fortes qui prime. Alors que nous sommes trop souvent emmenés à plus d’individualisme, dans ces métiers ou nous sommes déjà privilégiés. J’en suis conscient et j’ai envi d’user de ce privilège à bon escient, donner de mon temps dans certaines circonstances, y trouver un certain plaisir plus profond et personnel. Cela me nourrit d’avantage que d’avoir une carrière basée plus sur un succès dont je ne sais que faire. Faire des beaux films ou des beaux projets c’est compliqué, ce n’est pas facile de les tenir. J’ai aussi envi de rencontrer des gens de manières différents que dans l’évidence.

 

Thierry Buffetaud : Robin Renucci merci.  

 

 

Par Thierry B
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Mardi 15 janvier 2008 2 15 /01 /Jan /2008 21:09

Jacques Gamblin et Kad Mérad étaient les invités de Thierry Buffetaud le 22 avril 2005 sur Gold FM. C’est à l’occasion du tournage du film de Renaud Bertrand « les irréductibles » qu’ils étaient interviewés. En effet ce film est entièrement tourné à Libourne et dans le Libournais, il est  sorti dans le premier semestre de l’année 2006. 

Extraits des interviews :

 

-Thierry Buffetaud : Qu’est-ce qui vous a plu dans le scénario des « irréductibles » pour accepter de faire le film :

 

-Kad Mérad : J’ai bien aimé l’histoire de cette comédie sociale qui comme les comédies Anglaises du type « The full monty » raconte une histoire avec des gens normaux qui subissent un licenciement brutal et doivent vite réagir. Ils décident de passer le bac parce-que maintenant il n’y a plus que ça. C’est une forme de drame traité comme une comédie et j’aime cette idée. J’aime bien Renaud Bertrand, le réalisateur, il a du talent.

 

-Jacques Gamblin : C’est un projet généreux, c’est un projet qui a du cœur, qui raconte l’histoire de ces gens qui prennent leur destin en main. Mon personnage ne veut pas perdre d ‘énergie à perdre du temps dans cette horreur qu’est le chômage. Il se retrouve à l’A.N.P.E où on lui demande ses diplômes et il n'en a pas. Il a eu un enfant jeune et il a travaillé en usine avant de terminer son bac. Il a donc un fils qui a 17 ans qui passe aussi son bac. Mon personnage revoie sa propre histoire, il veut donc encourager son fils et s’inscrie au bac à son tour.  J’aime cette histoire pour son côté dérisoire.  Il veut finir une histoire qu’il a commencé il y a 20 ans. Plein de gens vont se reconnaître dans ce film qui est drôle et qui a du cœur.

 

-Thierry Buffetaud : Vous connaissiez Libourne et le libournais ?

 

-Kad Mérad : Peu, je suis déjà venu du côté de Bordeaux que je connais pour y avoir présenté des films. Libourne, St Emilion, je découvre. Nous sommes dans une région sympathique entourée de vignes, de bons vins et de gens sympats.

 

-Jacques Gamblin : Ici, c’est agréable, quand on tourne à l’étranger ou en province c’est toujours bien, on est au vert. Moi je vie à Paris pour le boulot mais c’est tout de même une ville transitoire entre un train et un avion… Je ne suis pas un citadin donc ici à Libourne je suis bien. Je suis né à Grandville une ville de 13 000 habitants, je me retrouve bien dans ces villes moyennes. En ce qui concerne la région je suis fasciné de voir comment les gens parlent du vin… Le soir on prend parfois un peu de temps pour des dégustations et je voie comment on regarde le vin, on le sent, on est au cœur de la chose. Chez moi c’est différent, on y produit du cidre. J’aime le vin mais je n’y connais pas grand chose alors ici j’apprends. Je me dis aussi qu’il faut mettre « la pédale douce » et ne pas trop en consommer tout de même.

 

-Thierry Buffetaud : En dehors de ce tournage qu’elle est votre actualité ?

 

-Kad Mérad : Je serai dans « un ticket pour l’espace » que je viens de terminer avec Olivier. Il sort en février 2006. Nous l’avons écrie avec Julien Rappenau. Je vais tourner avec Pierre François Martin Laval, des Robins des Bois, je vais être plus présent au cinéma et j’en profite.

 

-Jacques Gamblin : Il y a le projet « des brigades du tigre » avec Guillaume Depardieu et beaucoup d’autre comédien. C’est un scénario original et je jouerai le gangster Bonnot. Je serai dans « L’enfer » de Tanis tanovic et dans « Nos retrouvailles » avec Gaspard Ulliel.

 

-Thierry Buffetaud : merci

 

  

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Par Thierry B
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Lundi 14 janvier 2008 1 14 /01 /Jan /2008 10:19

undefined Mano Solo était l’invité de Thierry Buffetaud le 4 juin 2005 dans le cadre du magazine Sold FM sur Gold FM 103.3. Il donnait le soir même un concert dans le cadre du festival « Musiques à pile ».

 

Thierry Buffetaud : Mano Solo vous êtes présent au festival « Musiques à pile » pour un concert dans le cadre de votre tournée. Le directeur artistique de cet événement me disait combien il est satisfait de vous recevoir. Pour lui vous correspondez à l’idée qu’il a d’un artiste, en effet on ne vous voie pas forcément à la télévision et vous êtes « un chanteur à texte » J’imagine que ça vous fait plaisir d’être attendu…

 

Mano Solo : oui, bien sur. En écoutant ça je me disais que les gens sont tous pareil et qu’il y a deux mondes qui s’ignorent, ce discours là je l’entends très souvent et c’est bien pour moi sinon je ne jouerai pas. Il y a ce que l’on voie dans les médias et il y a la vraie vie. Vous ne vous rendez pas compte dans des petits festivals comme celui ci que c’est vous qui me faîtes travailler depuis le début et qui faîtes travailler plein d’artistes. Les grands médias sont complètement coupés de la réalité, finalement la réalité c’est vous avec ce festival ici en m’invitant moi et les autres artistes présents. Il y a des dizaines de groupes qui remplissent les salles dans ce pays, que les radios ignorent et que les télés ignoreront longtemps.  Finalement chaque fois que l’on me dit ça je me marre parce que les gens ne savent pas qu’ils sont dans la vérité. Les médias sont dans un monde qui tourne en rond, c’est un monde ou tu as 150 artistes que l’on retrouve en permanence et ça tourne en boucle. On doit toujours préciser que l’on n'en fait pas parti, on ne devrait même pas en parler. Ca devrait se passer dans l’autre sens, on devrait me demander si je ne veux pas aller dans le monde des cons. J’ai souvent envie d’y aller…Enfin que l’on m’accueille comme ça pour moi c’est récurent mais la vérité de ce qu’il se passe en France, elle est ici et elle est dans tous les autres festivals. Un groupe comme « Louise Attaque » avant qu’il est vendu 2 millions d’album il a joué ici comme dans tous les coins de France mais les médias les ont découverts tard. Les médias sont souvent en retard et ne proposent rien, ils ne font que répondre à une certaine offre qu’ils pensent rentable. Il y a quand même France inter qui me fait aussi exister.

 

Thierry Buffetaud : Dans ce festival les membres du groupe « Debout sur le zinc » me disaient hier qu’ils remplissent les salles sans passer souvent à la télé ou à la radio parce-qu’ils sont sincères dans leur musique et qu’ils tournent depuis plus de dix ans, vous en pensez quoi ?

 

Mano Solo : C’est à dire que les artistes que l’on voie à la télé sont de purs produits pour la plupart, des compromis en permanence, des représentations, des parcours fléchés. La star académie se sont des sportifs, de ce point de vu ils chantent comme des dieux. Ils chantent super bien ces gamins, ils chantent 100 fois mieux que moi. C’est une performance sportive, mais ce n’est pas ça être un artiste, être un artiste c’est avoir quelque chose à dire. C’est se lever le matin et avoir envie de communiquer, c’est ma définition de l’artiste. Il faut que ça soie vitale de dire quelque chose à l’humanité, après on peut voir aussi un ébéniste qui peut fabriquer quelque chose de non utile pour la beauté ou parce-que ça exprime quelque chose de profond, rien à voir avec les performances vocales que l’on nous vend partout. Les performances vocales de ces chanteuses que l’on entend depuis ces 20 dernières années comme Céline Dion et compagnie sont des performances de grandes sportives.

 

 

 

 

Thierry Buffetaud : Dans votre dernier album « les animals » il y a une chanson qui ma touché « le vent »   « un jour j’aurai mon petit grand soir, je rejoindrai les partisans de ceux qui ont de l ‘amour pour la vie… » Vous pensez que c’est un des problèmes majeurs de nos sociétés, d’oublier l’essentiel : l’amour pour la vie.

 

Mano Solo : C’est le propos de l’album « les animals » ce n’est pas nouveau, il traite de l’individualisme. La vie est là pour que l’on ne s’embête pas, plus ça va plus cette société enferme les gens dans des problèmes matériels. Depuis que je suis petit j’entends dire qu’un chômeur doit avoir les boules d’être au chômage. Pourquoi ? Il n’y a pas de fatalité si on est combatif. On serine ça aux gens et on les enferme dans une position d’avoir une identité de victime du système. On leur a tellement dit qu’ils sont éjectés de la société lorsqu’ils sont au chômage que quand ils y sont, ils se sentent exclus. Tout çà c’est du bourrage de crane, un chômeur une fois qu’il a cherché du boulot il a toute sa vie pour préparer autre chose, pour se cultiver, pour offrir quelque chose aux autres, construire… Moi je n’ai pas une solution pour les sortir de cette situation, je n’ai pas de recette miracle mais c’est au niveau de l’inconscient politique qu’on colle dans la tête des gens. Le plaisir de vivre il passe par le poignons et les loisirs, ce qui est débile. Finalement le mec qui n’a pas de quoi se payer des loisirs  il se dit: je n’ai même pas le plaisir de vivre, c’est con. Il y a plein de gens qui ont fait des choses miraculeuses alors qu’ils n’avaient aucune culture ni aucune fortune. On dit aux gens qu’il faut de l’argent, on leur parle de carrière depuis qu’ils sont tout petits. Depuis qu’ils sont gamins on leur dit attention mon pote si tu ne bosses pas à l’école tu ne feras pas carrière. T’as ceux qui veulent des nikes et ainsi de suite. Quand ils ont 20 ans et qu’ils sont au chômage c’est dramatique, ils ne peuvent pas se payer la voiture qu’il faut avoir à ce moment là. Ils vont se faire des complexes de la mort, c’est une éducation de merde que l’on donne aux gens, une éducation pétainiste.

C’est comme ce gouvernement « Sarkozy »qui a commencé par stigmatiser les gitans. Ils ont parlés des gens du voyage qui occupaient illégalement des terrains privés…La première baston de Sarkozy quand il est arrivé au pouvoir. Il a tapé sur des faibles, des gens qui ont personne pour les défendre, ils n'ont aucune représentation. A ce moment là on a entendu des députés qui se lâchaient avec des trucs de bof! « ah ouai, leurs belles Mercedes comment ils se les payent… » et ainsi de suite. C’était du racisme d’état anti-gitan. Je ne suis pas gitan mais on ne gouverne pas en appuyant sur les plus faibles. Et quand Sarkozy déboule à Perpignan : attention, ça ne va pas se passer comme çà, je veux du calme d’abord et on discute ensuite. Comme si c’était un discours démocratique, c’est du totalitarisme, c’est noir sur blanc. Du calme d’abord, on discute ensuite, si il veut Monsieur. Ils passent leur vie, le gouvernement, a monté les catégories sociales les unes contre les autres, le privé contre le public…On  a fait que monter les Français contre les Français, diviser pour mieux régner.

La meilleure c’est l’histoire des intermittents, moi je ne suis pas intermittent, je suis chef d’entreprise, sinon je me serai défoulé. Je suis mon propre tourneur, je pourrai l’être parce-que j’ai plusieurs casquettes mais je m’en moque. Quand je viens ici en tournée, déjà j’embauche 20 personnes, alors que l’on ne me traite pas de parasite. Je paye donc des charges sociales pour 20 personnes, ici des gens sont embauchés, du matériel est loué, des pompiers s’occupent de la sécurité, des imprimeurs font des affiches… C’est fou tout ce qu’un spectacle rapporte en charges sociales. Et moi on me traître de parasite du régime générale alors qu ‘en venant ici je génère beaucoup d’argent en charges sociales. Alors que le baron de Sellière ne vienne pas me traiter de parasite. Je n’accepte pas les amalgames à la con. On dit n’importe quoi aux gens et après ils le croient. Et personne ne vient contredire ces choses et dire la vérité comme je viens de le faire.

 

Thierry Buffetaud : C’est un peu le même décalage que celui dont nous parlions en début de cette interview.  La chanson française ne se limite pas à ce que l’on voie à la télé, pour la politique c’est la même chose.

 

Mano Solo : C’est le même chose, le discours que l’on entend est complètement incohérent, ils nous ont fait peur avec le « non » à la constitution européenne. Aujourd’hui, ils en sont à chercher ce qui pourrait se casser la gueule pour prouver qu’il ne fallait pas voter non. C’est délirant, alors on se dit que la France aura moins de pouvoir au parlement. Ca veut dire que la France voulait avoir une parole prédominante en Europe et ce n’est pas démocratique. La droite essaie de trouver des justifications à toutes les frayeurs qu’elle a énoncé.

 

Thierry Buffetaud : La tournée ce sont 10 musiciens sur scènes, des ambiances différentes, avec l’interprétation des titres  de l’album « animals »

Il faut signaler 1 titre dans l’album avec les « têtes raides »

 

Mano Solo : J’avais envie d’inviter des potes à moi, ils y avaient qu’eux pour jouer ça bien.

 

Thierry Buffetaud : Donc en tournée depuis quelques mois avec ces musiciens, quels sont vos impressions à vous, j’en ai que de bons échos.

 

Mano Solo : La tournée, elle est un peu folle et elle me fait un peu peur, en plus c’est la première fois ou je tourne l’été, d’habitude je fuie les festivals. Je n’aime pas les grosses consommations, ça doit être mon petit ego qui souffre de savoir que les gens ont vu 4 concerts avant moi et qu’ils sont fatigués. Ce n’est pas dans les festivals que j’ai le plus plaisir à jouer. L’écoute n’est pas la même dans ce cadre que dans un concert. Les gens sont mouvants dans un festival, il ne reste pas forcément, ça circule. Ils boivent beaucoup, il y a des endroits ou la buvette est plus grande que la scène et tout le monde est bourré. Quand tu as     4 000 mecs bourrés devant toi qui hurlent en permanence entre les morceaux, tu ne peux même pas en placer une tellement qu’ils hurlent. Tu te demandes si il y en a 2 qui t'écoutent, bon parfois c’est bien aussi…

 

Thierry Buffetaud : En même temps le principe du festival permet à des artistes moins connus de se faire connaître, Edgar votre première partie ce soir est certainement content de jouer avant vous.

 

Mano Solo : Je ne veux pas cracher sur le principe des festivals, moi-même j’ai fait des premières parties de mecs importants dans ce type d’organisation. Je te parle d’une position un peu égocentrique.

 

Thierry Buffetaud : L’impression d’être diluer dans un programme chargé ?

 

Mano Solo : Houai, J’aime bien que l’on fasse attention à moi…

 

Thierry Buffetaud : Vous êtes un artiste complet, vous en êtes ou de votre activité de peintre ?

 

Mano Solo : Je ne peint plus, Il y a quelques années j’ai fait une expo véritable et quelques petites. A l’époque la peinture ça se passait dans la rue et les boites de nuit, c’était de la peinture de performance. Nous étions un groupe de peintre, on peignait en faisant du rap, dans les années 80.

 

Thierry Buffetaud : Dans votre dernier album, on trouve des influences d’Amérique du sud, d’Espagne, du ska…vous avez travaillé comment l’aspect musical.

 

Mano Solo : En pensant à la scène, j’avais envi de faire des concerts donc j’ai composé en pensant à la tournée. Je voulais me faire plaisir et faire un concert le plus nouveau possible.

Il fallait des trucs dynamiques et pas chiant. En plus j’ai de très bons musiciens avec qui je peux tout me permettre. Mon spectacle est un grand bal, nous faisons dans la tradition française qui est de piller dans les musiques du monde entier. Le seul truc qui est français dans l’accordéon c’est la façon de jouer le musette, sinon ce n’est pas un instrument français. Il y en a en Inde, en Amérique du sud, dans le monde entier il y a des accordéons. J’ai vu un film où l’on voie un petit mongol jouer de l’accordéon, c’est classe. Pourquoi se priver quand on a cette richesse sous la main, c’est une façon de voyager gratos, tu dis à un musicien fait moi Tombouctou, il le fait, c’est comme çà que ça marche. L’album je l’ai pensé du début à la fin sur des machines, du pur Mano Solo, sur les autres les musiciens m’ont aidés à sublimer les morceaux. J’ai tout écrie sauf l’accordéon. 

 

Thierry Buffetaud : Vous avez le temps de penser à un nouvel album pendant cette tournée…

 

Mano Solo : Non, je ne sais même pas ce que je vais faire, je pense re-penser ma façon de proposer de la musique. Les gens ne sont plus intéressés par l’achat de disque, je considère donc que c’est une perte de temps de passer un an à préparer un disque si personne ne l’achète. Pour faire un bon album il me faut du temps et des moyens. Je n’aime pas faire du studio et passer des heures à travailler des sons. J’adore être sur scène. Je vais m’adresser au public autrement et gagner ma vie autrement. Je vais leur vendre des mp3 ou de l’audio visuel mais je ne sais pas comment. Je réfléchie à faire autre chose moi aussi puisque les gens changent. Il ne faut pas rester comme des dinosaures à se plaindre jusqu’à ce que l’économie s’écroule. Ca ne sert à rien de diaboliser les internautes, même si c’est vrai qu’ils sont entrain de  tuer la diversité. Il y a des maisons de disque qui ont fait sortir des gens comme moi, comme Noir Désir, Les Négresses vertes…Tous ces gens que l’on prend pour des rebelles viennent des maisons de disque. Un mec comme Renaud n’aurai jamais existé sans les maisons de disque. Tous les chanteurs français qui avaient un peu de discours « rebelle »ont eu besoin comme moi de ces gens là. J’étais content quand une multinationale a misé 2 millions sur mon premier album alors que j’étais inconnu sauf dans quelques bistrots de Paris. Je ne leur rapporte pas grand chose aujourd’hui mais il me garde encor, c’est pas mal. J’étais en fin de contrat et le patron m’a dit que ça l’intéressé de travailler avec moi. Ce ne sont pas que des pourris comme on peut s’imaginer. Ce sont des gens qui génèrent  la création et grâce à l’argent qu’il gagne sur Lorrie et tous les autres, ils me font vivre.  Ils sont commerçant mais pas mécène, pas des enfoirés mais des commerçants. Comme le boucher ou le pâtissier mais on ne va pas télécharger la viande.      

 

Thierry Buffetaud : Il y a aussi des artistes que l’on ne voie pas, comment les découvrir ?

 

Mano Solo : J’en ai aucune idée mais Internet ne change rien. Internet, c’est comme en médecine on trouve que ce que l’on cherche. Si l'on a pas tapé un nom on ne trouvera pas et les sites de découverte doivent être promus. Les promus seront ceux des majors. Internet sera diffuseur mais ne produira pas et qui va produire demain ?

 C’est la question que je pose aux internautes qui téléchargent.

 

Thierry Buffetaud : et le cinéma…

 

Mano Solo : je n’attends que çà, de travailler pour le cinéma. Je ne comprends pas que l’on m’en parle pas. Je suis le type à qui l'on ne demande rien, les gens se font une image de moi, ils pensent que je suis enfermé dans mon histoire. On a tellement marqué de conneries dans les journaux : l’ange déchu des nuits blanches… ils doivent me prendre pour un désespéré.

 Je suis trop typé, la presse a fait une telle caricature de moi que je n’inspire rien à personne. Je suis respecté, je le sais mais personne ne pense à moi. J’ai fait une fois une musique de film et j’ai eu un 7 d’or. Tu vois, ils sont cons, ils devraient penser à moi quand je fais des trucs ce n’est pas pourri (rires)

 

Thierry Buffetaud : C’était quel film ?

 

Mano Solo : Un film de Mehdi Charef qui s’appelait « la maison d’Alexina ». Un joli téléfilm. J’étais content de faire çà.

 

Thierry Buffetaud : Après cette tournée il va y avoir une tournée plus intimiste avec 2,3 musiciens ?

 

Mano Solo : Je pense qu’oui, après je vais me la pèter  à la Elvis. Je vais m’installer sur Paris. Je pense que je vais essayer de donner un rendez-vous dans une petite salle toutes les semaines. Un cabaret…pour m’installer. Il me faut trouver un financement pour ouvrir un lieu à moi, c’est ce qui me plairait vraiment maintenant.  Je veux pouvoir m’y exprimer quand je veux de la façon que je veux, en permanence. Comme Elvis à Las Vegas.  Si vous avez envi de voir Mano Solo, vous irez dans cet endroit. Qu’il y est des voyages organisés pour voir le nouvel Elvis à pigales  ou je ne sais où. (rires)

Voilà mes phantasmes.

 

Thierry Buffetaud : Mano Solo merci.

 

 

Par Thierry B
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